0538955a91efa76b9c7ee54a9de01e0d_XL

Entretien-avec… Fatoumata Baba Tandian, basketteuse internationale : «Je compte rebondir pour faire parler de moi»

A 23 ans, Fatoumata Baba Tandian entame une nouvelle page de sa carrière en Europe. Elle va découvrir le basket belge, cette année après avoir signé à Liège Panthers. Ancienne joueuse de l’Ascc Bopp et du championnat de France, la fille de l’ancien président de la Fédé sénégalaise de basket dont elle porte le nom, compte rebondir pour faire parler d’elle.

Depuis quand avez-vous commencé à faire du basket ?

J’ai commencé le basket très tard, à l’âge de 15 ans. C’est au Kbs (Kiné Basket School) où j’ai fait mes premiers pas. J’y ai passé un an et demi avant de rejoindre l’Ascc Bopp. J’ai fait ma dernière année cadette, et ma première année junior. C’était vers les années 2009. Je suis partie par la suite en France dans l’équipe de Laveyron de Etienne Faye (ancien international). J’ai joué dans la réserve, la première et la deuxième année avec la Ligue 2. Tout s’est bien passé à l’époque. Sauf que c’est toujours difficile de jouer à un niveau et ensuite de sauter 5 niveaux. Ça reste un peu compliqué. Mais à la fin, je me faisais un peu contacter par les clubs de Ligue 2, alors que je venais de 3 niveaux différents. C’était de 2011 à 2013. Après cela, je suis allée au Pays Basque à Anglet. J’y ai joué pendant 6 mois. Mais comme toute carrière sportive, ça se passe souvent mal. C’est de là qu’est partie mon année sabbatique où j’ai eu des problèmes de genoux, une prise de poids… En 2013, je n’ai pas joué pendant 6 mois. L’année qui a suivi, j’ai signé en Alsace. Et de 2014 à 2015, j’ai joué avec eux, en Nationale 1.

Vous avez quand même effectué une pige en sélection. Après, on ne vous a pas revue. Qu’est-ce qui s’est passé ?

A la sortie de Laveyron, donc en 2013, j’ai fait les Jeux de la Francophonie avec le Sénégal U23. C’était à Nice avec le coach El Hadj Diop de Saint-Louis et Idrissa de Thiès. Ça c’est bien passé, mais il y a eu une situation antérieure où ils ont voulu me convoquer sauf que je ne correspondais pas à l’âge requise. C’était avec les U18. J’ai eu des sollicitations mais c’était impossible car j’avais plus de 18 ans.

Vous avez refusé ?

Oui, mon père (Baba Tandian, à l’époque président de la Fédération sénégalaise de basket) a dit que c’était impossible parce que j’avais dépassé l’âge de jouer avec les U18. Certains ont refusé de comprendre cela. Et c’était normal. Je ne sais pas vraiment comment les choses se sont passées, mais mon père n’était pas d’accord pour que je vienne. Je suis française. Même si j’ai la double nationalité.

Depuis lors, il n’y a pas eu de contacts pour revenir en sélection ?

Non. Je me suis fait quand même toute petite dans le monde du basket. Après des blessures et tout, on essaie de se ranger jusqu’à ce que les choses reviennent à la normale. Mais là, je vais jouer dans un championnat assez médiatisé et on entendra parler de moi, dans pas longtemps.

Vous allez jouer dans quel championnat ?

Je vais jouer dans le championnat belge.

Vous avez signé ?

Oui à Liège, un contrat d’un an. Le club s’appelle Liège Panthers. Je jouerais là-bas cette année. Des fois, je préfère signer des contrats d’un an plutôt que deux. On est en basket, ce n’est pas le foot. Il y a Astou Traoré (internationale sénégalaise) qui joue là-bas. Je crois qu’on va se croiser certainement. Elle est à Namur, et Liège se trouve à une heure de route. Et dans la ligue professionnelle, toutes les équipes se rencontrent. Il n’y a pas de poules.

Vous avez toujours à l’esprit de revenir en sélection ?

Oui, bien sûr ! C’est ce que tout le monde souhaite. Quand on est Sénégalais, on a envie de mouiller le maillot. Cette année, je compte vraiment faire une très bonne saison. Je vais évoluer dans un championnat avec un bon niveau. Il faudra que je travaille dur pour être présélectionnée, et ensuite faire mes preuves.

Vous avez eu un problème de genoux, est-ce que vous vous sentez mieux maintenant ?  

Oui, le problème de genoux était en rapport avec le problème de poids. Ça va mieux maintenant. Vous savez, je mesure 1,89 m et je fais au moins 100 kilos.

Là vous êtes en vacances. A quand la reprise des entraînements ?

Je suis en vacances. La saison reprend le 15 août prochain. Ce n’est pas parce qu’on est en vacances qu’on ne s’entraîne pas. Je m’entraîne tous les soirs, je joue au basket… Et je compte rentrer un peu plus tôt pour pouvoir faire au moins 15 jours intensifs. Parce que, c’est un championnat où on n’a pas trop de temps. Donc, il faut arriver en forme. Ce n’est pas comme là où étant plus jeune, je suis passée. Non, là, tu arrives, tu as une semaine pour faire les attaques et tu enchaînes avec les matchs amicaux.

Y a-t-il d’autres Séné­ga­laises dans ce club ou des Africaines ?

C’est très rare. Je suis la seule Sénégalaise et la seule Africaine dans l’équipe où je vais. Après, on connaît un peu le basket européen. Quand tu es black, costaud, beaucoup de choses vont reposer sur tes bras. Et quand on est pivot comme moi, on attend beaucoup de temps. Je sais ce qui m’attend. Cela fait peut-être 5 ans que je suis en France. Ça a toujours été comme cela. A part à Laveyron où j’étais avec Aïda Fall (internationale sénégalaise).

Quel l’objectif de la saison ?

Pour la saison prochaine, j’ai envie de me refaire une santé. Je suis passée de la Ligue 2 à la N1, puis la N2. Là vraiment mon objectif, c’est de rebondir et repartir, faire parler de moi. Je compte bien travailler pour y arriver.

Et revenir en Equipe na­tionale ?

Oui. Je ne réfléchis pas en termes de concurrence. Seul le travail paye. Il faut juste faire le nécessaire pour être présélectionnée. Le reste viendra.

Voir aussi

images

DROIT A LA SANTE : LIBERTES ET DROITS

La définition de la santé peut varier d’un individu à un autre. Chaque individu peut …