mouhammad-boune-abdallah-dionne-pm-310x165

Et si l’on en parlait… Remaniement après le dialogue national

REWMI.COM-Le Sénégal n’est point en crise. Mais la situation politique et sociale est tendue. Le pouvoir claudique. L’opposition ne lui fait aucun cadeau et se radicalise par des attaques et des actes politiques qui influent jusque dans le fonctionnement des Institutions. Dans ce contexte, Macky Sall a bien besoin d’un apaisement total du champ politique et de l’espace social pour mener sa gouvernance.

S’ouvrir à l’opposition est l’une des seules alternatives qui s’offre à lui. Certes cette ouverture ne fait pas trop l’affaire de la majorité. Mais le réalisme l’impose. Et tout indique que cette initiative ne peut qu’aboutir à des conclusions dont un gouvernement ouvert à ceux qui acceptent les convergences qui tait les divergences politiques.

Ces divergences sont d’ailleurs aigues et nombreuses. Elles vont de l’emprisonnement de Karim Wade à la crise scolaire en passant par les impairs de l’Acte III de la décentralisation et à la distribution des responsabilités d’État. Autant Macky Sall est celui qui nomme aux emplois civils et militaires, autant l’opposition a le devoir et surtout le droit de rejeter et de combattre les actes qu’il pose jusqu’à mettre même en apnée la marche du pays.

Le dialogue politique qu’il a ainsi convoqué, quel qu’en soit l’ordre du jour, aboutirait à un nouveau gouvernement qui verrait la participation de nouvelles forces politiques, de si faibles poids soient-ils. Ceux qui siègent dans le gouvernement et qui ne sont d’aucun apport ni dans la gouvernance, ni dans le renforcement de la majorité encore moins dans le débat national se verraient naturellement invités à céder la place à de nouvelles forces dont le seul défi à relever est de maintenir le Sénégal sur l’orbite de la cohésion et sur les rails de l’émergence.

Dans le secret de sa conscience, Macky Sall sait bien que son régime est imbu de personnes qui ne lui sont pratiquement d’aucun port. Si certains acteurs se livrent à des sacrifices pénibles pour renforcer les acquis de son magistère, d’autres se singularisent par un effacement et une léthargie pro domo, laissant le champ libre à une opposition et une Société civile radicale nourries d’expériences qui les rendent redoutables dans l’adversité et la contestation.

Toutes les tentatives d’hégémonie politique de l’APR indispensable à une majorité sont encore vaines. Ses adversaires ne sont pas des novices dans le combat politique et disposent de moyens solides et de capacités de communication qui influent dans l’opinion publique et dans l’électorat. La faible victoire du Non au référendum en donne déjà une illustration.

Et si la tendance continue, les élections futures pourraient être fatales au camp présidentiel. C’est pourquoi un renouvellement drastique de l’équipe gouvernementale par une alliance de l’expertise politique et de la performance technocratique dans le choix des ministres et des hauts fonctionnaires est devenu une nécessité pour opérer une mutation vers un apaisement de l’espace politique et institutionnel et des résultats accueillis à l’applaudimètre.

Déjà, les Sénégalais ne se sont pas encore appropriés le PSE. Ils sont impatients et un sondage rendrait bien compte d’un désenchantement à juguler dans les plus brefs délais. Le contexte dans lequel Macky Sall est arrivé au pouvoir lui impose une gouvernance de résultats par une nouvelle démarche qui éloigne du copinage et du clanisme partisan. Un remaniement et un renouvellement du personnel politique ne peut alors que la suite de ce dialogue du 28 mai pour prendre un nouvel envol.

Le Piroguier/Rewmi quotidien

Voir aussi

telechargement

Et si on en parlait… AFFAIRES KARIM, PETRO-TIM, OFNAC, REBEUSS Le Macky : un bloc bloqué

Macky est dans un étroit imbroglio. Il est à la pénible épreuve du pouvoir. Il …