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Et si on en parlait…Ce que Macky Sall ne sait pas des Sénégalais

En devenant président de la République, après avoir eu un parcours prestigieux, en un temps record, Macky Sall récolte le fruit du labeur de sa mère, aurait dit la sagesse populaire. Ceux qui connaissent son histoire acquiesceront indubitablement cette herméneutique de l’oralité africaine.
Par le destin et l’histoire, il est à la tête de plus de 14 millions de Sénégalais dont il est l’autorité temporelle légitime. Mais par les actes qu’il pose et par les propos parsemés de bourdes qu’il tient, il semble bien avoir une méconnaissance de la nature et de la mentalité de ceux qu’il dirige.
Le Sénégalais est de nature guerrière. Senghor l’a compris en choisissant comme emblèmes nationaux le roi de la savane, le Lion, et le géant de la forêt, le Baobab. Ceux qui défient l’autorité en manifestant un courage intrépide que galvanise un à-propos solide ont toujours, le temps de leur combat, l’allure de héros soutenus à l’applaudimètre. C’est cette donnée culturelle qui a vite fait de lui le principal challenger de Wade dont il triompha. Comme lui, Djibo Kâ fut un homme populaire pour avoir défié Diouf comme le furent un moment Niasse et Idrissa Seck.
Les Sénégalais les ont soutenus. Mais ils les ont ensuite majoritairement abandonnés à cause de leur zigzag nébuleux. Ils n’aiment pas le revirement et l’inconstance.
Macky semble méconnaître cette réalité bien sénégalaise comme il parait ignorer que les Sénégalais ne supportent ni l’injustice, ni la fausseté, ni la perfidie encore moins l’arrogance et la suffisance. Il perd déjà en popularité à cause de la transhumance qu’il rejetait et qu’il encourage aujourd’hui sous le prétexte d’une mobilisation des énergies.
L’orientation partiale de la CREI, l’impunité dont jouissent ceux qui ont été épinglés et qui ont trouvé abri dans son régime, ses aveux sur un blocage de certains dossiers relatifs à l’enrichissement illicite, l’immense fortune qu’il a déclaré être le propriétaire, son gouvernement si pléthorique, entre autres, sont l’objet de discussions négatives sur toute l’étendue du territoire. Dans leur écrasante majorité, les Sénégalais s’en révoltent et l’attendent au tournant électoral. Mais Macky Sall ne le sait pas comme il ignore que son peuple n’accepte pas, en gouvernance d’État le clanisme familial.
Il fut héros pour avoir osé, en sa qualité de Président de l’Assemblée nationale, interpeller Karim Wade sur sa gestion. Les Sénégalais s’étaient vite retrouvés en lui pour cette témérité et l’ont soutenu à cause de l’injustice qu’il subit. Mais il ne sait pas que ceux-là ne l’ont point élu parce qu’il est le meilleur mais parce qu’il était une victime.
La présence de sa famille et belle-famille dans son régime, le train de vie de son pouvoir et la tournure de la traque des biens supposés mal acquis ne marquent aucune rupture. Au contraire, Macky applique ce qu’il combattait. Les Sénégalais ne le lui pardonnent pas parce qu’ils n’aiment pas, en politique, la tartufferie et la fourberie, dussent-elles être des calculs qui passent par des combines.
Son discours est une anthologie de paradoxes et de revirements. Les Sénégalais rigolent tout en s’enrageant. L’environnement institutionnel de son régime donne la preuve que la continuité est maintenue. Pire, son parti et ceux de certains de ses alliés se confondent avec les Institutions et l’appareil administratif dans une logique clientéliste que les Sénégalais ont voulu voir disparaître.
Ceux-là se montrent déçus dans leur immense majorité et nul ne dit à Macky qu’il gagne en impopularité et son régime perd en crédibilité.

Le Piroguier/rewmi quotidien

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