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Et si on en parlait… Touba et ces Tartuffes de la classe politique

  • Date: 17 novembre 2016

Touba est une Cité religieuse qui, comme d’autres Cités confrériques du Sénégal, pèse dans l’orientation du destin national et sur les suffrages électoraux. C’est pourquoi, à la veille du Grand Magal qui célèbre le Triomphe de Cheikh Ahmadou Bamba sur l’arbitraire colonial, les politiques se drapent de manteaux de Bienheureux aux âmes pures pour ruer vers la Cité, avec une volonté encagoulée de bénéficier d’un atout de bénédiction à exploiter.

La fausseté est qu’ils n’ont pas la même attitude à l’égard des autres Cités religieuses. C’est donc de la tartufferie. Ils oublient que Touba est indomptable et se suffit à elle-même. Si la comédie démagogique y faisait vaincre, Macky Sall et sa majorité n’allaient jamais y perdre des élections.

Ce défilé de responsables politiques et Chefs de partis n’est qu’une quête de halo auprès de l’Autorité mouride et de préséance dans Touba en vue des enjeux électoraux qui s’annoncent. La supercherie devient alors excessive, surtout quand ils  délirent devant la presse pour ne parler que politique.

Heureusement que dans toutes les Cités confrériques, le Ndiguel n’est plus concluant en politique. Les disciples sont aussi des citoyens qui savent maintenant faire la différence entre la spiritualité et le jeu de politiciens qui ne cherchent que le Pouvoir et son Avoir. Le citoyen, chrétien ou musulman d’obédience mouride, Tidiane, Niassène, Layène ou Khadre, a conquis la liberté de participer aux choix politiques, de contrôler les gouvernants ou de les remplacer  dans le secret de l’isoloir s’il ne le satisfait pas.

Cette quête de réseau clientéliste maraboutique qui explique ce défilé de politiciens à Touba est illusoire. Elle ne peut incliner une tendance électorale défavorable à un parti, une coalition ou un candidat à une élection.

Touba a changé avec les politiques

         L’espace politique était sous le monopole du PS qui disposait, quoi qu’on dise, d’hommes d’Etat respectueux, ayant un sens élevé de la République. Les fortes relations que certains d’entre eux entretenaient avec les Khalifes généraux étaient telles qu’ils bénéficiaient de leur amitié et de leur soutien.

Senghor, puis Diouf avaient recours au clientélisme confrérique pour bénéficier de leur soutien afin de drainer le vote des sociétés rurales. Wade l’a tenté et a échoué. Macky Sall est sur cette voie. Mais il n’y parviendra point.

Ce temps est révolu. La classe politique actuelle est plus parasitaire que vertueuse. Elle est animée par des intérêts partisans et personnels compris par tous. Sa nature instable, vicieuse, fausse et boulimique, ne peut s’accommoder de la sainteté et de la pureté qui embaument les Guides religieux pour qu’ils instruisent des Ndiguel en faveur d’un de ses membres ou d’un parti.

Complémentarité et non confusion

            La tartufferie des politiciens ne passe plus. Les Religieux leur manifestent, dans le sillage de la Téranga sénégalaise, une courtoisie et les accueillent avec civilité. Mais aucun ne se confond à eux. La politique est  circonstancielle. La religion est éternelle. Entre elles, ne peuvent exister qu’une complémentarité mais jamais une confusion.

Tout Guide religieux qui donne un Ndiguel de vote en faveur d’un candidat altérerait la respectabilité dont il jouit. Jusqu’ici, du côté du Pouvoir comme de l’Opposition, n’émane vraiment pas un novateur projet d’avenir à l’échelle de notre temps qui satisfait chacun et tous. Les Guides confrériques, ou du moins leurs influents entourages, en sont bien conscients.

Et si les élections n’obéissent qu’à la loi marécageuse de l’entropie politique, c’est parce que la classe politique sénégalaise actuelle a un déficit de crédibilité. On en parle dans toutes les Cités confrériques.

C’est du bout des doigts qu’on compte les responsables politiques justes, animés de sacerdoce, de vérité et d’intérêt national. La classe politique est plutôt composée de filous, de condottieri, d’apostats, de prédateurs impunis, de pirates chasseurs de trésor, de boucaniers, d’insulteurs à gage et flibustiers  d’élite qui valsent d’un camp à l’autre sans conviction.

Et ils sont aussi de brillants comédiens qui, en période de manifestations religieuses de grande envergure comme le Magal ou le Gamou, se drapent du manteau de Tartuffe pour se donner l’image de vertueux sur qui compter. Mais ils ne croient qu’en leurs intérêts.

Le Piroguier

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