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Et si on en parlait… Législatives : Tanor sauve sa peau

 Finalement, le PS tendance Tanor ira aux élections législatives avec la coalition du Macky, une jachère politique qu’il n’envisage pas de quitter. Ce serait non seulement perdre de succulents privilèges, mais se jeter dans une marre mortelle qui rendrait bien compte l’effritement de son parti.

D’abord, le PS n’est plus ce qu’il était. Depuis 2000, ce parti dégringole irréversiblement. Les Collectivités locales qu’il a remportées ne son point l’œuvre du parti, mais celle de personnalités socialistes qui ont individuellement mené une bataille de terrain, malgré des coups bas fomentés par des camarades encagoulés.
Les Sénégalais ont, dans leur écrasante majorité, tourné le dos au PS OTD. Son avènement a provoqué une spirale d’échecs électoraux et une saignée du parti en raison d’une gestion unilatérale, clanique et condescendante. Lucide et intelligent, Ousmane Tanor Dieng sait mieux que quiconque que son avenir politique dépend de Macky Sall à qui il manifeste une loyauté, une allégeance et un dévouement identique à une subordination.
C’est ce que refusent des mastodontes du parti comme Khalifa Sall, Barthélémy Diaz, Bamba Fall, Aissata Tall Sall, Babacar Diop, entre autres. Pour Tanor, présenter une liste du PS pose deux problèmes : il se retrouverait dans une situation énigmatique avec les investitures qui ne devraient léser personne ; ce serait également suicidaire car il sait mieux que quiconque que sur le plan des suffrages, le déclin électoral du parti a tout, avec lui, l’image d’une dégringolade irréversible.
À presque 70 ans, il est à la veille d’une retraite politique. Sur le plan électoral, il ne peut plus avoir ce qu’il avait. Les citoyens sont devenus indifférents à son égard et il est terriblement contesté dans son parti jusqu’à essuyer des jets de pierres au cœur de la Maison de Parti, appellation surannée qui renvoie au bolchévisme.
Resté dans le maquis marron-beige, couleur pain chocolat, c’est se mettre à l’abri d’une catastrophe électorale qui le précipiterait tristement à la porte de sortie. Macky Sall ne badine pas avec ceux qui expriment des positions qui le contrarient. Cheikh Bamba Dièye, Malick Gackou, Abdoul Mbaye, Amsatou Sow Sidibé et même Moustapha Cissé Lo et Aminata Touré en savent quelque chose.
Le maintien de Aminata Mbengue Ndiaye, de Serigne Mbaye Thiam et la promesse qui aurait été faite à Tanor de trôner à la tête du Haut Conseil des Collectivités Locales, une juteuse et protocolaire institution, ne s’expliquent que par leur extrême allégeance à Macky Sall. Être avec son parti aux élections législatives est conséquemment, pour Tanor et ceux qui, dans le bureau politique du parti, relèvent de son obédience une question de survie politique.
Mais cette décision n’est pris ni en Comité Directeur, ni en Congrès. Elle est unilatérale car Tanor sait bien qu’elle ne passerait point en Congrès. La suite logique sera indubitablement, la présentation d’une liste parallèle qui s’élargirait sur le reste du Sénégal sous l’appellation de  « Taxawu Sénégal ».Le camp Khalifa n’accepterait point cet unilatéralisme qui illustre davantage la cassure que subit le PS. Tanor n’en est point ébranlé : l’essentiel est qu’il sauve sa peau.

Le Piroguier/rewmi quotidien

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