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Et si on en parlait… CORRUPTION DANS LA PRESSE Ces Journalistes en 8×8

Ce 20 Octobre 2016, le confrère en ligne Leral.net a crevé l’abcès en abordant, dans ce contexte où le Sénégal connait une révolution de l’information, la lancinante question de la corruption dans la presse. Seulement, le confère s’est limité à la presse en ligne. Mais le phénomène est plus large et plus ample.

La presse écrite, la radio et la télévision sont aussi des secteurs où la corruption encagoulée a envahi les rédactions où un confère peut, sous cape, mener des actes secrètement corrompus avec un art ingénieux de maniement qui fait passer son forfait sans aucun soupçon.

Le député Moustapha Cissé Lo a affirmé clairement que certains journalistes n’osent jamais l’attaquer ou écrire quelque chose à sa défaveur. « Je m’en tiens là ! », a-t-il conclu. Et cette mise en garde en dit long.

C’est parce que certains journalistes ont déjà les mains mouillées. D’autres, surtout dans la presse en ligne, sont à l’œuvre corruptrice. Sur la toile, des vies sont détruites, des carrières sont brisées, des ambitions sont annihilées et des élans sont démantelés par le chantage de brebis galeuses jamais inquiétées. Le CNRA et la CORED n’ont aucun pouvoir coercitif pour freiner le vicieux essor des journalistes corrompus.

L’Etat en a une responsabilité. Mais la sienne est minime par rapport à celle des patrons de groupe de presse. Et pour cause !

Des interviews sont vendues particulièrement à des responsables politiques, surtout en période d’enjeux électoraux. Des portraits de personnalités politiques ou de personnalités de l’espace public sont secrètement marchandés. Souvent, devant une divergence opposant des responsables politiques, il arrive qu’un journaliste prenne dans son émission ou dans son article une position partisane en faveur d’un antagoniste avec qui il a des relations personnelles qui, naturellement, influent sur l’orientation de sa plume ou de sa voix.

Et jusque dans les revues de presse, il arrive, de manière flagrante, que le revueur de presse insiste lourdement sur un menu article consacré à une personnalité politique qui, auparavant, l’a même averti la veille de la sortie de l’organe. Et après la propagande calculée, le monsieur passe au bureau du détenteur de billets de banque.

Train de vie dispendieux

Certains journalistes sénégalais ont aujourd’hui un train de vie onéreux qui dépasse largement leurs revenus salariaux. Quand un journaliste qui a un salaire formel variant entre 100.000 à 300.000 Fcfa roule en voiture de luxe dernier cri, parfois en 8×8  majestueux, loge dans un appartement luxurieux dans une zone résidentielle et s’envole en Europe ou aux Etats unis juste pour des vacances, son employé, pour peu qu’il ait le sens de responsabilité, devrait lui-même se rendre compte que c’est son organe qui sert de moyen d’enrichissement illicite.

Et malheureusement, il suffit de « toucher » le journaliste pour que toute la presse se mobilise pour crier à une atteinte à la liberté d’expression. Récemment, Abou Abel Thiam a réussi à faire passer une interview qui semble bien être adroitement rédigée dans plusieurs organes de presse, avec la complicité indubitable de journalistes qui n’ont jusque-là pas clarifié ce forfait qui pue une corruption non dite.

Des organes de presse ont la dignité et le courage d’afficher clairement la tendance partisane de leur ligne éditoriale. Mais d’autres mènent le jeu du pouvoir de façon ostentatoire à la défaveur de l’opposition surtout dans la situation actuelle. Aucun équilibre déontologique n’est respecté !

Il est temps de s’interroger sur la corruption dans la presse. Il est plus que jamais temps que les patrons de presse se posent des questions sur l’immense fortune que possèdent certains de leurs journalistes.

La corruption encagoulée dans la presse a des effets dangereux sur la Nation qui reçoit les informations, surtout que ce phénomène s’accompagne de liens étroits entre journalistes, personnalités politiques et opérateurs économiques !

La Nation manipulée

L’information figure parmi les principaux instruments de participation démocratique. Aucune information n’est crédible et concluant sans la connaissance des problèmes de la communauté politique, des données de faits et des diverses propositions. Mais le pluralisme dans ce secteur délicat de la vie sociale a parfois des effets pervers au Sénégal.

Au nom de la liberté de presse, il arrive qu’un journaliste manipule l’opinion avec des faussetés sur une personnalité politique qui le corrompt pour qu’il œuvre à lui faire bénéficier d’un halo populaire. Souvent, c’est tout un organe de presse qui se penche du coté du pouvoir avec des subtilités vicieuses qui se manifestent soit par une glorification de l’acte gouvernemental, soit par une diabolisation experte d’un opposant.

Et malheureusement, c’est l’opinion publique qui est ingénieusement manipulée, une manipulation qui réussit car le Sénégal étant un pays de civilisation orale, la presse y est un mythe.

Le Piroguier

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