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Et si l’on en parlait… 04 avril : Macky livre un discours d’apaisement et d’apologie

Cette fête de l’indépendance a la particularité de coïncider avec la victoire déclarée du Oui au référendum et une atmosphère politique et sociale délétère. Macky Sall en est conscient. Pour la première fois, il s’est alors endossé du manteau de chef de l’État, Président de tous les Sénégalais en prenant un recul et en tenant un discours d’apaisement.
La victoire du Oui au référendum est la plus controversée dans l’histoire qui enseigne que dans aucun pays au monde, le résultat d’un référendum n’a été en ballotage. Celui de cette année a scindé le Sénégal en deux camps, celui des anti-Macky et celui des « Mackysards ». Nul ne détient la majorité absolue. Cette situation présage de futures consultations électorales ardues et d’un climat politique qui, dans les années à venir, risque d’être délicat et tendu.
C’est certainement pour cette raison que Macky Sall, contrairement à ses précédentes sorties officielles et solennelles, a évité le champ de la polémique pour hisser le débat plus haut. Son discours, par moment pertinent, souvent aérien vide et parfois ambigu n’est que l’expression d’une volonté d’apaiser le climat politique, d’attendrir les citoyens et d’amadouer la classe politique et syndicale.
Cela a abouti à une apologie avec une spirale de chiffres et de données budgétaires. Macky Sall cible deux acteurs majeurs : la jeunesse et les syndicats. Aux jeunes, il promet une formation professionnelle et 10.000 emplois avec comme unique alternative le retour à la terre et les labeurs façonniers.
Aux syndicalistes, particulièrement ceux de l’École et de l’Université, véritables perturbateurs de son système, il offre un plaidoyer de son action sur fond de chiffres de milliards comme s’il apporter une réplique explicative sur la sortie du SAES, ferme et radicale devant les propos absurdement menaçants du ministre de l’Enseignement supérieur. A-t-il convaincu ? C’est une question. Mais les réactions immédiates des gens du SAES renseignent bien qu’il est très loin de l’apothéose.
Mais ce qui est inutile est la grande part réservée au Oui du référendum, un référendum perverti même par son propre camp qui l’a élevé au niveau d’une élection présidentielle bien avant l’heure.
La grande erreur de Macky Sall est de verser, en faisant l’éloge du Oui, dans un lyrisme de petite inspiration : « En disant Oui, en disant Oui, en disant Oui, en disant Oui… » en a plus finir comme un champ d’écolier des années pré-indépendance.
Finalement, Macky Sall passe de l’apaisement à l’apologie, une apologie coruscante dans un air maussade et revêche qui laisse découvrir en lui un homme beaucoup plus préoccupé par la conservation de son fauteuil menacé par les trouble-fêtes de la démocratie.
Les Sénégalais attendaient plus un mi-bilan à mi-parcours. Seulement, le problème au Sénégal est qu’un bilan n’a point besoin d’être défendu. Il se manifeste, s’impose et se défend lui-même. Si le bilan social, par exemple, de Macky Sall est difficilement perceptible, c’est parce que les bénéficiaires ne sont pratiquement que des militants du parti qui, pour leur engagement, considèrent qu’ils doivent en être les destinataires prioritaires.
Au lendemain de son discours à la Nation, à l’exception de la classe politique et d’une certaine élite, personne ne semble s’en intéresser par rien dans cette adresse ne galvanise.

Le Piroguier

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