une-menance-1-1

Et si on en parlait… Crise au Gabon Macky,  Deby, Issoufou, Sassou : drôles de médiateurs

Le Gabon est en crise.  Un terrorisme d’Etat y sème l’effroi, la mort et le désir de vengeance des populations contre des représailles violentes visant à conserver le pouvoir après une Présidentielle marécageuse qui consacre  l’impopularité d’un usurpateur décrié.

Il est bien normal, dans une telle situation, que la Communauté internationale soit dans l’obligation d’intervenir en faveur surtout des populations dont la vie est menacée et les droits fondamentaux massivement violés. Mais dans combien de pays africains, des droits et des acquis démocratiques sont  menacés ?

Et l’Union africaine, certainement en mal d’inspiration, annonce dans ce pays en crise Macky Sall, Idriss Deby Itno, Mahamadou Issoufou et, diantre ! Denis Sassou Nguesso. Quatre Chefs d’Etat dont les pays eux-mêmes sont dans une situation de crise politique due à une gouvernance clanico-familiale, au triomphe de l’injustice et au règne de l’impunité.

Les pays de ces Chefs d’Etat, le Sénégal, le Tchad, le Niger et le Congo, donnent l’impression de ne pas être en crise alors que les impairs insoutenables d’une gouvernance désinvolte y alimentent un sentiment de crise qui  étouffe les Institutions et y constituent la crise elle-même.

Au Sénégal, les libertés et les acquis démocratiques sont menacés par une spirale d’actes arbitraires. Au Tchad, le peuple est meurtri par un régime issu d’un coup d’Etat qui extermine les opposants encombrants et sème la frayeur. Au Niger, la population n’en revient pas d’avoir un Chef de l’Etat prêt à sacrifier son pays pour rester au pouvoir, allant jusqu’à tenir en prison son challenger, Hama Amadou, au 2nd tour. Au Congo, le peuple subit l’absolutisme d’un homme de pouvoir inextricable à  son esprit militaire, auteur de coup d’Etat et hier acteur d’une sanglante guerre civile.

Et ce sont les Chefs d’Etat de ces pays que l’Union africaine annonce au Gabon, en messies porteurs de Bonne Nouvelle !

Faut-il en rire ou pleurer ? Qui mieux que Patrice Talon du Bénin et Faustin Touadéra de Centrafrique, si merveilleusement élus, ou Mouhammed VI, seraient, par exemple, mieux placés pour être médiateurs au Gabon ?

Ni Macky du Sénégal, ni Deby du Tchad, ni Issoufou du Niger, ni Sassou Nguesso du Congo ne sont indiqués à mener une médiation au Gabon, ayant eux-mêmes mis leurs pays dans une situation de crise ou de recul démocratique qui nécessite aussi une  vraie médiation.

Une médiation n’est apaisante et concluante que quand elle est exercée par une personnalité civile ou un homme d’Etat qui donne l’exemple par ses actes, et dans son pays, d’un attachement sérieux aux idéaux de paix, de démocratie et de justice.

Tout homme d’Etat, même démocratiquement élu, est en faillite quand il utilise l’appareil d’Etat pour conserver le pouvoir en posant et imposant des actes arbitraires par une gouvernance désinvolte et une protection flagrante de coupables dont la seule légitimité est d’être de son camp partisan.

Partout en Afrique, la colère éclate un jour ou l’autre, quand règnent l’impunité,  l’arrogance et l’arbitraire. C’est ce qui est arrivé au Gabon.

Vouloir donc, à partir d’un lobby diplomatique, faire d’un Chef d’Etat qui alimente lui-même une crise politique dans son propre pays un médiateur dans une autre crise dont la cause, est le bâillonnement des normes démocratiques  est une initiative drôle.

Et c’est à la fois un  manque de sérieux pour le peuple qui subit cette crise et pour l’Afrique et une légitimation des dérives dont le régime de ce Chef d’Etat annoncé en médiateur est déjà auteur.

Le Piroguier

Voir aussi

djibo-ka-senego

CNDT- Djibo dévoile les contours de sa mission

Le président de la Commission nationale du dialogue des territoires (CNDT), a dévoilé le contenu …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Open