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Et si l’on en parlait… ? L’Autorité politique démystifiée

Le Sénégal n’a plus une Autorité politique qui charrie en elle mythe et fascination. Celle qui trône est incapable de se déployer dans les limites d’un ordre moral et juridique légitimement élaboré en vue du bien commun. Les gens du pouvoir actuel ont bénéficié d’un vote-sanction. C’est pourquoi, ils ignorent que le sujet de l’Autorité politique est le peuple qui est le véritable détenteur de la souveraineté. Et les élections en donnent toujours la preuve.
Déjà, le dégel provisoire de la grève des enseignants impose un constat : l’Autorité politique a perdu de sa force et de son mythe en raison d’une conception despotique et désinvolte du pouvoir d’État. Quand devant une crise d’ampleur nationale, elle se montre incapable d’apporter avec génie et esprit de dialogue fécond des solutions pertinentes, elle devient une force amblyope et malvoyante qui se rabaisse par la polémique et l’abus de pouvoir.
L’Autorité civile et l’Autorité religieuse deviennent, aujourd’hui, de plus en plus les seules interlocutrices crédibles qui rassurent devant certains problèmes nationaux. Elles dégageant plus d’assurance, de respect et de crédibilité. Parce que n’importe quel ruffian accède maintenant au pouvoir d’État non par compétence mais par activisme politicien, l’Autorité politique finit par devenir une jachère remplie d’aventuriers qui ne charrient en eux aucune respectabilité devant les citoyens qui n’en reviennent jamais du choix porté sur eux.
Sous Senghor et sous Diouf, n’accède jamais au gouvernement ou dans les Institutions qui veut. Sous Wade, ce fut au début un tâtonnement puis du sérieux tardivement engagé. Mais sous Macky Sall, c’est une catastrophe. Dans le secret de sa conscience, l’actuel chef de l’État sait qu’il compte dans son gouvernement des gens qui ne lui sont d’aucune utilité, ni pour son parti encore moins pour sa gouvernance.
À cause de ceux-là et en raison des tergiversations, des atermoiements et du langage condescendant de certains membres de son régime dont les images s’identifient plus à celles de flibustiers, les citoyens n’élèvent plus les gens de l’autorité d’État au rang de génies traceurs de destin, mais au degré de friands de sinécures favorisés uniquement par l’activisme partisan.
Devant beaucoup de crises, des ministres, des députés de Benno Bokk Yakaar (BBY) et des DG ou PCA s’illustrent par des sorties piteuses et pâteuses qui provoquent des répliques légitimes qui les outragent. Les citoyens manifestent d’ailleurs moins de respect aux autorités politiques comme auparavant.
L’Autorité d’État actuelle ne sent pratiquement son existence que par la condescendance, l’arrogance, le je-m’en-foutisme et l’abus de pouvoir. Il arrive que certains de ses membres prennent ou annoncent des décisions cyniques comme celles de radier ceux qui réclament des droits s’ils ne confondent pas leurs fonctions comme des biens légitimes à faire bénéficier aux amis, proches et famille. Les actes qu’ils posent deviennent ainsi des actes de violence contre la société. Le refus des abus de pouvoir et des dérapages devient, en conséquence, une réplique légitime.
Si l’Autorité d’État est démystifiée, c’est parce qu’elle ne met pas au cœur de ses actions l’intérêt général pour la réalisation du bien commun et la satisfaction de la Nation. C’est ainsi qu’elle trahit sa fin spécifique et se délégitime sans s’en rendre compte.
Beaucoup de noms de ministres, ministres-conseillers, secrétaires d’État, ministres délégués, députés et DG font éclater de rire parce que tout ce qu’ils font renvoie à une comédie de boulevard.

Le Piroguier/rewmi quotidien

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