Et si on en parlait… CONTRATS PETROLIERS Débat de politiciens et de « prédateurs »

Le Premier ministre a fait publier les contrats pétroliers signés comme promis lors de sa réplique contre les sonneurs d’alerte et l’opposition radicale, sur le cas du petit-frère du Président Macky Sall.

Mais les citoyens ne comprennent pratiquement rien de ces contrats. La polémique embrouillée qu’ils ont alimentée, relève d’un débat d’initiés. Ni les militants et responsables de l’APR, ni ceux de la mouvance présidentielle, ni ceux de l’opposition, n’en ont une perception précise et convaincante.

C’est d’ailleurs la seule raison qui explique les invectives, diabolisations et même injures contre ceux qui dénoncent une exploitation obscure et une production illicite du pétrole dont Aliou Sall serait coupable, avec le soutien probable de son grand-frère de Président de la République.

Certes, l’Etat a ses contrats pétroliers et ose seul rendre publics des documents administratifs de cette nature. Mais l’opposition et la société civile, particulièrement Oumar Sarr, Adama Gaye, Birahim Seck, Abdoul Mbaye et Sonko, ont aussi leurs arguments et leurs preuves avec indubitablement des documents dont ils semblent bien avoir une capillaire connaissance des contenus. Malheureusement, ils ne peuvent les rendre publics sous risque d’être poursuivis, surtout pour recel de dossiers administratifs.

Finalement, cette polémique sur la production frauduleuse et illicite du pétrole est un débat brumeux qui met aux prises une opposition qui en sait beaucoup et un pouvoir qui semble astucieusement en cacher trop.

Les Sénégalais suivent un cinéma dont le scénario est la trame d’une interminable polémique entre politiciens et pouvoir, mais une polémique qui ne se terminerait point en faste pour les Sall du Macky. Et pour cause !

Les années passent vite. Tôt ou tard, Aliou Sall risque de subir le sort de Karim Wade car, devant un spectacle pareil, les citoyens, détenteurs de la souveraineté, dans leur écrasante majorité, accordent plus de crédit aux dénonciateurs qu’aux accusés. Et jusqu’ici, rien ne disculpe les accusés.

Que les Sall aient raison ou tort, l’erreur historique qu’ils ont commise est de donner à la conscience publique l’image d’une gouvernance familiale de l’Etat et du bien national. C’est une faute que l’histoire ne pardonne pas.

Le prétexte d’un Aliou Sall investisseur privé est fallacieux. Son immixtion nébuleuse dans le pétrole, accélérée l’année même de l’élection de son grand-frère à la tête du Sénégal, heurte le principe de la destination du bien public.

Les Sénégalais imaginaient en Macky Sall un chef d’Etat qui, pour son épopée à l’Assemblée nationale, avait de la gouvernance une vision vraiment inspirée de valeurs qui ne permettent de ne jamais perdre de vue la finalité des biens publics. Jamais ils n’imaginaient la présence de membres de la famille de Macky dans sa gouvernance, une présence familiale contre laquelle ils ont voté pour lui en 2012 pour sanctionner Wade.

Pour beaucoup de Sénégalais, ce scandale du pétrole et cette histoire de dynastie Faye-Sall ne sont pas seulement une déception, mais la trahison de la raison pour laquelle ils ont voté Macky. Ils voulaient une gouvernance transparente, vertueuse et impartiale du Sénégal axée sur une obligation de résultats concrets et de comptes rendus sérieux.

Mais en lieu et place de résultats à indexer à l’applaudimètre et de comptes rendus indiscutables, c’est une gouvernance obscure qu’ils voient au rythme de scandales et de polémiques qui convainquent davantage que les politiciens sont pareils.

Ils sont des saints quand ils s’opposent. Mais quand ils sont au pouvoir, Ils sont tous plus des prédateurs démoniaques que des bâtisseurs angéliques!

Le Piroguier

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