Moustapha_niasse

Et si l’on en parlait… Quand Niasse n’est plus Moustapha

Niasse ! Le nom fut, hier, le symbole des grands hommes d’État du Sénégal. Il résonnait dans le concert du jeu politique sénégalais au rythme de la foi en la République, de la rectitude dans le fonctionnement de l’État et de la virtuosité dans l’action diplomatique. En se révoltant contre le régime socialiste dont il est un produit senghorien, les Sénégalais ont applaudi en posant sur lui l’espoir d’une rupture quand bien même il fut de ce PS /UPS qui n’a jamais mis le Sénégal sur l’orbite du développement économique et social.

Directeur de Cabinet de Senghor au moment même où Macky Sall dans le camp duquel il s’engloutit n’avait que sept ans, puis ministre et Premier ministre, il a aujourd’hui totalement changé. Et il parait avoir des rapports délicats avec le pouvoir et l’avoir, les honneurs et les splendeurs.
Pourtant, il fut non seulement

Moustapha par le nom, mais Moustapha porteur d’espoir. Moustapha ! Un nom qui fait partie des 201 noms attribués au Prophète de l’Islam (PSL), signifiant le « choisi », le «  préféré », le « modèle ». Mais notre Niasse n’est plus ce Moustapha. Il n’est d’ailleurs plus le préféré des Sénégalais et en est si conscient qu’il se jette et jette son appareil dans le Macky.

La Nation le dévisage. Il tient des pierres à jeter devant une Assemblée nationale qu’il dirige aujourd’hui et de quelle manière ! Il traite de salopards ceux qui le contrarient. Et comme un enfant qui a tort, il n’hésite pas à lancer « Ma tay », ou prosaïquement « je m’en fou ».

Radote-t-il prématurément avec l’âge ? Les psychologues répondront. Mais ce Niasse n’est plus le Moustapha d’hier. L’homme qui combattait la partialité, se révoltait contre les députés socialistes d’hier, absentéistes et en marge de la défense de l’intérêt national, disait-il et qui vilipendait la prédation des finances publiques se tait aujourd’hui devant le maraudage de l’impôt par les députés de cette Assemblée nationale si couteuse dont il est le Président.

Qui eut imaginé que ce Niasse qui prêchait la frugalité de la gouvernance garderait le silence devant une telle forfaiture ? Finalement, au Sénégal, on fait la politique juste pour accéder à la table du pourvoir et jouir de privilèges onéreux et de fourberies hors la loi.
Niasse n’est plus le Moustapha d’hier. Ceux avec qui il a engagé l’épopée de son parti l’ont quitté. Et avec lui comme avec d’autres politiciens, les Sénégalais découvrent que la politique dans leur pays est simplement un bal masqué. Et les masques tombent toujours à l’accès au pouvoir.

Niasse est devenu Président de l’Assemblée nationale, à 73 ans, à l’âge où Senghor dont il fut le Directeur de Cabinet et qu’il prend comme un modèle a décidé de quitter le pouvoir en le cédant à 74 ans. Il est Président du Parlement et jamais une législature n’a été aussi désastreuse. On y combine. On y conspire une connivence flagrante pour fomenter des complots politiques. Et on n’y paie pas l’impôt.

Quand le juste est dans l’abîme avec la trahison du suffrage électoral, quand les droits sont trahis par une adjuration politicienne et quand on donne le sceptre à la forfaiture par un non acquittement du devoir fiscal, Niasse ne dit rien. Et qui ne dit rien consent. Il n’est donc plus le Moustapha d’hier.

Le Piroguier

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