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Envoi de 2100 Diambars au Yémen- L’image du Sénégal sacrifiée sur l’autel des pétrodollars

En décidant d’envoyer 2100 soldats sénégalais dans le bourbier yéménite, Macky Sall entend répondre à l’appel du pied du roi d’Arabie saoudite, Salman qui mène une guerre sans merci contre les rebelles houtis qui menacent la stabilité de son royaume. Mais, compte tenu des enjeux géopolitiques de ce conflit et surtout des risques qu’il fait courir au pays de la téranga, certains observateurs se demandent si, une fois de plus, le président de la République ne s’est pas trompé sur son choix, comme c’était le cas lors de sa marche à Paris, le 11 janvier, pour défendre des journalistes lâchement assassinés, mais qui ont eu le culot de caricaturer le Prophète des Musulmans. Car, tout semble indiquer que nos braves diambars s’aventurent dans une guerre qui n’est pas la leur, en terrain inconnu, et où ils n’auront que des coups à prendre. Et c’est d’ailleurs, l’évaluation des risques encourus qui a poussé le Pakistan, un pays de tradition guerrière et qui possède la bombe atomique, à faire défection, au grand dam de Saoudiens qui n’ont pu convaincre ni leur allié américain qui a préféré plier bagage, ni les instances de l’Onu très sceptiques sur cette opération militaire. Un vide juridique et une absence de légitimité et de légalité internationales qui embarrassent jusqu’à Dakar. La capitale sénégalaise a fini par agiter l’argument spécieux et fallacieux de «défense des Lieux saints de l’Islam» qui seraient menacés par les rebelles houtis ! Les explications du ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye (porte-parole du Président Sall devant les députés) sont d’autant plus incohérents que le théâtre des opérations se trouve en territoire yéménite et à des centaines de kilomètres du Hejaz qui abrite la Mecque et Médine. En outre, l’argument de la nécessité de mener une guerre de prévention contre des «terroristes» qui frappent à nos portes ne résiste pas à l’analyse, quand on sait que ce qui se passe au Yémen n’est que l’un des derniers avatars de la guerre par procuration que se livrent l’Arabie saoudite et l’Iran. Respectivement d’obédience sunnite et chiite, ces deux pays sont engagés, depuis des décennies, dans une guerre d’influence qui déstabilise toute la région du Moyen Orient, et, au-delà, le monde islamique. Et jusqu’ici, personne n’a encore identifié un seul acte d’hostilité des houtis visant des pays neutres. Leur combat est plutôt mené contre le gouvernement central de Sanaa et ses soutiens d’Arabie Saoudite…

Dans cette guerre lointaine et compliquée où il est engagé, avec des explications arides, laborieuses et très légères, le président de la République aurait dû se limiter à jouer la carte diplomatique, en proposant sa médiation à Riyad et à Téhéran. Car le Sénégal est l’un des rares pays à entretenir de bonnes relations avec la quasi-totalité des nations du monde arabo-musulman et à jouir d’une respectabilité sans faille en Afrique et dans le monde. L’Islam tolérant qui y est pratiqué fascine l’Occident et l’Orient. Une image très positive que des pétrodollars saoudiens cyniquement négociés risquent, hélas, d’écorner. Sans oublier les divisions qui vont, sans doute, s’accentuer entre les adeptes de la dernière née des religions révélées.

Serigne Saliou SAMB

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