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Et si on en parlait… Marche du 14 Octobre :  Benno Bokk Yakaar parie et planifie un échec

Le défi est gigantesque pour l’Opposition sénégalaise. Le 14 Octobre 2016, elle doit prouver qu’elle est une force politique capable d’incliner la balance. Et cette fois, elle est identique à un étudiant en examen final.

Elle doit réussir ou quitter l’Amphithéâtre de la bataille politique. L’expression de sa force de frappe et l’imposition de sa présence politique pour une alternative au régime actuel est une exigence de survie. Jusqu’ici, elle soliloque et claudique. Elle trébuche et beugle. Elle s’égare et piaille. Elle semble ne savoir, ni où elle est, ni où elle va.

Dispersés et disparates, hétéroclites et incohérents dans leur démarche, les partis d’Opposition regroupés aujourd’hui dans une nouvelle et autre coalition, FDS/ Wattu Sénégal, sont à un moment décisif et ont en face un pouvoir libertaire et téméraire qui, pour vivre et survivre, se permet tout dans l’usage abusif de l’appareil d’Etat et le maniement de l’instrument judiciaire contre ceux qui le dérangent.

Déjà, toutes les réactions de militants, et surtout de responsables APR ainsi que celles de membres de la coalition Benno Bokk Yakaar, sont un pari négatif : cette manifestation du 14 octobre sera, pour eux, un cuisant échec.

Ce pari est sérieux. Pour saboter la nouvelle dynamique unitaire de l’Opposition, la fragiliser ou même l’hypothéquer, il est bien probable que le Pouvoir engage une ouverture ciblée envers des partis dont certains même, comme le PDS, ont une démarche nébuleuse rythmée de paradoxes.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’un code de conduite auquel devraient, pour l’éthique et la constance, se soumettre tous les partis membres de la nouvelle coalition, est exigé.

Mais ce code de conduite n’est ni une contrainte, ni une loi ancillaire pour un parti qui frappe le jour et caresse la nuit, critiquant le régime à la faveur des opportunités médiatiques, mais posant avec lui des deals clandestins qui mettent devant le fait accompli.

Benno Bokk Yakaar a pour point d’appui, contre l’Opposition, la sournoise querelle de leadership qui la mine, le jeu antinomique de certains chefs de parti dont la démarche politique est à la fois amorphe et ténébreuse, et la somnolence dont font preuve les partis classiques qui voient de nouvelles forces de refus émerger devant et au-dessus d’eux.

En pariant un échec, Benno Bokk Yakaar qui tient le Pouvoir et l’Etat, serait alors bien sur la préparation d’une contre-attaque. Celle-ci ne passerait que par un chambardement de la géopolitique avec la nomination de membres de partis d’Opposition au HCCT et par une prise en cible de personnalités politiques de la nouvelle coalition au détour d’accusations et de diabolisation pour une démoralisation et un abattement des troupes.

Les antennes de RG seront mises en branle. Des sycophantes pourraient indubitablement être mobilisés au sein même de certains partis d’Opposition pour filer les plans élaborés, espionner astucieusement les réunions et procéder à des délations qui seraient des armes de déstabilisation et de destruction pour Benno Bokk Yakaar qui dispose, en plus, de l’Etat.

Rien n’est encore joué. L’Opposition parait certes décidée, mais Benno Bokk Yakaar mesure bien l’effet que pourrait avoir une retentissante marche politique de contestation et de dénonciation sur sa mouvance.

Atteindre le régime de Macky Sall est très facile à cause des si nombreuses forfaitures qui agacent les citoyens. Mais ce régime sait aussi faire face, malheureusement, en usant et abusant de l’appareil d’Etat. En pariant un échec, il fomente certainement une contre-offensive.

Le Piroguier

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