Et si on en parlait… MACKY FERA BIEN SEPT ANS

Tout renseigne que Macky Sall est loin d’un quinquennat ou d’un référendum. Lors de son discours à la veille du nouvel an, il n’a nulle part évoqué la tenue d’un référendum sur la réduction de son mandat. Son Ministre-Conseiller, Ismaël Madior Fall a, dès le lendemain, apporté des orientations de ses intentions à partir de l’avis du Conseil constitutionnel.
La majorité présidentielle s’accroche sur le septennat avec un radicalisme qui en dit long sur le rejet d’un quinquennat. Les mastodontes du régime plaident pour cette cause jusqu’à verser dans la menace.
Lors de la cérémonie de consécration de l’Homme de l’année 2015, le récipiendaire Cheikh Kanté, haut responsable politique de l’Apr, a déclaré avec force que le rendez-vous est la réélection de Macky Sall en… 2019. Il s’y ajoute que le cabinet présidentiel et la majorité parlementaire restent inextricables au septennat. Dans le secret de son intimité, Macky Sall sait qu’un référendum pour un quinquennat dans le contexte actuel est politiquement suicidaire. Encore que son régime glisse vers les abysses de l’impopularité avec des responsables politiques si ostentatoires dans leurs forfaits que des électeurs épient une occasion pour défaire Macky afin qu’il les emporte dans sa chute.
Mieux, en gardant le silence sur un référendum et en convoquant les avis du Conseil constitutionnel et du Président de l’Assemblée nationale qui lui est dévoué, il s’octroie un rejet de toute convocation d’une élection présidentielle ou d’une consultation référendaire. Les avis du Conseil constitutionnel et du Président de l’Assemblée nationale lui seraient favorables, sans appel.
Un, il serait insolite de voir le Conseil constitutionnel lui émettre un avis susceptible de le mener au déluge électoral. Deux, la majorité parlementaire est la sienne. Trois, l’opposition actuelle n’a pas la force politique pour imposer un désordre public au cas où il serait amené par l’avis des Institutions de la République à poursuivre son mandat jusqu’en 2019. Et quatre, Macky détient l’État qui a le monopole de la violence légitime. Or, quand l’État est faible, les Institutions périssent et s’il est fort, il écrase. Et avec Macky, l’État est toujours fort.
Les Sénégalais ne seront indubitablement pas appelés aux urnes avant 2019. La légitimité et le respect de la parole donnée risquent de s’effilocher devant la force du droit et le soutien de forces sociales et religieuses qui pèseraient pour Macky Sall.
Déjà, il a réussi, avant, pendant et après le Maouloud à bénéficier de soutiens de cités confrériques de la plus influente à la moins opérante. Les discours tenus à son endroit renseignent largement sur l’adhésion des autorités religieuses à sa personne.
Tout est ainsi réuni pour la non-tenue d’une élection présidentielle avant 2019. La voie est tracée : un référendum est improbable ; le juridisme s’apprête à mettre en scelle l’État de droit ; la force de frappe de l’opposition s’est ramollie, manquant de leader charismatique incontournable et de capacités instantanées de mobilisation et des forces religieuses confrériques semblent être prêtes pour s’ériger en boucliers au bénéfice de Macky Sall.

Le Piroguier

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