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Environnement et santé : Au Sénégal, plus de 53 tonnes de mercure sont émises chaque année

Le Soleil- Le mercure est une substance dangereuse aussi bien pour la santé humaine que pour l’environnement. C’est un métal lourd qui se présente sous forme liquide. Sa présence dans la nature constitue une  réelle menace pour la santé des êtres vivants. C’est pourquoi le Sénégal, à l’instar des parties signataires de la Convention de Minamata (Japon), élabore des stratégies de lutte contre les émissions de mercure. Déjà, 53 T de ce produit sont émises chaque année dans le pays.

Cet atelier de sensibilisation sur les dangers du mercure et les dispositions de la Convention de Minamata est une initiative de la direction de l’Environnement et des Etablissements classés du ministère de  l’Environnement et du Développement durable. L’atelier, organisé dans le cadre du Projet Minamata initial assenant (Mia), a réuni plus d’une cinquantaine de participants dont des géologues, des personnels de la santé, des enseignants-chercheurs, des juristes, des environnementalistes mais aussi des décideurs, des membres de la société civile, des politiques et des étudiants. Il s’agit de sensibiliser et d’alerter sur les dangers provoqués par le mercure sur la santé humaine et sur l’environnement et indiquer des  alternatives à l’utilisation du mercure.

A l’occasion, Aïta Sarr Seck, de la Direction de l’Environnement et des Etablissements classés, s’est appesantie sur le « caractère nocif » et les différentes sources d’émission du mercure. Selon elle, le mercure est un « produit très dangereux pour la santé et pour l’environnement ». C’est un Polluant organique persistant (Pop), c’est-à-dire « très difficile à dégrader ». Le mercure est aussi « très volatile ». Il se répand très vite dans plusieurs régions. De l’avis de l’experte, les principales sources d’émission du mercure au Sénégal sont les sites d’orpaillage, les cimenteries, l’extraction minière artisanale, la gestion des déchets. « Toute la  population qui s’active autour de ces endroits est exposée », a-t-elle soutenu.

Le mercure pet affecter le système immunitaire ; ce qui peut avoir des « conséquences désastreuses ». Des études ont montré que les malformations congénitales chez de nombreux enfants sont, pour la plupart, liées au mercure transmis par leurs parents. Maiss au-delà de la santé de l’homme, l’utilisation du mercure est aussi une menace sérieuse pour l’environnement.
Abordant le sous-thème lié à la toxicité du mercure, Dr Aminata Touré, du Centre antipoison au ministère de la Santé et de l’Action sociale, a soutenu que des produits à base de mercure n’existent plus dans les pharmacies. Toutefois, certains savons et produits de beauté en contiennent. Dr Touré a aussi plaidé pour que certains établissements industriels puissent disposer de filtre à mercure pour se conformer à la loi.
Face aux nombreux risques associés à l’utilisation du mercure dans le monde, une convention dite de Minamata sur le mercure a été signée par plusieurs pays et gouvernements. Son objectif est de protéger la santé humaine et l’environnement contre l’émission et les rejets de mercure et de produits composés de mercure. En mars 2016, le Sénégal a signé et ratifié cette convention dont la mise en œuvre sera effective en  août prochain. Mais, d’ores et déjà, le Sénégal déroule des activités qui devront lui permettre de faciliter sa mise en œuvre.

Horizon 2020
En 2020, tous les Etats signataires de cette convention devront se débarrasser des produits cosmétiques contenant du mercure. A en croire Aïta Sarr Seck, au Sénégal, ces produits arrivent dans notre territoire via les frontières. Pire, a-t-elle ajouté, « on ne parvient pas à maîtriser le circuit de distribution de ces produits ».
Et pour être au rendez-vous de 2020, le Sénégal devra prendre des mesures idoines pour pouvoir faciliter la mise en œuvre de la Convention de Minamata. Il va falloir alors élaborer un plan d’action visant à éliminer le mercure dans le secteur de l’orpaillage. Un plan qui, selon Mme Seck, sera budgétisé avec l’établissement des rôles et responsabilités de chacun des acteurs pour faciliter l’atteinte des objectifs.

Pape Coly NGOME

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