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Et si on en parlait… Comment Wade mène le Pds au déluge

En décidant de confier à Monsieur Cheikh Tidiane Sy, la direction intérimaire du Pds, Wade donne encore raison à ceux qui ont claqué la porte du parti en lui reprochant, entre autres réprimandes, une gestion démesurément arbitraire de l’appareil.
De Paris, il installe au siège de coordonnateur intérimaire du parti, son ami Cheikh Tidiane Sy, un membre que nul n’a vu aux premières loges du combat post-pouvoir quand Oumar Sarr, Aida Mbodji, Madické Niang, Samuel Sarr, Farba Senghor, Modou Diagne Fada, Babacar Gaye, Fatou Thiam, Toussaint Manga, Abdou Khafor Touré, Lamine Bâ, Tafsir Thioye, Victor Sadio Diouf mouillaient le maillot dans l’arène du refus.
Être militant et ami de Wade ne veut pas dire être militant du Pds, un parti qui, en vérité, est plus une propriété privée qu’un appareil politique. Cheikh Tidiane Sy est proche de Wade. Nul n’en disconvient. Mais on compte au bout du doigt les Sénégalais qui lui connaissent une épopée politique dans le combat intrépide du Pds.
A-t-il le charisme, le sens des relations humaines, la combativité et l’hardiesse d’un meneur de masses pour tirer d’affaire le Pds ? Quelle est sa représentativité et sa force politiques ? Quelle est le terroir où il est politiquement indéracinable ? Est-il Maire, député, Président de Conseil départemental pour endosser la charge politique de capitaine des troupes libérales dans ce contexte si délicat où le Pds est exsangue de leader charismatique dont la seule évocation du nom provoque un mouvement grégaire de masses ?
Cheikh Tidiane Sy n’a ni le halo, ni la combativité encore moins la spontanéité politique d’un commandant de bord pour mener le Pds au quai de la grande victoire.
Sans s’en rendre compte, Wade mène ce parti au déluge. Il y envenime les antagonismes politiques, œuvre à la mise en apnée de certains responsables historiques comme Modou Diagne Fada et y impose un dirigisme dépassé et déphasé.
Cheikh Tidiane Sy a beau lui être fidèle, il ne semble point être l’homme indiqué pour mener l’artillerie libérale au front pour la libération de ses détenus et la reconquête du pouvoir. Ils sont peu, les Sénégalais capables de le dévisager dans un afflux de responsables libéraux.
Quand il fut ministre d’État, ministre de la Justice, il s’illustra par un autoritarisme condescendant et un silence complice sur la gouvernance familiale de l’État, son fils Thierno Ousmane Sy y jouant à l’époque une charge juteuse qui le mena, à la chute du régime Wade, au désastre carcéral.
En lui mettant le pied à l’étrier, Wade confirme sa volonté de transmettre son parti à son fils en raison de l’étroite proximité que l’homme a avec lui.
Déjà, le Pds dégage les miasmes d’une scission avec les rivalités entre réformateurs et conservateurs. Malgré ses 90 ans et quoique n’ayant aucun avenir politique, Wade attise lui-même les flammes, exaltant les conservateurs par-ci et proscrivant les réformateurs par-là.
La mise en scelle de Cheikh Tidiane Sy ne fera alors qu’aiguillonner le refus et faire claudiquer le parti qui, malgré les envolées bagarreuses, sanglote, sanglote, sanglote…

Le Piroguier

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