partis-politiques-senegal

Et si l’on en parlait… Le langage politique devient ordurier

La politique est un jeu d’idées, de propositions, de contre-propositions et de vision. Au-delà des enjeux électoraux qui mènent à des choix citoyens opérés sur la base de la confiance et de la pertinence des idées, elle est surtout une activité sacerdotale dont la vocation est de construire une société meilleure à partir d’une vision bien mûrie.

Mais au Sénégal, la politique devient violente ; son jeu devient sauvage et son langage qui devrait charrier en lui des idées convaincantes devient ordurier et grossier de sorte que les acteurs politiques se transforment en maroufles habillés en goujats.

Le 17 mai dernier, le journaliste et responsable politique, El Malick Seck, de la mouvance présidentielle sert à l’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, une lettre ouverte parsemée de vilénies. Il attaque même son père, le défunt Kéba Mbaye, provoquant une indignation générale et émétique jusque dans la majorité présidentielle. Le juge Bassirou Guèye, connu pour sa réserve, n’a même pas hésité, quelques jours après, à exprimer son exaspération devant ces dérapages de politiciens et de journalistes qui se donnent la hideuse liberté de s’en prendre à des vies privées qui n’ont que faire dans un débat politique d’idées.

Insultes, insolence, sarcasmes, vilénies, invectives, calomnies, outrages et impolitesse ! Il n’y a finalement que ça dans le débat politique sénégalais. Et certains organes de presse écrite ou télématique se donnent la délectation de faire passer ce langage ordurier de politiciens en mal de vision et d’idées.
Récemment, le 1er juillet, le très politicien Doudou Kâ du FONGIP attaque Idrissa Seck, d’un démoniaque verbomoteur. Et aucune idée ni vision ne donne à sa diatribe une hauteur. En guise de réplique, un certain Mandiaye Ndiaye de Rewmi réagit et dit croit entendre Doudou Kâ «  hennir », là où son camarade Babacar Mar, Coordonnateur adjoint des enseignants de Rewmi compare Youssou Touré à « un âne qui braie ».

Ce Youssou Touré est lui-même un cas dans l’APR où il attaque tout le monde avec des propos rustres et grossiers qui donnent à son parti l’image d’un maquis de maroufles. Il traite même Idrissa Seck d’athée, provoquant un éclat de rire en raison de l’arrogance et de l’impertinence du propos.

Et il n’est pas le seul à l’APR. Ce parti se singularise trop par des attaques basses, personnelles, béotiennes et ordurières exclusivement axées sur des personnes, et parfois même sur leurs vies privées. Si ce ne sont pas des députés, DG ou responsables de base, ce sont souvent des ministres qui versent dans le langage hideux.

Pourtant, le débat politique fut plus riche, plus fécond et plus responsable. Mais il devient ordurier à cause d’activistes et de hâbleurs pour qui la politique est une querelle de borne fontaine.

Auparavant, avec les Socialistes du GER, les Libéraux et les forces de gauche, le débat politique était délicieux grâce à la fertilité des interlocuteurs, à la fécondité de leur intellect et à la pertinence de leurs idées.

Mais depuis 2000, le champ politique sénégalais a plus d’insulteurs à gage et de calomniateurs d’élite que de porteurs d’idées et de vision. Ils investissent les média, ciblent ceux qui ne sont pas de leur côté et déversent des infamies indigestes dans une société orale où la parole pèse lourdement.

Et les meilleurs boutefeux, dénigreurs, hâbleurs, calomniateurs et sycophantes sont ceux-là qui sont félicités dans leurs partis et par leurs leaders qui, en guise de récompense, les promeuvent.

Le Piroguier/rewmi quotidien

Voir aussi

presi-juppe-1-1

Le Président du MEDS, invité d’Alain Juppé à Bordeaux

Ce sont les perspicaces radars de Rewmi Quotidien, déployés au pays de Gaulles, qui nous …