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Equipe nationale du Sénégal – L’homme de tous les records, sa vie, son œuvre : Roi Henri V

Il fait exploser les records en Equipe nationale de football. Henri Camara, 30 ans, va à l’assaut de sa cinquième coupe d’Afrique des Nations avec 87 sélections et 27 buts marqués.

Source : Le Quotidien

Qui dit mieux ?
C’est une histoire d’amour. Tantôt, la romance titille l’extase, tantôt elle vire à la déchéance. Entre l’Equipe nationale du «Sénégal du foot» et Henri Camara, la mer a été souvent agitée. Les marées s’y sont invitées, mais la tendance commence à changer. A aller vers la stabilité. De plus en plus, la tranquillité commence à prendre forme. L’armistice a été consommé entre le «Sénégal du foot» et son Lapin flingueur en Corée 2002. Terre de reconnaissance internationale de l’enfant de Karack.
Le frêle attaquant des Lions du foot en rit et en danse. Il entre par le portail de Nigeria-Ghana 2000 mais, épouse bien son rôle dans la trame de ce long-métrage de la Tanière réconciliée avec le Sénégal du ballon rond, après six ans de sevrage de haut niveau continental. Mais, qui se cache derrière cette gueule de Henri senior ; ce lapin flingueur qui ne cesse d’égayer les chaumières sénégalaises ?
L’Atlantique défile majestueusement à l’horizon au moment où Henri exhume ses mémoires de footeux pour retracer son histoire. Maillot vert avec un short blanc, Henri Camara se raconte tout en s’aérant les poumons avec l’air marin.
Les vagues viennent caresser la berge de Ngor Diarama. Le bleu azur de l’océan se berce dans son rôle de témoin du récit d’un conte intitulé, l’épopée de Henri Camara. Le Lion qui culmine en sélection. L’actuel détenteur des records en sélection (87) et en buts (27) du Sénégal. Celui qui a rempli de joie le «Sénégal du foot». L’homme qui assure et rassure la Tanière. L’homme qui s’acharne à épicer les journées moroses footballistiques. Comme en 2002, au pays du Soleil levant, quand il a transporté au septième ciel le «Sénégal du foot» en quart de finale de la Coupe du monde, avec sa messe «suédoise». C’est sûr que les manuels historiques du Sénégal moderne retraceront, pour enseigner à nos joyeux bambins, l’épopée de l’enfant de Boy Karack. De quoi se demander qui se cache réellement derrière cet ambassadeur en culotte courte sous le maillot frappé de la tête de Lion ?
UN PIETRE NAGEUR ?
Le grand bleu lui tend les bras pour s’arroger le monde. Mais ses bras demeurent inertes. L’«as» du foot est un«dindon» de la natation ? Henri ne connaît pas la pluridisciplinarité. Et son péché mignon se nomme natation. Défini comme un footeux de ce début de siècle, le bonhomme, malgré son amour incommensurable pour la mer est un piètre nageur. C’est l’handicap d’une enfance sage. Aujourd’hui, ses nombreuses tentatives sont restées vaines. Et l’interdit parental a accouché d’un frustré marin. «Enfant, j’étais têtu», confesse Henri Camara. La preuve. «On m’interdisait la mer mais j’y allais. Et à chaque fois que je bravais cette interdiction, on me corrigeait. De la plage de Mermoz, à Karack, mon frère, Paul, me rouait de coups.» Ses amis d’enfance le chambraient toujours quand il s’approchait de la grève. «Henri, Paul est là, disait-il, et je détalais comme une fusée», rigole-t-il, aujourd’hui. N’empêche, ses jambes lui sauvent la face. Il se rabat sur la piste. La danse.
Ce vocable qui revient souvent dans ses discours. Sa vie est partagée entre le pré et la piste. Buteur, il esquisse des pas endiablés. Sur le banc, il en fait autant pour ses pairs buteurs. Adolescent, sans le sou, il s’arme de subterfuges. Quitte à entrer dans une soirée sans bourse délier. Henri et sa bande de copains s’imprègnent dans le coup de la bouteille de bière. Le deal : quelqu’un paie son ticket et ressort avec une bouteille de bière. Les autres s’emparent de la bouteille d’alcool et font semblant d’être saouls. Le semblant d’état d’ébriété pèse sur la vigilance des videurs. Et le tour est joué. Ils dansent jusqu’au petit matin. Dès fois, ils sont découverts et expulsés de la salle. Mais, il revient plus déterminé le lendemain. Cet amoureux de Cabo s’en lèche encore les babines. Fan de Philippe Monteiro et de Omar Pène, Boy Karack fréquente le petit écran… les clips vidéo.
LA VIDEO, C’EST AGACANT
Henri n’est pas que footballeur. A ses heures perdues, il est guest-star dans les clips. Figurant par ici (avec Philippe Monteiro), acteur principal par là. On le voit ravir le cœur de Viviane Chédid dans son affriolant tube, Kagne laa lay guiss. La voie du cinéma semble-t-elle être tracée ? Que nenni. Le bonhomme souffre d’impatience face à la caméra et ferait un piètre acteur. Il justifie : «C’était difficile, il fallait répéter les scènes plusieurs fois.» Et de lâcher : «La vidéo, c’est agaçant.» En tout cas, sa passivité à l’endroit de l’ex-épouse de Bouba Ndour est taclée par les critiques de certains Sénégalais. L’«amoureux» de Vivi est jugé mou et non-entreprenant. A moins que le montage le désavantage, comme Henri s’en souvient. Révélation : «On a zappé certaines séquences plus chaudes.» N’empêche, il prend goût et devient accroc de la télé. Outre Viviane et Philippe Monteiro, il participe aux opus du petit rappeur, Dioufa Niokhobaye. Et que dire de ces rappeurs en tournage sur la plage de Ngor Diarama. La Tanière révèle des talents cachés.
2002, LE DECLIC
Mali a porté au pinacle les Lions. Mais, Henri va connaître une année 2002 mouvementée. De Bamako à Séoul, il s’est forgé un caractère. Un mental. Au premier semestre, sa vie bascule. Henri passe des abysses en février aux anges en juin. Février 2002 le laisse dans le désarroi. Il est déboussolé et menace de quitter la Tanière. Ses performances maliennes sont jugées médiocres. Il reçoit des insultes et médisances en guise de prime de match. Il essuie l’opprobre. Le désamour national le poursuit jusque dans son véhicule. Son lit. Il est accusé d’être l’artisan de la défaite sénégalaise lors de cette finale face au Cameroun alors que tout un peuple zieutait son premier sacre continental. Mais lui encaisse, médite et rumine sa vengeance. Mali, son pire cauchemar l’a marqué de manière indélébile. «C’est une époque difficile dans ma carrière. J’ai même dit que je ne viendrais plus en Equipe nationale. Sans l’aide de ma mère et de ma famille, je n’aurais jamais repris.» Il se réfugie derrière l’étreinte maternelle pour attaquer un nouveau départ : «C’est ma mère qui m’a demandé de travailler davantage et de montrer à la face du monde, ce que je vaux.» A partir des réconforts maternels, il se met à mûrir son plan. Bruno Metsu se rabat sur le duo Diouf-Souleymane Camara pour préparer sa Coupe du monde. L’entraîneur l’ignore pour l’ouverture du Mondial asiatique. Henri rumine quelque chose dans la tête et attend son heure. «Je priais pour que l’équipe aille le plus loin possible. Cela me permettrait d’avoir un temps de jeu. Et je répétais à Bouba (Diop), si le coach me donne une minute, je vais lui monter ma vraie valeur ! Malgré ma situation de remplaçant, j’étais le premier à danser quand l’équipe marque un but.» Et la délivrance arriva…, au grand malheur des Suédois. Boy Karack se révèle au monde en 8e de finale. Mieux, il s’offre un doublé et inscrit le but en or, qui propulse les Lions en quart de finale. «C’est immense, je n’ai pas les mots pour décrire mes sentiments, c’était magique.» Ses yeux s’illuminent. Emu, il caresse langoureusement son téléphone portable. Ses gestes et sa voix soudain lointaine renseignent qu’il revit son Sénégal-Suède (2-1). Intérieurement. Seuls les clapotis de l’eau de mer brisent ce silence émotionnel, mais contribuent à couronner ce tableau romantique. Son visage rayonne comme un amoureux transi. Son pouls s’accélère mais le bleu de l’horizon calme ses ardeurs. Evoquer Sénégal-Suède le conduit à l’extase. Depuis lors, la relation avec Sunugal vogue en des eaux tranquilles. Japon réconcilie le couple Henri-Sénégal. Sans rancune. Aucune. D’ailleurs, il décrit Bruno Metsu comme le coach qui l’a le plus marqué. «C’est u
n génie», soutient «David Platt», son surnom de quartier du fait d’une certaine aisance avec son jeu de tête, à l’image de l’Anglais.
Toutefois, si Metsu est sa préférence, Peter Schnittger reste son professeur. Henri se rappelle de son premier sélectionneur comme on se remémore tendrement de son premier amour. «J’ai beaucoup appris avec Peter Schnittger.» L’Allemand lui a donné les bases du football moderne. Du haut niveau et des ficelles du football moderne. D’ailier débordant, il passe à buteur. Et Henri de se rappeler : «Il m’a intégré en Equipe nationale quand je jouais encore au Jaraaf.» Il marque son premier but en sélection lors d’un fameux Burkina-Sénégal (2-2) à Ouagadougou, le 6 juin 1999, au temps où les déplacements des Lions au pays des «Hommes intègres» était synonyme d’expédition risquée et périlleuse. Depuis, il émarge dans la Tanière. Aujourd’hui, il toise le centenaire, bat le record en buts et affole la bourse des records. L’ailier du Jaraaf est devenu un sniper. «Je suis complet», s’enorgueillit-il. A la vitesse, il a mixé, l’adresse. Et la prémonition de Ass Diack de se réaliser. «Je ne sais pas s’il s’en rappelle mais je lui ai conseillé que s’il devient un ailier qui bute, il sera un grand joueur.» Et le septuagénaire, son Pygmalion au terrain de Médine où la crème du Jaraaf est en décoffrage, ne tarit pas d’éloges sur son ancien élève : «C’est un gosse simple, bien éduqué et qui aime passionnément ses parents. C’est ce qui forme son mental. Et il sait ce qu’il veut.» Seul point noir sur le tableau, lapin flingueur a coupé les ponts. «Depuis qu’il a quitté le Jaraaf, on n’a pas pris contact», minimise l’ex-sélectionneur des cadets en 1991-1993. N’empêche, Ass Diack se réjouit du devenir de son jeune élève. «Ma seule satisfaction, c’est de le voir réussir sa carrière et il n’a pas la grosse tête et n’est pas obscène.» De l’école de foot, qui se trouve à la Médina, Henri monte l’ascenseur. Il fait les beaux jours du Jaraaf, fait un tour en Suisse (Grasshoper, Neuchâtel Xamas), traverse la France (Strasbourg et Sedan), fait des piges en Ecosse (Celtic Glasgow) avant de s’échouer en Angleterre (Wolverhampton, Southampton, Wigan). Actuellement pensionnaire de West Ham (Pre-miership), où il tarde à trouver les filets. Un blues qu’il essaie de combler avec les plaisirs d’une vie de famille en élargissement.
HENRI ET LES FILLES
Fiancé et père d’un garçon de 14 mois, Henri est en phase de mettre l’anneau au doigt. «Le mariage est pour bientôt», prévoit-il. Sûr que le mariage de sa sœur, Marianne, a créé le déclic. Sa jeune sœur et amie a convolé en justes noces la semaine dernière. En attendant, cap sur ce qui le fait flasher chez une fille ? Henri reste coi. Sans voix. Il hésite avant d’adopter son titre fétiche : «Je ne sais pas !» Est-ce les longues jambes, une poitrine bombée ou un derrière bien «fondé» ? En réponse ; il fixe un point dans l’horizon avant qu’une brise philosophique ne le transperce. «Une femme peut être noire et belle, claire et belle.» Ok, Jean Paul Sartre Camara ! Reformulons la problématique autrement : «Qu’est ce qui t’attire chez les filles ? Yeux, fesses, poitrine ?» Toujours pas de résultat, mais, les belles poitrines ne le laissent pas indifférent. Même si au passage, il révèle que la future Mme Camara en est dépourvue. Entre Lapin flingueur et les filles, c’est une longue histoire. Et la plus célèbre est celle vécue avec Erika, mannequin de son état. Pour tous les deux, aujourd’hui cette relation est une vieille histoire et chacun a fait sa vie. Tout en continuant d’entretenir de bonnes relations. Présentement, Henri Camara a été flingué. Ornella a fait mouche. Sa fiancée, étudiante, et maman de Henri Junior a fait chavirer le cœur de Lapin flingueur. Quant à Henri Junior, en bon petit garçon turbulent (tiens ! cela ne vous rappelle t-il pas quelqu’un ?), il occupe les after-work londoniens de son cher papa.
Henri serait-il imbu de sa personne jusqu’à appeler son fils Henri Junior ? La question vaut un billet pour Ghana 2008. D’autant qu’il est décrit comme un gars «simple», «sans chichi». Mieux, sous nos cieux, seuls les morts donnent leurs noms à leurs enfants mais Henri n’en a cure. Son fils se nomme Henri Junior. Comme lui. «Je l’ai toujours rêvé», confesse le sociétaire de West Ham. Pourquoi ne pas appeler le fils du nom de son père, son frère, ou son oncle ? «Si j’étais dans les liens du mariage, c’est ce que j’aurais fait. Mon fils porterait peut-être le nom de mon père», sérine Boy Karack. Sur un ton triste. L’évocation du pater le refroidit. «Mon père est mort en 1997 et cela le rend triste qu’il n’ait pas assisté pas à sa réussite dans le football», explique sa sœur, Marianne Camara. Ainsi, Henri Junior est une preuve de sa bonne éducation. Comme en témoigne son formateur, Ass Diack, 72 ans. Le frérot de Lamine Diack, président de l’Iaaf qui l’a élevé au rang de l’élite des Vert-blanc. Avec le Jaraaf, il remporte le championnat en 1997. «Henri a encore 5 ans de haut niveau au minimum s’il maintient le même train de vie», prédit Ass Diak .
En attendant, Henri rêve de brandir un Coupe d’Afrique des nations. «Le seul cadeau que l’on peut offrir au Sénégal.» Cette prouesse lui permettrait enfin d’organiser des retrouvailles d’enfer avec ses fans. Surtout qu’ils n’oublient pas de lui ramener de la sauce de soupe kandia quand il se mettra au fourneau pour le plat qu’il excelle à préparer : la cuisson de riz cantonné !
REPERES
– 6 juin 1999 : Premier but en sélection face au Burkina (2-2)
– Janvier 2000 : Première Can au Nigeria
– Juin 2002 : dDoublé face à la Suède en huitièmes de finale du Mondial (2-1)
PALMARES
– Finaliste de la Coupe d’Afrique des Nations (2002)
– Quart de finaliste du Mondial 2002
– Champion de Suisse 2001 (Grasshopper Zurich)


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