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ESCROQUERIE PORTANT SUR DES DENIERS PUBLICS Aïda Ndiongue risque 5 ans de prison ferme et une amende de 3 millions F Cfa

  • Date: 26 février 2016

 Le procès en appel de l’ancienne sénatrice libérale, Aïda Ndiongue, a repris, hier, avec les réquisitions du parquet et les plaidoiries. Dans son réquisitoire, l’avocat général a distribué des fortunes diverses aux prévenus poursuivis pour escroquerie portant sur des deniers publics, faux et usage de faux et complicité. Il a requis 5 ans de prison ferme contre Aïda Ndiongue et une amende de 3 millions F Cfa.

Après sa suspension, le 4 février dernier, le procès en appel d’Aïda Ndiongue et Cie a repris, hier, avec les réquisitions de l’avocat général et les plaidoiries des avocats. L’avocat général, Madiaw Diaw, en faisant ses réquisitions, a soutenu qu’il a un pincement au cśur quand il entend l’affaire du Plan Jaxaay. « Ce projet est né de la volonté d’un homme, Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal pour reloger des sinistrés. 52 milliards F Cfa consacrés à ce projet et de 2005 à aujourd’hui, on n’a pas encore fini de parler du Plan Jaxaay. L’idée est énorme et les Sénégalais ont souscrit. Cependant, avec ce procès, je me demande est-ce que Jaxaay est sorti des eaux. Est-ce que l’aigle a pris l’envol. On parle encore de motopompes, de bacs à ordures, etc. Donc, on est toujours sous les eaux », a déclaré d’entrée l’avocat général. Selon lui, toutes les entreprises qui ont eu à intervenir dans ce dossier étaient contrôlées par une même et unique personne, en l’occurrence, Aïda Ndiongue. « La preuve que c’est elle qui était derrière tout cela c’est que les personnes qui étaient censées être bénéficiaires des marchés ont été incapables de dire le montant des marchés qu’elles ont gagné. En réalité, elles ne contrôlent pas les marchés en question », ajoute la robe noire.

L’État du Sénégal réclame 20 milliards pour préjudices causés et 5 milliards pour des dommages et intérêts

« Leur rôle s’arrête à la souscription et par la suite elles remontaient l’information à la dame Astou Ndiongue », soutient l’avocat général. S’agissant des bordereaux qui attestent la livraison des matériels commandés par l’État du Sénégal pour sortir les sinistrés des eaux, le parquetier estime que lesdits bordereaux de livraison ne tiennent pas la route. « Il y a presque 4 milliards encaissés sans pour autant payer aucun fisc. Aïda Ndiongue a utilisé des prête-noms. Et elle l’a fait en complicité de fonctionnaire pour spolier l’État. L’Etat n’a jamais pris possession du matériel indiqué », a encore dit l’avocat général qui indique que les prévenus sont coupables. C’est la raison pour laquelle, il a requis 4 ans dont 2 ans ferme avec une amende de 500.000 F Cfa contre Aïda Ndiongue pour le délit de faux et usage de faux.

Pour l’escroquerie portant sur des deniers publics, il a requis une peine de 5 ans de prison ferme avec une amende de 3 millions F Cfa. Concernant Abdou Aziz Diop, l’avocat général a demandé la disqualification des faits d’escroquerie en complicité. Sur ce, il a requis 5 ans avec une amende de 3 millions F Cfa. Pour Amadou Ndiaye, le parquetier a demandé 4 ans dont 2 ans ferme pour faux et usage de faux. S’agissant de Madou Sall, l’avocat général a retenu la complicité d’escroquerie portant sur des deniers publics. Ainsi, a-t-il requis 5 ans ferme avec une amende 3 millions F Cfa.  Intervenant à la suite de l’avocat général, les avocats de l’État du Sénégal ne doutent pas de la culpabilité des prévenus. C’est la raison pour laquelle, Me Yérim Thiam et ses confrères ont réclamé 20 milliards F Cfa pour préjudices causés et 5 milliards F Cfa à titre de dommages et intérêts.

Abdou Aziz Diop : « Des anciens rebelles ont été relogés à Jaxaay »

Le Coordonnateur du Plan Jaxaay, Abdoul Aziz Diop, a révélé que l’État du Sénégal a logé d’anciens rebelles dans ce site. Une révélation qui a surpris le président Chimère Diouf qui a interpellé le prévenu sur la destination des tentes qui avaient été commandées par l’État. « Si l’audience se déroulait à huis-clos, je vous aurais dit la destination du matériel car Hubert David Thioune a confié n’avoir réceptionné que les motopompes », a rétorqué Abdoul Aziz Diop. Face à la détermination du Président de savoir la destination des tentes, le prévenu martèle : « Les 2000 tentes ont été remises aux rebelles qui ont accepté de déposer les armes. La réception a eu lieu en présence de l’actuel ministre de la Fonction publique qui, à l’époque, fut le Préfet de Dakar. On nous avait demandé de ne pas en parler pour éviter d’apeurer les populations. Car, si elles apprenaient qu’elles logeaient avec des ex-rebelles cela créerait des problèmes ».
Parlant de sa responsabilité dans cette affaire, il dira que celle-ci était de mettre en oeuvre la vision du président de la République pour la lutte contre les inondations. « J’assume tous les actes que j’ai eu à poser », martèle-t-il.

David Hubert Thioune, comptable : « C’est moi qui ai signé les bordereaux de livraison »

Entendu pour la première fois devant les juges, David Hubert Thioune, comptable de son état, a reconnu avoir signé les bordereaux de livraison en attendant de faire l’enlèvement et d’établir le procès-verbal de réception. Cependant, selon l’avocat général, le texte dit que si le marché dépasse 300.000 F Cfa, il faut en sus du bordereau de livraison exiger un procès-verbal de réception. « Sur simple signature de ce bordereau vous avez donné l’ordre à ce que des milliards soient payés », a dit l’avocat général. David Hubert Thioune de répondre : « C’est Amadou Ndiaye qui m’a trouvé dans mon bureau et il m’a transporté dans un lieu à Colobane. Il m’a présenté à la dame Aïda Ndiongue qui m’a montré un échantillon du matériel. La représentante du COF, Mme Khady Sy Diop est venue par la suite. Et il m’a dit que tout est là et je l’ai cru. J’ai signé les bordereaux sans réserve. À l’entrepôt, il y avait tous les membres de la commission. Les bordereaux ont été signés par Amadou Ndiaye, Aïda Ndiongue, le fournisseur et moi-même ».
Entendu à la suite du témoin, l’un des prévenus, Amadou Ndiaye, a soutenu que c’est sur instruction de la dame Aïda Ndiongue qu’il a contacté David Hubert Thioune pour faire le transport à l’entrepôt. « C’était pour réceptionner le matériel et il a vu les échantillons. S’agissant des bordereaux, ils ont été signés sur place. Je ne connais pas les signataires. Tout ce qui m’intéressait, c’est la réception du matériel. Je n’ai aucun pouvoir de dire à David Hubert Thioune de signer les bordereaux. Il l’a fait volontairement sachant que la réalité était là », a-t-il expliqué aux juges.

Les enquêteurs confondent la puissance et le modèle des motopompes

L’Adjudant-chef Malick Ngom, enquêteur et témoin dans cette affaire, a comparu, hier, à la barre de la Cour d’appel. Selon lui, dans le cadre de l’affaire en cause, ils ont eu à effectuer un transport. « On a eu à trouver du matériel sur place. Matériellement, on ne pouvait pas procéder à l’inventaire du matériel. On nous avait parlés de 500 m3 mais en réalité on a trouvé des motopompes de 150 m3. Donc, il y a un problème de qualité », précise-t-il. Cependant, la défense a attiré l’attention de la cour que l’enquêteur s’est trompé sur le modèle et la puissance des motopompes. Selon la robe noire, c’est le modèle qui est NS150. La cour et le témoin ont donc accédé à la remarque de la défense. Pour sa part, l’adjudant Ismaïl Diédhiou, un autre enquêteur, n’est pas du même avis que son collègue. À l’en croire, il y avait dans la commande des motopompes de 500 m3. Mais dans le magasin, ils n’ont pas vu ces motopompes commandées. « On a demandé à les voir mais ces motopompes ne nous ont jamais été présentées. Pour nous, 150 m3 est la puissance de la motopompe », a soutenu l’adjudant. Malgré la précision des autres parties, le témoin persiste et signe que la puissance des motopompes est de 150 m3. Toutefois, l’audience reprend, aujourd’hui, avec les plaidoiries de la défense.

Cheikh Moussa Sarr

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