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Et si l’on parlait… Porte-parole du Gouvernement : une grave responsabilité

La fonction de Porte-parole d’un Gouvernement est une charge délicate. Malheureusement, beaucoup de personnes, généralement des politiciens, jubilent dans leur intimité et manifestent une malhabile fierté d’en avoir la responsabilité, parce que se considérant immédiatement comme un membre incontournable de l’équipe gouvernante et interlocuteur direct du Chef de l’Etat et du Premier Ministre.

Or, être la voix publique et parlante d’un Gouvernement est une responsabilité lourde et parfois ingrate. C’est porter en soi toute l’action de l’Etat, et particulièrement celle du gouvernement, l’expliquer et la défendre dans ses décisions, ses prouesses mais aussi ses bourdes. Un polémiste, pamphlétaire et politicien ne peut donc convenablement l’assumer car elle expose plus le Gouvernement qu’elle ne l’impose.
Cette charge est grave. Et aucun Chef d’Etat ou chef de Gouvernement ne devrait la confier à une personne peu avertie de la mentalité publique et des exigences de communication concluante d’une gouvernance en cours. Elle exige de la tenue et de la retenue, de la dextérité, une intelligente perception de la sociologie nationale et une maitrise entière et totale de toute l’action de l’Etat dans ses moindres détails.

Dans un contexte politique tendu et rythmé d’actes d’Etat controversés qui alimentent un désenchantement national qui prend de l’ampleur, tout Porte-parole de Gouvernement se voit transformé en avocat du diable. Sa charge l’impose à défendre l’indéfendable, à transformer tout ange en démon, à donner à l’absolutisme le faciès de l’objectivité et à vouloir faire d’une mesure arbitraire une juste décision.

Or, dans un Etat orthodoxe, cette responsabilité est solennelle et officielle. Et elle devient infructueuse, théâtrale et vaine quand elle est exercée dans les tumultes d’une polémique politicienne qui fait déraper et amène tout Porte-parole trop politicien d’un

Gouvernement à dire des énormités qui, pour une opposition, sont des opportunités à saisir pour donner de légitimes coups au pouvoir.

Sous Wade, sous Diouf et aujourd’hui sous Macky Sall, les différents Porte-paroles portent toujours des manteaux de polémistes et de politiciens qui, veulent, dans la frénésie de leurs envolées verbales, faire agenouiller l’esprit public devant les fantaisies d’une orientation politique impertinente ou d’une décision impopulaire.

Parfois, si le Porte-parole est un ancien homme de gauche très à l’aise dans la théorie sophiste et dans les contradictions idéologiques, il se perd dans ses thèses et hypothèses et dit des foutaises.

La volonté de défendre l’indéfendable lui inspire un discours cohérent qui ne finit jamais en apothéose mais en diatribes et en accusations personnalisées qui pervertissent la dimension solennelle de sa mission d’Etat.

La communication gouvernementale doit être aussi bien au service de l’Etat que des citoyens par un argumentaire fondé sur la vérité et non sur une mauvaise foi qui attise la controverse et la polémique politicienne. L’expérience d’Etat, la pertinence du discours qui n’a rien à voir avec le sophisme, les fourvoiements et les abstractions théoriques.

Aucun gouvernement dans un pays démocratique ne fait l’unanimité pour vouloir imposer, via son Porte-parole, un discours volubile qui contraste avec les attentes citoyennes, les exigences nationales et la vérité historique.
Au Sénégal, tout Porte-parole d’un Gouvernement s’adresse à un peuple pluriel, lucide et consciencieux. Certes, dans un contexte politique délicat, son discours est plus destiné à la société civile et aux acteurs politiques qu’à la population dans son intégralité. Mais s’il défend l’indéfendable, il altère la solennité de sa charge et devient lui-même un burlesque acteur d’une grosse comédie.

Le Piroguier

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