Macky-Sall-foule

Et si on en parlait…Macky, candidat du PDS en 2019 ?

C’est Karim Wade que le PDS a désigné pour être son candidat à l’élection présidentielle de 2019. Cette décision n’a été prise ni en congrès ni à la suite d’une rencontre consensuelle. Il fallait juste le faire pour l’élever au rang de prisonnier politique. Et le résultat est la pression nationale et internationale qui a abouti à sa libération insolite et controversée.

Mais rien ne présage que Karim Wade est un candidat authentique du PDS, un candidat prêt à descendre, lui-même sur le terrain, se rendre dans le Walo, le Saloum, le Cayor, le Sine, le Fouta, pour se baliser la voie. A-t-il le halo politique, l’assise sociale et le aura des grands leaders pour ramener le PDS au pouvoir ? C’est une grande question.

Mais jusqu’ici, le parti de Wade n’a en son sein aucune personnalité politique qui a la dimension, le charisme et la force d’attaque pour arracher le pouvoir des mains de Macky Sall. Non seulement il se vide avec une spirale de démissions et de défections, mais il se cherche encore dans un contexte où, avec les négociations souterraines et louches qui ont abouti à la libération de Karim Wade, il semble plus proche du pouvoir que de l’opposition.
Le PDS défend, d’ailleurs, Macky Sall contre Idrissa Seck, l’ennemi commun. Il ne crache pas sur ce qui est appelé des retrouvailles libérales. Il incline plus vers Macky Sall, le frère libéral, que vers le camp adverse. Tout ne se dit pas en politique. Mais, il appert que l’autorité politique du PDS et celle de l’APR mènent des discussions secrètes pour parvenir à un consensus de retrouvailles.

Le scénario se mettrait certainement en action après les Législatives. Les caciques du PDS considèrent que le parti doit aller seul aux Législatives pour se doter de nouveau une force politique institutionnelle et se consolider.

Dans cette perspective, Karim Wade en sera-t-il tête de liste ? Mènera-t-il campagne comme ferait un leader libéral ? C’est la plus grande question car de très nombreux libéraux, dans le secret de leur rencontre et de leur intimité, savent que le fils de Wade a énormément de limites.

Il a été proclamé candidat du PDS, mais il ne montre nulle part un engagement politique déterminé pour en assurer la mission. En politique, il n’a jamais parlé aux Sénégalais. En se rendant au Qatar, de cette manière, il a perdu la plus grande occasion de se donner un élan politique. Il a subi l’épreuve de la prison pour des raisons politiques et n’a pas eu la présence d’esprit d’en tirer profit. Il a été digne dans la peine carcérale, mais il n’a point montré une ténacité politique qui en fait un candidat sur qui compter.

Après les Législatives, le PDS sera obligé de confirmer, non par des déclarations mais par l’action politique et publique, une candidature. Celle de Karim Wade ressemble, avec les événements en cours, plus à un exutoire politique qu’à une réalité. Son exil l’éloigne et le disqualifie s’il ne démontre pas sa force sur le terrain et sa foi en sa candidature en s’adressant aux militants et aux Sénégalais, aussi bien en Français que dans un Wolof châtié pour montrer qu’il est bien contre Macky.

Mais cette hypothèse est peu probable. Et le PDS pourrait bien poursuivre ses négociations, tractations, pourparlers et deals secrets avec l’APR pour faire de Macky le candidat libéral en 2019. C’est bien possible.

Le Piroguier

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