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Les errements de l’opposition sur la croissance (Par Par Dr Momath Ndiaye)

Si l’on suit le débat politique dans notre pays, il est frappant de constater que, sur bien des questions, l’opposition fait preuve d’une grave légèreté dans l’analyse. Il en est ainsi au sujet de la croissance. De prime abord, il convient de noter que la plupart des détracteurs du Chef de l’État reconnaissent le taux de croissance officiel, à savoir 6,7 %. À vrai dire, ils n’ont pas d’autres choix, car il serait absurde de contester un chiffre maintes fois confirmé par des institutions extérieures à l’État. C’est donc sur d’autres points que les divagations des contempteurs du régime sont perceptibles.

Le premier, c’est lorsque ces derniers attribuent la croissance aux effets de la politique wadienne et à la chute du prix du baril de pétrole. Il est vrai que ces deux facteurs ont eu des conséquences positives sur l’économie du pays. Toutefois, l’honnêteté intellectuelle aurait dû conduire ces politiciens en perte de vitesse à mentionner le principe de la continuité de l’État et surtout le fait que l’actuel Président ait été l’un des principaux artisans de la réalisation des infrastructures sous Wade. Quoi qu’il en soit, si Wade a légué des éléments d’actif au pouvoir en place, il lui a aussi indiscutablement transmis un passif très lourd. Au résultat, l’opposition doit admettre que la croissance actuelle découle essentiellement des efforts de redressement du pays consentis par Monsieur le Président de la République, Macky Sall. Depuis 2012, tous les facteurs et secteurs déterminants de la croissance ont été réformés, renforcés ou maitrisés. Tel est le cas du foncier, de l’impôt, de la dette publique, de l’agriculture, de l’énergie, des infrastructures, etc. C’est la conjugaison de tous ces éléments qui a facilité l’instauration d’un climat économique propice ayant permis d’atteindre un tel niveau de croissance et de le maintenir sur une pente ascendante.

Le second point sur lequel l’opposition s’enfonce dans le délire concerne les effets de la croissance. Il est, en effet, fréquent d’entendre que la croissance ne profite pas à notre pays dans la mesure où elle demeure portée principalement par le secteur tertiaire qui, pour l’essentiel, reste dominé par des entreprises étrangères. Cette affirmation est une sorte de médication qui cache mal un manque d’imagination. En conséquence, elle doit être repoussée. Auparavant, il y a lieu de souligner qu’aucun opposant ne conteste la nécessité d’attirer les investisseurs étrangers. Et c’est à juste titre, car il est évident que notre croissance ne saurait s’obtenir par la relance de la consommation. Pour une raison simple, de nombreux produits que nous consommons au Sénégal ne sont pas fabriqués dans notre pays. L’on pense, par exemple, à l’électroménager, l’automobile, les machines, etc. Dans ce contexte, vouloir financer l’économie par la consommation, reviendrait à enrichir des pays étrangers. Ainsi, la seule option qui reste demeure l’investissement. À ce titre, l’État consent, depuis six ans, d’importants efforts en investissant, chaque année, plus du tiers de son budget. Mais, chacun sait que cela ne suffit pas pour couvrir les besoins de financement de notre croissance. Dès lors, l’investissement privé apparaît comme une option à considérer sérieusement. De ce point de vue, on notera que le privé national joue déjà un rôle de premier plan. Cependant, ses moyens restent limités ; d’où la nécessité de recourir aux investisseurs étrangers. On remarquera d’ailleurs que les États se lancent, aujourd’hui, dans une compétition effrénée pour capter ces investissements étrangers. Certains allant même jusqu’à se transformer en de véritables paradis fiscaux. Au final, il s’avère que notre pays a bien besoin des investisseurs étrangers. Heureusement, les adversaires du Chef de l’État ont eu la sagesse de le comprendre et de l’admettre.

En revanche, ce qui est inquiétant, c’est comment des hommes politiques qui aspirent à diriger ce pays peuvent-ils, comme des naïfs heureux, soutenir que les fruits de la croissance sont transportés dans les pays d’origine des investisseurs étrangers et que notre économie n’y gagne rien. Il n’est pas nécessaire d’être un expert en droit des sociétés ou de l’investissement pour savoir que cette déclaration demeure insensée.

D’abord, avant de renvoyer quoi que ce soit, les entreprises paient divers impôts sur leurs bénéfices. C’est seulement après cette opération que les dividendes pourront être versés aux actionnaires qui pourront certes les ramener chez eux mais aussi les réinvestir dans notre pays. Le même raisonnement pourrait s’appliquer aux entreprises nationales puisque rien ne garantit que les dividendes versés aux associés seront réinjectés dans notre économie. Ils peuvent bel et bien être investis ailleurs ou simplement épargnés. Tout compte fait, il est impossible d’affirmer, de façon péremptoire, que les retombées de la croissance sont envoyées à l’étranger. Au-delà de ces observations, dire que la croissance n’est pas bénéfique aux populations, c’est méconnaitre les milliers d’emplois créés depuis 2012 et surtout les nombreuses mesures sociales financées justement avec les gains procurés par cette croissance. On peut citer la bonification sur les pensions de retraite, la mise en place et le renforcement des Bourses de sécurité familiale, la Carte d’égalité des chances, la Cmu, la baisse des impôts, l’homologation des prix des denrées de première nécessité, la baisse du prix de l’électricité, etc.

Dans l’ensemble, on s’aperçoit que les critiques sur la croissance formulées par l’opposition, et parfois partagées par certains observateurs, manquent de sérieux et demeurent mal fondées !

Par Dr Momath Ndiaye 
Enseignant-chercheur en droit
Coordonnateur de la section APR d’Aix-en-Provence (France)
Membre de la cellule de communication de la DSE-France
nmomath@gmail.com

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