Sidiki Kaba Ministre de la justice
Sidiki Kaba Ministre de la justice

Et si on en parlait… Et ces ‘’Boy Djiné’’ de la CREI ?

Il est tombé. Baye Modou Fall, alias Boy Djiné, le fugitif, est arrêté. C’est pour lui une fin de cavale. Mais le jeune homme est courageux. Il a pris le temps de s’adresser à Macky Sall et à son ministre de la Justice, Sidiki Kaba. Le fait est insolite parce que ce fugitif arrêté est un phénomène qui a réussi à faire de son cas une affaire d’État qui secoue la diplomatie.

Mais le Sénégal compte combien de Boy Djiné politiques ? Combien de femmes et d’hommes politiques, dans ce pays, devaient répondre à la justice pour des actes délictuels ou même criminel qu’ils ont commis ?

Combien de responsables politiques sont cités par la CREI et qui vaguent tranquillement et aisément à leurs occupations sans être inquiétés ? Lors des sermons de la Korité, les Imams ont pratiquement tous parlé du retrait des talibés de la rue et des attentats. Mais ils n’ont pas abordé le vol des biens publics c’est-à-dire de l’enrichissement illicite.
Ces pilleurs des finances publiques impunis sont aussi des Boy Djiné. Ils n’ont pas fui. Mais ils ont volé et ne sont pas inquiétés. Pourtant, le vol est une infraction pénale grave. Il est punissable par la loi d’une peine correctionnelle à purger. Une liste de 25 personnes à été servie en grande pompe. Seules 2 personnes ont été convoquées devant la CREI.

Les autres, pour des raisons indubitablement politiques, se sont échappés. Ne sont-ils pas des fugitifs ? Le cas Boy Djiné imposera un débat public et ample. Mais le cas des Boy Djiné de la CREI mérite d’être posé. Au cas contraire, l’institution doit être immédiatement dissoute et sa page tourbée.
Les pouvoirs qui se succèdent, au Sénégal, ont toujours des rapports délicats avec la justice. Le discours d’une justice impartiale, libre et indépendante qui est servi est un simple artifice propagandiste. Mais il suffit d’être d’une famille, d’un camp politique ou d’un lobby solide pour être aisément à l’abri d’une poursuite judiciaire et cela part d’un poste de police au Palais de Justice.
Il arrive que des cas de fils de personnalités religieuses, civiles et surtout politiques soient posés : ils commettent des infractions punissables et rentrent chez eux, imperturbables et vite oubliés. Le principe de « fils de… » est toujours en cours au Sénégal.
Boy Djiné n’est pas « fils de… ». Il n’est point défendable et il est inimaginable de le défendre. Mais son cas devrait amener à penser à ces nombreux prédateurs des finances publiques, à ces prestidigitateurs de la monnaie et à ces responsables de missions d’État qui, en un temps record, se donnent un train de vie onéreux et dispendieux parce que n’étant soumis à aucune obligation de résultats et de comptes de rendu.
Boy Djiné est un mauvais cas qui bizarrement est populaire pour son culot. Dans les rues de Dakar, il est étonnant d’entendre des jeunes le louer et le qualifier de héros et de guerrier.
Mais les Boy Djiné de la CREI sont eux traités de simples voleurs !

Le Piroguier/rewmi quotidien

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