POLITIQUE

Entretien IBRA NDIAYE EX DG APDA « Le licenciement du fils de Khouraichi Thiam nous a permis d’économiser plus de 40 millions FCfa»

  • Date: 25 novembre 2016

Le désormais ex Directeur général de l’Agence pour la promotion et le développement de l’artisanat, Ibra Ndiaye, se prononce pour la première fois après son limogeage. Une décision qu’une partie de la presse lie à son bras de fer avec son ancien DAF, qui se trouve être le fils de l’ancien ministre Khouraichi Thiam. Ce dernier avait un salaire presque d’un ministre. Pour Ibra Ndiaye, le licenciement de ce dernier, a permis d’économiser plus de 40 millions Fcfa au bout de 3 ans. Dans cet entretien exclusif qu’il a accordé à Rewmi Quotidien, Ibra Ndiaye alerte le chef de l’Etat sur la destination nébuleuse de certaines sommes d’argent allouées à l’artisanat.    

Après votre départ de l’APDA, quel bilan tirez-vous de ces quatre ans de gestion ?

Ceux qui connaissaient l’APDA de 2012 et celle de 2014, se rendront compte qu’il y a une évolution positive. J’avais trouvé une agence moribonde où il n’y avait pas d’instruments adéquats de travail. Je me suis battu pour mettre en place tous les  instruments de travail  et de contrôle qui sont aujourd’hui là. Je peux citer le conseil de surveillance qui était vacant, l’ACP qui n’était pas là, et l’auditeur interne qui n’était pas là aussi. J’ai hérité d’un siège vétuste, aujourd’hui nous avons un siège neuf. En 2012, nous n’avions pas de véhicules, nous avons maintenant 03 véhicules. Sans compter la nouvelle logistique. Et toute l’agence a été équipée par le mobilier de nos artisans locaux. Parce que le combat du mobilier national, c’était l’APDA. C’est parti de 2012 que j’ai engagé le combat pour que le mobilier national soit une réalité,  jusqu’à ce que le président mette en place un comité. En plus,  j’ai tout fait pour que nos artistes participent à toutes les foires internationales.

Vous voulez dire que vous avez hérité d’une agence qui était en difficulté ?

 Tout à fait, mais je remercie le Président de la République pour cette marque de confiance, en me confiant cette agence. Il aurait dû me confier une autre agence où il y a moins de difficulté et ce serait même compliqué pour moi. Mais Dieu a fait que j’ai replacé cette agence sur  les  pentes d’une émergence.

Malgré ce que vous venez de citer, les artisans ne manquent pas d’étaler leurs difficultés. En réalité, où se situe encore le problème ?

Oui, les moyens ne sont pas là. Et les gens ont fait de sorte comme si c’était comme un acharnement. D’année paire en année impaire, on supprimait notre budget d’investissement. Nous n’avons jamais eu l’occasion de le dire dans la presse mais, aujourd’hui, j’ose le dire car si le président Macky Sall est au courant que des moyens de l’artisanat, qui devraient permettre de mettre des infrastructures, ne sont pas à l’APDA et que ces moyens sont virés ailleurs, je pense qu’il va prendre des mesures pour que ce secteur puisse décoller.  Car si on me donnait ces moyens, j’allais construire 14 chambres de métiers neuves et des villages artisanaux entièrement réfectionnés.

Cette manne qui vous échappe s’élève à combien de francs CFA et qui sont les bénéficiaires ?

 C’est au moins 4 milliards de nos francs qui sont mobilisés au sein du secteur pour la réhabilitation des chambres de métiers, depuis 1995 jusqu’à la date d’aujourd’hui. Et je le dis, le Directeur de l’Artisanat qui règne et reçois tous les moyens, a été nommé durant  la magistrature du président Abdou Diouf, avec Idrissa Seck comme ministre de l’Artisanat. Dès mon arrivée, j’avais fait un plaidoyer en demandant au Président de la République de renforcer le budget de l’artisanat. Nous sommes partis de 2 à 4 milliards aujourd’hui. Au lieu que ces moyens soient virés à l’APDA, cet argent est viré plutôt à la Direction de l’Artisanat. Le président est en train de faire des efforts énormes, mais ces moyens sont virés dans d’autres structures qui, depuis 20 ans, n’ont pas idée d’un changement et c’est extrêmement grave pour le secteur de l’artisanat. On ne peut pas avoir une structure d’encadrement et que les moyens et les projets soient logés  dans une autre structure qui doit s’occuper tout simplement de la réglementation.

Une partie de la presse révèle que votre départ serait lié à votre bras de fer avec Seydou Nourou Thiam, ancien ACP de la boite…

Je tiens à préciser que pour le cas de Seydou Nourou Thiam, qui se trouve être le fils de Khouraichi Thiam, ancien ministre de l’Artisanat, ne peut pas être un motif pour mon départ de l’Apda. Egalement, je précise qu’à ma prise de fonction, en décembre 2012, j’avais trouvé que le fils de ce ministre avait un sursalaire d’un million cinq  FCfa, presque le double du salaire des autres directeurs. Ce que j’ai jugé anormal. Alors je lui proposé de revoir son traitement salarial pour qu’il soit aligné au même niveau de traitement que les autres directeurs, ce qu’i l a  refusé. Ainsi, une procédure de licenciement s’en est suivie. Il a traduit l’Apda en justice et a demandé 50 millions FCfa de dommages et intérêts.  Ce que la cour d’appel avait jugé exorbitant et avait demandé à l’Apda de lui donner 17 millions. J’ai interjeté  appel et le montant a été ramené à 10 millions FCfa. La cour a demandé à  de  l’Apda  de payer 3 millions FCfa et de dire comment le reste sera payé.

Ce licenciement n’est-il pas politique, étant donné son père est l’un de vos adversaires ?

 Ce qu’il faut retenir, c’est que ce licenciement a permis à l’Agence d’économiser plus de 40 millions FCfa au bout de 3 ans. Un autre cas de licenciement est lié à un agent absentéiste depuis plus de 4 ans et a qui l’équipe sortante payait  indument 800600 FCfa. Ce dernier aussi a été licencié au même moment en 2013. En somme, j’ai pu économiser plus de 70 millions FCfa au bout de 3 ans pour ces deux licenciements. J’avais trouvé à ma prise de service, en décembre 2012, des contrats léonins auxquels j’ai mis fin et j’ai tout régularisé au bout d’un an. Voilà la vérité établie, tout ce qui se dit sur son départ n’est que pure affabulation. Car, je suis et je reste un soldat du Président Macky Sall. C’est aujourd’hui que je réitère davantage mon engagement à ses côtés pour sa réélection au premier tour en 2019 et être un bouclier contre ses détracteurs.

Comment vous appréciez le retour de l’ancien ministre Khouraichi Thiam dans vos rangs ? Est-ce que vous êtes prêt à travailler avec votre farouche ennemi d’hier ? 

 Moi je suis un soldat du Président de la République Macky Sall, et on ne peut être plus être royaliste que le roi. Mais, on se rappelle tous que le candidat Macky Sall a été agressé, persécuté et empêché par ce même ministre de Me Wade, très puissant à l’époque, d’entrer à  Maka Coulibantan en 2008. Si le président Macky Sall lui pardonne, à plus forte raison nous, ses militants et ses responsables. En tout cas, il est le bienvenu. Hier, ce sont ces gens-là qui disaient que le président Macky est était sur la mauvaise pente et qu’il n’avait pas une bonne vision.  Si aujourd’hui ils acceptent de rallier l’APR, cela vaut dire qu’ils ont compris que le Président était sur la bonne voie.

Notre objectif est de continuer à gagner partout dans la région de Tamba, avec 95%. Si le président gagne, c’est comme si c’est moi qui ai gagné. Je n’ai pas d’appréciation sur les personnes. Toute personne qui juge que le Président de la République est en train de faire de bonne chose, qu’elle soit la bienvenue.

Mon combat, c’était l’accession du président Macky Sall à la magistrature suprême et ceci a été réalisé. Il m’a choisi dans un groupe de personnes, qui a combattu l’ancien régime, pour me nommer directeur général l’APAD. Depuis ce jour, tout ce que je devais faire pour mériter cette confiance je l’ai fait.

Je n’ai aucune autre ambition parallèle. Et là où il me met, j’irai là-bas pour prouver mon engagement pour ce pays et le président.

Entretien réalisé par Ibrahima Khalil DIEME

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