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ENVAHISSEMENT DE LA ROUTE NATIONALE N°1 PAR LES EAUX : Les jardiniers de Cambérene fortement handicapés

Ce n’est plus une belle vue sur la route menant au carrefour Cambérène. Les fleurs qui garnissaient ce tronçon ne s’y trouvent plus. Les jardins sont envahis par les eaux. Une situation qui a freiné les activités des fleuristes. Et pose un véritable problème de santé publique.

Les amoureux de la nature seront déçus par le nouveau décor qu’offre la partie de la zone des Niayes qui donne sur l’autoroute à quelques mètres du carrefour de Cambérène. Elle a perdu toute sa splendeur. L’endroit qui était beau à voir du fait de la présence de jardins, fleurs et autres est envahi par des eaux usées, depuis un certain temps. Des arbres complètement déterrés, des pots de fleurs renversés, une odeur nauséabonde, c’est le nouveau décor qu’offre cet endroit. Les eaux sont passées par là emportant plusieurs plantes sur leur passage. Même la route de la Patte d’Oie n’est pas épargnée, ce qui complique ainsi la circulation aux automobilistes et autres usagers.

À la place d’un espace vert, garni de belles fleurs multicolores, de fruits et des légumes frais , ce sont des ordures qui jonchent le long des champs. C’est un véritable désordre. Avec ses eaux sales, parfois verdâtres, accéder aux champs qui ne sont pas touchés est quasi impossible. Des pierres disposées en ligne servent de passerelles à certains paysans et jardiniers pour accéder à leur lieu de travail. Une humidité mélangée à une odeur d’engrais organiques et d’ordures se dégage.

Cette situation ne rend pas pour autant, l’endroit désert, les propriétaires de jardins, bien qu’ayant été déguerpis par les autorités, se retrouvent sous l’ombre des arbres pour causer ou faire la sieste. Ils cultivent les lopins de terre encore utilisables. Les tas d’herbes sèches et de feuilles mortes sont dispersés çà et là, à cela s’ajoutent les écorces de noix de coco qui sont jetées un peu partout. La majeure partie des cocotiers sont morts. Les usagers qui, avant, contemplaient cet endroit au passage se bouchent maintenant les narines à cause de l’odeur de fosses septiques qui s’y dégage.

Le maraîchage n’est pas la seule activité de ce lieu. À côté des champs se trouvent des gargotières, mécaniciens et autres vendeurs de fruits parce que la zone est très fréquentée par de petits commerces. Nullement gênés par l’envahissement de la route par ces eaux sales mélangées à des ordures, certains marchands ambulants se faufilent entre les voitures.

AYANT TOUT PERDU : Des jardiniers crient leur désolation

Des parties de cartes ou la sieste, des causeries en groupe, ce sont les nouvelles occupations de la majeure partie des jardiniers sur la route de Cambérène. Après qu’ils ont été déguerpis des lieux, les eaux usées provenant de la station d’épuration toute proche ont envahi leurs champs, causant des dégâts sur leur passage. Ce qui a fait que plusieurs personnes s’activant dans maraîchage sur cette zone de Niayes se sont retrouvées au chômage. La route nationale n’a elle aussi pas été épargnée. Une situation qui crée des embouteillages monstres sur ce tronçon.

Un groupe de jardiniers discute à l’ombre d’un arbre. Les uns assis, les autre allongés, ils se tournent les pouces. En caftan bleu, le vieux Charles Sarr exprime sa désolation : «Ce que ces eaux usées ont causé comme dégât est inestimable. Les cocotiers sont tous pollués. Nous avons perdu des millions. Il y a une trentaine de jardiniers qui sont dans la même situation que moi. Je n’ai même plus un lopin de terre à cultiver». Allongé sur un matelas très mince, Ousmane Ndiaye vient de finir sa sieste et dira pour sa part : «Je suis ici depuis sept ans. Les eaux usées ont envahi tous nos champs. Ce que nous faisons, c’est nous retrouver à l’ombre des quelques arbres qui restent pour discuter. Je cultivais des salades, des fruits, mais actuellement, je ne fais rien. Cette activité était notre gagne-pain». Interpellant les autorités, son camarade Diop ajoute : «On n’a plus rien à cultiver, encore moins à vendre. Tout a été emporté par ces eaux. Nous avons des familles que nous nourrissions grâce à ces activités. Des mesures doivent être prises». S’inquiétant pour leur santé, il poursuit : «Nous sommes exposés à toutes sortes de maladies parce que l’endroit est très sale, ces eaux nauséabondes».

Un problème de santé publique

Les eaux usées qui envahissent depuis peu la route de Cambérène ne se limitent pas seulement à submerger des jardins. Elles représentent un réel problème de santé publique. Et ce ne sont pas uniquement les jardiniers qui continuent à fréquenter les lieux qui sont exposés, mais tous les usagers de la zone. Car, malgré l’odeur nauséabonde qui s’en dégage, les gargotières continuent à vendre des aliments sur les lieux. Et du fait des vacances scolaires, des enfants rôdent autour de ces eaux. Se souciant peu des règles d’hygiène, on y vend à manger et à boire. Des vendeurs de sachets d’eau et de jus font toujours de cette zone le lieu de leur commerce. Adama Siré fait partie de celles qui vendent de la nourriture sur place. Même si elle avoue prendre les mesures idoines en cuisinant ses plats, elle ne compte pas quitter les lieux à cause de ces eaux usées. «Nous continuons notre commerce parce que c’est notre gagne-pain. Nous avons des familles à nourrir et la vie est dure», argumente-t-elle.

Des oeufs, des verres minutieusement rangés sur une table à côté d’une bonbonne de gaz et des ustensiles de cuisine, c’est le décor de la gargote de Kiné, la gérante. Comme sa voisine, elle soutient qu’elle tient compte de la propreté, même si l’endroit contraste avec son type de commerce. «On ne peut pas abandonner notre travail à cause de ces eaux, c’est un moyen de gagner notre vie. Certains clients refusent de manger ici à cause de l’odeur, mais nous continuons à vendre». Des sachets d’eau et de jus en tout genre y sont aussi vendus. Mamadou Diallo tient ce type commerce. «C’est vrai que les eaux usées occupent les lieux, mais on se débrouille pour faire notre travail. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés», défend-il.

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