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Et si on en parlait… Ces soldats du NON

Khalifa. Pape Diop. Baldé. Gackou. Idy ! Au-delà du Front du Non, ces leaders se montrent plus que féroces contre le Oui et s’imposent en énergiques soldats du Non au référendum du 20 mars. Et chacun peut, dans ce combat, dire ce que dit chaque combattant pour la démocratie : « Si l’on est que mille, eh bien, j’en suis. Si même/ ils ne sont que cent, je brave encore Sylla ; / S’il en demeure dix, je serai le dixième ; / Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! »
Contrairement à beaucoup de militants et responsables de l’opposition, ces soldats du Non se singularisent largement par des idées d’avant-garde, des arguments solides et des explications copieuses qui crédibilisent leur position.
Ils mobilisent. Ils attaquent. Ils cognent, étant naturellement confiants en la victoire du Non comme les autres qui refusent d’envisager une défaite du Oui. Ce qui est sûr est que le résultat du référendum aura un effet décisif sur leur carrière et leur combat contre Macky Sall. Et dans ce combat, nul n’est trop grand pour perdre, ni trop petit pour gagner.

Les contingences politiques les ont éloignés. Mais la délicatesse du référendum est telle que leur rapprochement est bien une urgence et une nécessité historique.

À Touba, où la visite de Macky Sall a des échos controversés, ils se sont tous retrouvés dans la maison du Président Pape Diop pour davantage aiguiser leurs armes et attaquer l’adversaire commun dans une dynamique unitaire.
Certes, ils incarnent des forces éparpillées. Mais la marche du temps et les contingences de l’histoire ont obligé de se retrouver. Chacun dégage un charisme. Chacun a une expérience d’homme d’État et demeure un silo inépuisable de visions. Chacun a surtout en lui un arsenic venimeux qui peut être fatal à Macky. Aujourd’hui, comme demain.

Il ne faut donc point sous-évaluer leurs forces. Ils secouent les zones où ils passent. Ils drainent des foules. Ils clopinent dans les faubourgs et les banlieues, dans les villes et les villages, le Non en résonnance, le front haut, l’air sérieux, grave, stoïque et déterminés à solder les comptes à ce Macky de diabolisateurs à gage !

Au-delà du rejet du référendum et des contre-arguments qu’ils avancent, le dénominateur commun de leur bataille est le non respect, par Macky, de la parole donnée, une valeur sérieuse dans ce pays de civilisation orale.

Et ce référendum est un moment bien choisi pour faire le procès de Macky Sall, l’entêté.

Khalifa Sall dit Non parce qu’au-delà de la trahison de la parole donnée, il refuse d’abdiquer devant un régime qui le soumet à un rythme de vie infernal pour l’affaiblir. Ancien président de l’Assemblée nationale, puis du Sénat, ancien Maire de Dakar, Pape Diop n’accepte jamais de relever de l’obédience de Macky Sall, « un habitué du reniement », précise-t-il. Abdoulaye Baldé connait l’actuel président de la République, homonyme du père de son épouse, et prédit partout que si jamais « le Oui passe, Macky Sall mènera ce pays vers le déluge car il aura les coudées franches ». Malick Gackou, Khalif de la Banlieue, solde ses comptes et à Macky, et au vieux Niasse, offenseur et laudateur d’élite. Idrissa Seck est à l’extrême  parce que Macky est trop petit devant lui pour qu’il plie.

Tous les cinq, unis comme les cinq doigts de la main, constituent ainsi d’immuables et intrépides soldats du Non.

Le Piroguier

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