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Et si on en parlait… Une communication présidentielle désastreuse

En lieu et place d’une Cellule de Communication, Macky Sall dispose d’un Agora de philosophes et de sophistes aux argumentaires laborieux et nullement convaincants pour atteindre un public pluriel. Il a des théoriciens qui s’adressent plus à eux-mêmes qu’à des citoyens à convaincre. Certes, ceux-là sont des prestidigitateurs de la parole, des experts en calembour et des littéraires féconds. Mais ils n’ont pas de génie en Communication politique.

El Hadji Hamidou Kassé qui en a la charge est plus un philosophe prolixe qu’un communicant fertile. C’est un délice de lire son roman, Les Mamelles de Thiendella. Mais son génie se limite au plurium interrogationum et aux calembours. C’est pourquoi, souvent sur des plateaux de télévision, il éprouve une peine à convaincre à cause d’un argumentaire sophiste qui parait rigoureux pour les dialecticiens mais qui, en réalité, manque de souplesse et de teneur pour persuader. Sa rhétorique est abstraite, fallacieuse, surtout en période d’impasse politique. Et il ne cesse de s’adresser à un public qui l’écoute sans jamais l’entendre.

Avant lui, Macky Sall s’est appuyé sur un certain Mamadou Thiam, prolixe et phraseur dans l’argumentaire communicatif. Mais en lui aussi ne se manifestait que la parole volubile et loquace. Cette loquacité obscure est aussi dans l’argumentaire de son remplaçant El Hadji Hamidou Kassé. Et elle finit toujours par envahir les tympans de citoyens que le flou d’une phraséologie insondable étouffe et ennuie. El Hadji Hamidou Kassé n’est, en fait, connu que par les journalistes obligés par professionnalisme de faire passer sa rhétorique, parfois laborieuse, en raison d’une orientation ad hominem du propos. Mais le citoyen ordinaire même de l’APR ne le connait pas.

Il appert ainsi que Macky Sall ignore qu’être journaliste n’est pas être un génie de la communication politique. L’arsenal de journalistes de son régime lui en donne une illustration. Ils n’ont qu’un seul art, celui de la manipulation de confrères par une information orientée qui fait rire.

Or, la maturité de l’opinion publique, l’élargissement de la sphère politique et la distinction facile que les citoyens font entre la presse qui manipule, celle qui mène le jeu du pouvoir et celle qui reste inextricable à la déontologie sont tels que ce n’est pas un journaliste mackyllé et partisan qui peut peser sur les masses et l’électorat.

Certes, Macky Sall a des amis journalistes loyaux. Il les responsabilise et a confié à certains sa communication. Mais, il sait que cette communication est inféconde.

Les média d’Etat qui sont à sont service pêchent par une saturation propagandiste indigeste pour les citoyens qui zappent quand les excès deviennent accablants pour l’ouïe et la vue.
Sa communication, certainement coûteuse, est infertile. Jusqu’ici elle est soit aride et improductive, soit infructueuse en raison d’un excès qui finit par être un brouillard basané et ténébreux.

C’est ce qui lui arrive avec les couleurs lourdes et laides, pain-chocolat, de l’APR imposée dans les lieux relevant du bien commun. C’est ce qui lui est aussi arrivé avec le Conseil des Ministres décentralisé. L’excès lui fut nuisible car ce fut pour tous de la politique politicienne et propagandiste.

D’ici les Législatives et la Présidentielle, il a un intérêt à revoir son staff de communicants, son peuple de journalistes qui ne lui apportent vraiment pas grand-chose et sa Cellule de Communication. Ce ne sont pas les sophistes aériens, les dialecticiens volubiles et les manipulateurs aventureux d’organes de presse qui font sa communication civile et politique.

Le Piroguier

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