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Et si on en parlait… Remords de Macky : le médecin après la mort

  • Date: 3 mai 2016

C’est dans un élan d’animosité et même de rancune que Macky Sall, arrivé à la tête de l’État, s’est empressé à retourner dans le dépotoir de l’histoire pour extraire des archives la CREI. Les conditions dans lesquelles il a rompu avec le PDS et la conspiration qu’il a subie à l’Assemblée nationale quand il en fut le téméraire Président qui a osé convoquer le tout-puissant fils de son père, Karim Wade, relèvent d’une rude épopée. Et elles ont nourri en lui une amertume insoutenable qu’il a voulu juguler par la CREI.

En fait, au-delà de l’homme d’État et de l’homme politique, il est aussi un être humain. Il n’est pas à l’abri des défauts comme la colère, la haine et l’emportement. Mais son plus grand problème est qu’il ne se rend jamais compte qu’il faut parfois céder. L’avis d’autrui ne l’importe guère. Seul son jugement joue dans ses décisions et sa façon d’agir.

Malgré son apparence tranquille, il est très coléreux. Il est préférable de ne jamais lui tenir tête comme Karim Wade, à l’ombre de son père, l’a fait. S’il réagit ou se venge, il peut-être brute et même violent.

Malheur à celui qui le défie ou se met sur son chemin ! Il ne l’épargnera pas et peut même être méchant. Il est comme un buffle dont personne ne peut freiner l’élan. S’il cogne, il fait très mal.

Il lui est impossible de fléchir. Et c’est ce qui lui arrivé avec son ancien parti. Pour solder les comptes, il a éprouvé une sorte de satisfaction en voyant cette CREI si controversée soumettre Karim Wade et certains libéraux à une épreuve carcérale infernale. Il a donc pris sa revanche.

Mais, aujourd’hui, après avoir donné des coups mortels, il regrette. Il a un remord, celui d’avoir été trop dur, voire même féroce avec ses anciens frères et sœurs du PDS. Mais son remord est le soupir d’un médecin après la mort.

Son compagnonnage avec ce parti et son cheminement avec Wade sont indissociables de son histoire politique. Lui-même reconnait l’immense générosité qu’il a bénéficié du père de Karim Wade.

Qu’il l’ait donc dit en public ou qu’il ne l’ait point dit, il regrette amèrement d’avoir agi de la sorte. Mais le vin est tiré. Il faut le boire.

Comment faire pour se rattraper ? Faire libérer Karim Wade ? Ce serait pour lui un déboire que l’histoire ne lui pardonnera jamais. Son remord le met conséquemment dans une situation énigmatique. Cette CREI a fait couler beaucoup d’encre au Sénégal et dans le reste du monde. Et en regardant le rétroviseur et la situation présidentielle qu’il occupe, il découvre que la toute puissance du mal n’aboutit qu’à des actes inutiles.

L’embastillement de Karim Wade est controversé jusque sur la scène internationale. C’est Macky qui l’a fait faire. Mais si c’était à refaire, il utiliserait une autre voie.

Déjà, en donnant à Aida Ndiongue que la CREI a fait claustrer une accolade devenue historique et en exprimant sa tristesse à la vue de la maison de Wade, une maison dont il connait certainement la géographie secrète de son architecture, il exprime une volonté de voir le cours de l’histoire emprunter un autre parcours.

Mais n’est-il pas déjà trop tard ? N’est-ce pas le médecin après la mort ?

Le Piroguier

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