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Et si l’on en parlait… Classe politique sénégalaise : des blocs bloqués

Le champ politique sénégalais n’a aucune clarté. Le camp du pouvoir a tout d’une sauce gombo. Il est hétéroclite et ne fonctionne que sur la logique de subordination qui est aujourd’hui à la base de l’extrême politisation des Institutions de la République. Le camp de l’opposition est ténébreux avec des antagonismes qui rendent bien compte de la nature et de la conception du jeu politique au Sénégal.

Une divine coïncidence donne au prénom du chef de la majorité présidentielle, Macky, une sonorité qui renvoie bien à un maquis où règne la loi du plus influent dans le partage de butin. C’est pourquoi, les positions y demeurent plus que jamais divergentes et confuses.
Dans la majorité présidentielle et particulièrement dans l’APR, chacun y contrôle chacun et surveille tout le monde. Personne n’a confiance en personne et les alliés ne cheminent pas sur la même voie. Parce que l’expertise politique prime plus sur la compétence, le jeu d’influence et de positionnement a fini par faire du camp du pouvoir un bloc bloqué où certains considèrent que le dialogue est suicidaire là où d’autres stipulent que tout consensus est une menace contre le pouvoir.

L’opposition a un drame. Elle n’a pas de leader fort, charismatique et pertinent, disposant d’un génie combatif et d’une foi atavique en l’intérêt général et au bien commun. Jamais l’opposition sénégalaise n’a été dans une situation si claudique. Et comme elle est loin des temps de Majmouth Diop, Cheikh Anta Diop, Abdoulaye Wade, entre autres ! Elle demeure immobilisée car elle sait d’où elle vient sans savoir elle où elle va.
C’est de la terre française qu’un vieil homme, dépassé et déphasé, en manipule une partie essentielle qui ne fait que se perdre dans ses orientations.
Toute la classe politique sénégalaise est frictionnée. Dans le labyrinthe du jeu politique, ses acteurs n’ont presque pour recours que des réseaux clientélistes et maraboutiques pour drainer le soutien des sociétés rurales par le jeu des consignes qui finissent toujours par faillir.

Macky Sall veut une seule chose : conserver le pouvoir et c’est une ambition légitime. Mais son parti le dépasse et le surpasse dans son tohu-bohu interne et son manque d’autorité structurelle et rigoureusement hiérarchisée. La voix des porte-parole ne sont pas de la même voie. Personne dans le parti n’est élu comme dans un appareil démocratique. Tous sont choisis par le chef et détenteur du pouvoir, d’où l’immobilisme de l’appareil.

Tout à l’APR renvoie à une personne et non à un idéal. Dans l’opposition comme dans la majorité, aucun leader, à ce jour, ne tient un discours alternatif qui marque une innovation et une rupture. Rien dans le débat public sénégalais n’anime le champ politique si ce ne sont des querelles de personnes.

Macky Sall éprouve encore de grosses difficultés pour mettre en place son propre dispositif de contrôle des appareils d’Etat et de l’APR. Le prisme des contradictions entre les clans internes et les divergences dans la majorité hétéroclite qui le soutient sont tels qu’il ne lui reste qu’à prendre des décisions politiques souvent impopulaires ou à inviter à des retrouvailles avec le PDS dont la sincérité est hypothétique.

De son côté comme du côté de celui de l’opposition, tout est donc bloqué dans l’attente d’enjeux électoraux.

Le Piroguier

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