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Esclavage en Libye : Lettre ouverte aux dirigeants d’Afrique (Par Fatoumata Sow)

Excellences, Messieurs les Présidents

 Vous permettrez sans doute que je perturbe le confort de vos Palais en vous interpellant sur une question qui peut vous paraître anodine, triviale, mais dont la portée symbolique et les impacts sont et seront incommensurables pour les peuples africains.

Organiser des ventes d’êtres humains en 2017, sur le sol africain, à quelques encablures d’une Europe complice, est quelque chose d’abject et relève du mépris total de la personne humaine.

C’est un crime, qui doit nous amener à nous interroger sur la sacralité de la vie, sur la dignité humaine, sur le bien et le mal, sur les aléas de la quête du bonheur pour des millions de jeunes trahis par leurs propres gouvernements, c’est-à-dire vous Messieurs qui gouvernez nos pays.

Excellences, Messieurs les chefs d’Etat, l’esclavage a certes été aboli en 1848, il y a de cela 169 ans. Mais l’idéologie qui le sous-tendait a trouvé d’autres atours et artifices pour investir les pensées et les pratiques économiques et politiques, et ainsi perdurer.

Excellences, Messieurs qui êtes à la tête des Etats de ce continent, les actes posés en Libye sont extrêmement graves et ne peuvent être passés sous silence. Les jeunes retenus en esclavage dans ce pays membre de l’Union africaine, doivent être libérés. Ils ont besoin d’être aidés pour se reconstruire psychologiquement afin de retrouver leur dignité, leur humanité.

Excellences, Messieurs les Présidents, tous les Africains, ceux en Libye comme ceux hors de Libye, se sont sentis brimés, humiliés. Ils attendent des actes forts et pas seulement des déclarations de principe, lesquelles sont généralement vite oubliées, sitôt lues. Nous, peuples, sommes à votre écoute.

Fatoumata Sow est journaliste, PHD Communication & Société, consultante Genre & Communication

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