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Et si l’on en parlait… Fête du Travail sans travail

Le monde du Travail a célébré la fête du 1er mai sous le regard de milliers de chômeurs, particulièrement des jeunes désœuvrés dans un monde dominé par une économie de marché dans lequel l’État sur qui ils comptent a une très petite marge de manœuvre.

Cette fête du 1er mai qui est celle des salariés formels de l’Administration publique et du service privé ne les concerne pas. Elle les amène plutôt à se replier sur eux-mêmes dans leur calamité sociale.

Au Sénégal, le taux de chômage est élevé. La présence de systèmes d’instruction obsolètes et les difficultés persistantes dans l’accès à une formation prometteuse pour intégrer le marché du travail constituent, surtout pour les jeunes, un fort obstacle sur la route de la réalisation humaine et professionnelle.

Et le phénomène s’allonge.
Celui qui ne travaille pas subit les conséquences négatives que cette condition entraîne sur sa personnalité. Il se voit être en marge de la société. Il devient même une victime de l’exclusion sociale. À Dakar et dans les capitales régionales, dans les bourgs et les faubourgs, des centaines de jeunes squattent les rues, s’éternisent dans des lieux publics, sous un arbre, devant une boutique, au bout d’une ruelle sans rien faire ni rien dire, attendant d’être appelés à manger.

Jusqu’à un âge avancé, ces jeunes se retrouvent dans l’incapacité de fonder et faire vivre une famille. Si certains ne s’aventurent pas dans le fugace petit commerce, intégrant avec précarité le secteur informel, d’autres se transforment, sans s’en rendre compte, en mendigots qui ne surviennent à de petits besoins que par les pièces ou le petit billet que leur offre une personne sollicitée.

Et les jours se succèdent. Et les mois passent. Et les années s’accumulent. Une retraite sans activité antérieure est alors prise dès la jeunesse.

La fête du travail, par solidarité et humanisme, ne pose pratiquement jamais ce problème. Pourtant, le travail est un droit fondamental. C’est un bien sans lequel il est difficile, voire impossible, d’accroitre la dignité humaine. Le plein-emploi devrait être ainsi un objectif nécessaire pour tout système social et économique tendant honnêtement à la justice sociale et au bien commun.

Autant le 1er mai est la fête des travailleurs, autant il aurait pu être aussi un moment de solidarité envers ceux qui souffrent du chômage ou du non emploi.
Une société dans laquelle le droit au travail est déprécié et dont les leaders aussi bien du Public que du Privé ne permettent pas d’atteindre des niveaux d’emplois satisfaisants ne peut ni obtenir sa légitimation éthique, ni assurer la paix sociale.

La capacité de programmation d’une société orientée vers le bien commun et projetée vers le futur se mesure aussi et surtout en fonction des perspectives de travail qu’elle offre contre le chômage.
Mais au Sénégal, ce phénomène est gigantesque. Certes, il interpelle le secteur privé. Mais il revient surtout à l’Autorité d’État de promouvoir des politiques actives de travail qui stimulent le monde productif.

Il ne s’agit plus pour l’État d’assurer directement du travail à tous mais régenter intelligemment et efficacement la vie économique en mortifiant au moins la libre initiative par un soutien concluant aux entreprises. Le fait-il réellement ? C’est une question qui devait être posée tous les 1er mai.

Le Piroguier

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