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Et si l’on en parlait… Et si Yaya Jammeh passait après Habré ?

Le verdict est tombé après un long et sinueux parcours. Hussein Habré est condamné à perpétuité. Mais, c’est plus la victoire de Idriss Deby que de l’Afrique. Le débat ne fait ainsi que commencer. L’équité de cette justice d’exception demeure une interrogation sans réponse définitive.

Son principe fondateur est d’être une institution judiciaire pour les Africains et tenue par les Africains. Elles sont ainsi le fruit d’une longue procédure politico-judiciaire qui fait aujourd’hui de Hussein Habré le premier ancien chef d’Etat africain à être jugé pour crime contre l’humanité en terre africaine et par des Africains. Mais les spécialistes du droit divergent toujours aussi bien sur la pertinence de ces Chambres Africaines Extraordinaires que sur leurs ambigüités.

Cependant, au-delà de Habré, les regards ne devraient-ils pas commencer à se poser sur ces autres despotes africains comme ce théâtral Yaya Jammeh qui mêle schizophrénie et névrose dans la gouvernance de son pays, cette petite Gambie qui étouffe et où l’exécution sommaire est devenue banale ?

La seule différence entre Jammeh et Habré est l’existence d’une guerre avec son corollaire de crimes et de délits. Mais le monstre de Banjul tue, torture, exécute et n’a que faire du droit international. La seule évocation de son nom provoque le rire à gauche et la rage à droite. Son discours de meurtrier fait trembler d’effroi son peuple. Mais l’Afrique le singularise et ne semble point s’en émouvoir.

Sa gouvernance totalitaire donne le sceptre au crime et met le droit humain dans l’abime. La communauté internationale africaine se limite à de timides rappels à l’ordre et à des froides condamnations alors qu’il fait subir à son peuple une insoutenable et infernale épopée de sang. Ce despote donne surtout une image ridicule à l’Afrique par son interminable comédie de boulevard. L’Europe et les peuples d’Afrique le prennent comme un bouffon dont l’image burlesque renvoie à un fagotin de ranch colonial. Et on se limite en en rigoler.

Aujourd’hui Habré a subi la vengeance de Deby, l’autre tueur de l’Afrique. L’embastillement à perpétuité de son ancien acolyte devenu son ennemi va au-delà de la vérité historique en raison d’une Françafrique qui résiste à l’usure du temps.

Et cette Françafrique n’implique point la Gambie, pays anglophone d’un autre pôle. Mais peut-on instituer en Afrique une civilisation du droit et de la justice et se taire devant le totalitarisme de Jammeh qui couve de sa bave droit et dignité humaine ?

Jusqu’au rugissement, ce tyran se montre incapable de civilités. Avec lui, ceux qui torturent et tuent le mieux sans broncher ont une croix d’honneur. Ses juges d’exception retroussent lestement leurs simarres obéissant à ses folies comme des marionnettes tristement suspendues au bout de cordes saignantes. Et après avoir fait exécuter, il se bombe le torse et s’en glorifie comme un animal à crocs qui se lèche après qu’il vient de mordre.

Les Chambres Africaines Extraordinaires devraient revoir leurs textes et se tourner vers Banjul. Yaya Jammeh est le seul chef d’Etat africain qui ne se considère pas comme un Président de la République mais comme un vice-dieu.
Ce serait impartial, injuste et pusillanime de ne point prendre des responsabilités pour sauver le peuple gambien qui souffre, libérer une société civile suppliciée et délivrer une opposition martyrisée.

Hussein Habré n’est pas le seul qui a des mains ensanglantées.

Le Piroguier/rewmi quotidien

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