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Et si on en parlait… PDS : entre Omar Sarr et Cheikh Tidiane Sy, le problème est entier

La liberté provisoire accordée à Oumar Sarr, Toussaint Manga, Victor Sadio Diouf, Bamba Diouf et les autres n’est pas, pour le Pds, une garantie de stabilité interne. Au contraire ! Wade a encore commis l’erreur de suivre ses instincts dirigistes en désignant Cheikh Tidiane Sy pour conduire le parti, le temps de l’incarcération d’Oumar Sarr.

Ça grogne déjà çà et là dans le parti non que Cheikh Tidiane Sy ne soit pas la personne désignée mais qu’il s’illustre par un manque d’allure à la fois combattante et conquérante capable de faire de lui l’homme qu’il faut pour l’unité du Pds et sa reconquête du pouvoir.

Ce fut une erreur que le parti risque de payer cash. En mettant en scelle Cheikh Tidiane Sy pour la direction politique du Pds, il sème une division belliciste qui risque d’aboutir à des clivages aux dépens des libéraux eux-mêmes. Au-delà même de la personnalité d’Oumar Sarr que n’illumine aucun charisme capable de faire de lui une alternative immédiate et incontournable, c’est celle de Cheikh Tidiane Sy qui ne s’accommode point des militants. Autoritariste et impérieux, arrogant et condescendant, l’ancien ministre de la Justice est catalogué comme un faucon, un cliché qui l’isole et le singularise.

Au siège du Pds, ça rouspète. Cheikh Tidiane Sy n’a aucune base locale. Il n’a été d’aucun combat. Il a déserté quand les autres responsables étaient au front à leur risque et péril.

Cheikh Tidiane Sy n’a rien d’un leader et d’un meneur de foule. Par conséquent,  les militants considèrent qu’Oumar Sarr          doit immédiatement reprendre sa place et poursuivre le combat politique.

Mais le problème du Pds va au-delà d’éventuels clivages pour la direction et le management du parti. Sa tragédie est, en l’absence de Wade cloué par l’âge, un manque d’un leader charismatique qui soit l’autorité unificatrice de l’ensemble des militants.

Déjà, le groupe parlementaire du parti, le groupe « libéraux et démocrates » est fissuré par des antagonismes relayés par des structures locales qui attisent les clivages et alimentent d’irréversibles fractionnements.

En vérité, le Pds vit une période transitoire dont nul ne peut clairement et radicalement présager l’issue. Le clan de Fada ne va point fléchir. Le camp d’Aida Mbodji ne va jamais abdiquer. En face d’eux, deux hommes, fades et sombres, qui se prévalent de leurs statures du temps du pouvoir libéral pour prétendre à la direction technique et politique du parti, Wade assumant l’orientation morale.

Dans les fédérations et les secteurs, les clans sont radicalement élaborés. Deux Pds s’affrontent : le Pds de Fada et le Pds de Aida Mbodji, l’autre Pds qui va irréversiblement vers un affrontement, à moins que Cheikh Tidiane Sy, le dernier venu et que nul n’épiait ne plie bagage.

Mais il est clairement défini déjà que le Pds a un problème entier, un immense problème de leadership, de direction politique  et de cohérence à cause d’un nombre élevé de responsables libéraux qui,  dans l’exercice de leur responsabilité, oublient toujours la représentation morale de leur fonction. Et surtout leur incapacité d’assurer la relève.

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