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Environnement scolaire : Hygiène et propreté, ces aspects souvent négligés dans les écoles

Le Soleil- De manière générale, la question des toilettes reste un problème majeur dans les établissements scolaires. Elles sont souvent sales, vétustes et inaccessibles aux élèves. Pourtant, il est établi que l’hygiène corporelle fait partie des premiers intrants de qualité des performances des élèves. L’eau, des seaux, des pots et des serviettes d’hygiène doivent être en permanence dans les écoles. Un tour dans quelques établissements scolaires de l’académie de Dakar a permis de constater le triste sort réservé aux toilettes.

L’environnement scolaire constitue un facteur déterminant dans la performance des élèves. Malheureusement, cet aspect n’est pas bien géré, surtout le volet hygiène et propreté. Ainsi la plupart des blocs d’hygiène des établissements scolaires sont vétustes. Alors que certains sont crasseux, d’autres sont simplement non fonctionnels. Il s’y ajoute que, dans certaines écoles, les toilettes des garçons ne sont pas séparées de celles des filles. Ce qui peut faciliter le contact, loin des regards de leurs camarades et des surveillants. Une situation inconfortable et invivable avec des conséquences regrettables. Au-delà des risques de maladies, il y a aussi le problème de sécurité qui se pose. Car les élèves, en sortant de leur établissement pour aller faire leurs besoins dans les habitations environnantes, peuvent être exposés à des dangers. Ils peuvent être enlevés, violés, battus ou heurtés par un véhicule. Dans tous les cas, la responsabilité du chef d’établissement est engagée.

Au lycée John F. Kennedy, si les toilettes sont bien entretenues, tel n’est pas le cas au bâtiment C qui abrite le collège. Dans cette partie du lycée, l’état des blocs d’hygiène laisse à désirer. Non seulement ils sont vétustes, mais ils sont également dépourvus de portes et de fenêtres. L’eau et les produits détergents sont toujours disponibles, la personne préposée à l’entretien fait convenablement son travail au quotidien. « Mais les élèves, principaux usagers, sont les premiers à salir et à détruire les toilettes », fait remarquer Fatima R. Niang, vice-présidente de la commission communication du gouvernement scolaire. A l’en croire, le  laxisme, le manque de surveillance et de contrôle ont accéléré la dégradation des installations sanitaires. « Le gouvernement scolaire ne s’occupe pas des toilettes. C’est regrettable. Personnellement, je n’utilise pas nos sanitaires, je préfère aller ailleurs », confie Aïssatou Diagne, présidente du Club de littérature, d’art et de philosophie (Clap).

Manque d’entretien

Toutefois, les autorités du lycée ont fait des efforts allant dans le sens de veiller sur la santé et le bien être des jeunes filles. L’infirmerie de l’établissement est bien fournie en serviettes d’hygiène en quantité suffisante. L’autre établissement où la défaillance des toilettes se pose avec acuité est le lycée mixte Maurice Delafosse. Ici, à l’image de l’école, les blocs d’hygiène datent de 1956. Les ouvrages, sous le poids de l’âge, menacent ruine. Et, aucune initiative n’est encore prise pour leur réfection. Les toilettes sont en nombre suffisant. Elles sont séparées pour prendre la dimension genre. Mieux, chaque groupe d’acteurs dispose d’un bloc d’hygiène (élèves, professeurs, l’administration…). Cependant, la plupart des box sont hors d’usage. Certains sont même fermés par l’administration, parce que soit la plomberie fait défaut, soit il n’y a pas d’eau, ou encore c’est un problème de vidange des fosses ou d’électricité.

A cela s’ajoute le mauvais comportement de certaines jeunes filles qui, après usage, jettent par terre leurs serviettes hygiéniques. « Des gestes qui participent à salir les toilettes et à les rendre inutilisables », renseignent Khardiatou Mbaye et Khady Dramé, toutes deux élèves en classe de Première.

Face à ces manquements, les élèves, surtout les filles, se trouvent confrontées à des problèmes d’hygiène et de santé. Pour se soulager, certaines n’hésitent pas à sortir de l’école pour aller dans les maisons environnantes, avec tout ce que cela comporte comme risque et perte d’heures de cours.

Devant la gravité de la situation, au lycée mixte Maurice Delafosse, le proviseur a adressé une correspondance à la Fondation « Servir le Sénégal » de la Première dame Marième Faye Sall. Il estime que ces bâtiments et ouvrages annexes, datant de l’époque coloniale, méritent d’être réhabilités, et cela nécessite beaucoup de ressources que le budget de l’école a du mal à supporter.

Pape Coly NGOM

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