téléchargement

Et si l’on en parlait… Et Fada prend le boulevard du Macky

Modou Diagne Fada quitte pour une deuxième fois le PDS. Mais cette fois-ci, ce n’est ni une surprise, ni un événement. Les effluves du feu humaient l’air, depuis des mois. L’énigme est de savoir s’il vient allonger la liste déjà kilométrique des partis où s’il saisira l’occasion de la rupture pour atterrir dans les prairies marron-beige. Déjà toutes les analyses et les supputations le mènent vers ce Macky, ou plus prosaïquement vers la mouvance présidentielle.

Une certaine clameur le prenait d’abord pour un interlocuteur encagoulé de Macky Sall, ensuite pour un futur auxiliaire de son régime dans lequel il compte bien d’amis avec qui il a milité au PDS.

Mais, autant, il légitime sa démission en s’érigeant en victime d’une conspiration, autant il adopte une attitude de connivence avec l’ennemi dont il a bénéficié du soutien pour s’accrocher à la Présidence du Groupe parlementaire des Libéraux.

Ce qui est certain est que la victoire du Non pour lequel il a stratégiquement battu campagne au Référendum à Darou Mouhty, son fief, l’a ragaillardi et a renforcé sa légitimité locale, garantissant le soutien qu’il pourrait demain apporter à Macky Sall. Déjà, celui-ci fomente toutes les combines possibles pour élargir les bases de son parti en ouvrant la porte à toute personne susceptible de faire peser lourdement le poids de sa force politique dans une balance électorale.

Fada est de ceux-là. Il aboutirait inéluctablement au Macky. La procédure est la méthode classique de ceux qui manœuvrent pour intégrer toute majorité dirigeante : d’abord créer un parti, puis déclarer une convergence de vue avec le pouvoir et enfin engager une action de fusion ou d’alliance.

Mais un probable rapprochement de Fada avec Macky Sall dans ce contexte où les Libéraux authentiques lui mènent une farouche bataille de refus et de survie est identique à une désertion.
Le conflit qui l’oppose à ses sœurs et frères libéraux est certes un argument de démission surtout avec la transposition du combat sur le terrain judiciaire. Mais en faire une raison de légitimation de sa démission relève de l’exutoire.

En vérité, Modou Diagne Fada ne cesse de se définir comme l’héritier légitime non de Wade mais de l’appareil libéral pour ce qu’il y fut et ce qu’il y fit. Il y a toujours sa tendance. Il ne s’est jamais accommodé d’un Numéro 2 ou d’un prétendu dauphin. Il n’a jamais combattu la défunte Génération du Concret, mais ne l’a jamais reconnue, ni prise au sérieux.

Le PDS l’a fait et a fait de lui ce qu’il est. Député, plusieurs fois Ministre sans aucun cursus professionnel ni technocratique, il a réussi à se donner le halo d’un homme politique et l’auréole d’un homme d’État qui, dans le silence de ses coites manœuvres, a déjà un agenda politique.

Cet agenda lui impose une démission de l’Assemblée nationale dont l’apothéose serait une intégration future d’un Gouvernement ou d’Institution taillée à sa mesure.

Pour encourager la transhumance qu’il a combattue avant d’en faire l’apologie, Macky Sall est prêt à franchir toutes les barrières et à heurter les orthodoxies pour donner l’assurance à ceux qui ceux qui doutent ou hésitent.

Ouvrir grandement les portes à Fada est, conséquemment, une éventualité qui ne surprendrait point.

Le Piroguier

Voir aussi

ousmane-sow-000_par8176555_0

Ousmane Sow Un Géant de l’Art s’éteint

Le monde des Arts est en deuil. Ousmane Sow est mort ! L’artiste aux mains ingénieuses …