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Et di on en parlait…Comment Macky Sall a déçu sans le vouloir

En 2012, quand Macky Sall accédait au pouvoir, l’Afrique et le reste du monde, satisfait et ému, avait salué son élection à l’applaudimètre. Le Sénégal était pour la communauté internationale un magnifique spectacle. Macky Sall, premier président de la République, né après les Indépendances, le remplissait de son image et le rendait si grand qu’il remplissait même l’Afrique qui le désignait comme un modèle de démocratie, de raison et de stabilité.
En un temps record, il avait damé le pion aux vétérans du jeu politique et à ses congénères, arrivant à la plus haute Institution au détour d’une élection présidentielle qu’il remporta avec clarté et grandeur. Il incarnait ainsi le triomphe de la démocratie et l’unité nationale. Tout indiquait en lui le détenteur absolu d’un pouvoir légitime, une légitimité renforcée surtout par la crédibilité de sa parole publique pour laquelle nul n’osait douter.

Il avait eu les trois conditions suprêmes de la légitimité historique : l’élection à un pourcentage inédit, la consécration et l’acclamation populaire.

Mais avec le goût du pouvoir et de l’avoir, il a évolué en homme méconnaissable, se mettant à incommoder la Nation et la classe politique, devenant irascible et atrabilaire, avec une spirale de bourdes qui importunent même ses propres militants. Un entourage boulimique le prend en otage, lui faisant parvenir des renseignements et des confidences d’une totale fausseté.

Les plus vils, les plus abjects et les plus arrogants du champ politique sont devenus des auxiliaires de son régime. Et il ne leur suffit pas de tenir des propos altiers et condescendants. Ils vont jusqu’à convoquer le nom de la Première Dame dans la gouvernance institutionnelle sans jamais être rappelés à l’ordre ou sanctionnés.

Ces nombreux impaires créent au Sénégal des clivages manifestes dans l’aire sociale, dans le champ religieux et dans l’espace politique et même dans certains organes de presse, autrefois objectifs et impartiaux, le régime ne cessant de fomenter des coups et des contrecoups, afin de diviser pour régner.
Des partis connaissent des cassures à cause de la méthode du régime ; des responsables politiques sont embastillés pour des détails ou des accusations à controverse ; des gens d’une incompétence avérée sont adoubés au rang de PCA, Ministres, Ministres conseillers, Secrétaires d’État, membres du bureau de l’Assemblée nationale dont l’image s’est effroyablement dégradée.
Aujourd’hui, le Sénégal est scindé par d’incessantes controverses politiciennes et des polémiques d’arrière-garde. L’Apr, le parti du Président, est une faune où chacun surveille chacun et contrôle tout le monde, sur fonds de luttes atroces.
Les transhumants sont adoubés à des responsabilités juteuses ; les scandales politico-financiers qui impliquent des proches du Président se multiplient ; l’éthique déserte le champ politique ; les partis politiques de la mouvance présidentielle se fissurent ; même la majorité présidentielle connait des fractures.

La déception est grande. Deux Sénégal s’intimident et s’admonestent : le Sénégal des gens de l’Apr, suffisants, et le Sénégal des citoyens libres, déçus par le reniement de la parole publique, dépités par la nature du jeu politique sénégalais et désenchantés par le régime de Macky Sall.

Dans les lycées, les universités, les marchés, les faubourgs, les banlieues, partout, les débats sont chauds et antinomiques. Plus grave, une bévue fait convoquer le référendum un dimanche des rameaux, provoque la courtoise ire de la communauté chrétienne divisée entre boycotter cette consultation référendaire ou reporter la date des Journées mondiales de la jeunesse (Jmj).
La déception est incommensurable.

Le Piroguier

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