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Et si on en parlait… Un pouvoir d’Etat « démackyllé » par la politique politicienne

Qui eut cru que le pouvoir d’Etat que Macky Sall a conquis haut la main et avec la confiance de la majorité de l’électorat sénégalais, offrirait, quatre ans après, la face indigeste d’un régime autoritariste, budgétivore, politicien, populiste et je-m’en-foutiste qui met la gouvernance vertueuse à l’abime ?
Qui eut cru que ce Macky Sall, hier victime de conjuration politique pour avoir réclamé à l’Assemblée nationale dont il fut Président un audit parlementaire de Karim Wade pour une clarification de sa gestion financière, protégerait aujourd’hui des prédateurs parce que simplement ils lui sont proches ou sont de son parti ?

C’est une tragédie de constater que ce Macky Sall n’est plus Macky Sall. Méconnaissable, aux antipodes du discours de campagne qu’il tenait et en marge radicale de l’espoir pour lequel il a été élu, il est devenu un autre Macky Sall, irascible et autoritariste, que la puissance du mal politicien met sur une orbite de désastre.

Abus de pouvoir, responsabilisation politique désinvolte, promotion de délinquants financiers, protection de prédateurs de finances publiques, réplique politicienne ordurière, boulimie de sinécures, institutions partisanes peuplées de somnambules, d’absentéistes et de cumulards, ainsi se singularise son régime qui, aveuglément, donne le sceptre au parjure au nom d’un pouvoir constitutionnel absolutiste qui n’a que faire du bon sens.

Et pourtant ! Et pourtant ! Et pourtant, il y a moins de cinq ans, le peuple s’est ému de son cas, a vite oublié qu’il fut un terrible auxiliaire du régime libéral après avoir cheminé avec les trotskistes et a porté, au 2nd tour, une confiance en lui. Il était le moins mauvais qui y arriva. Son challenger Wade a été sanctionné et il a ramassé le pouvoir.

En campagne électorale comme aux premières heures de sa gouvernance, il a juré la primauté de la patrie sur le parti. Le peuple découvre qu’il a été abusé. Il a prédit une gouvernance vertueuse et sobre. Les citoyens se rendent compte qu’ils ont été leurrés. Et il tend la main à des voleurs habiles du régime défait qui, ayant transhumé, vers son parti, se retrouvent à l’abri.

Son gouvernement est l’un des plus pléthoriques du continent africain. Il est composé de peu de cadres et de beaucoup de cancres qui entourent une table largement élargie par un menuisier pour la tenue de Conseils des Ministres. Et parmi ces Ministres, un a avoué être nommé grâce à Madame de Monsieur. Qui eut cru une telle abjuration sous Macky Sall ?

Avec son régime, tout haut fonctionnaire qui révèle une imposture financière commise par ses proches subit le trépas d’un abus de pouvoir qui lacère le cœur des démocrates et des militants de la bonne gouvernance.

Il est « jeune », dit-on. Mais l’histoire politique de l’Afrique renseigne que tous les despotes et les dictateurs sont arrivés au pouvoir à un âge jeune, les délices d’Etat les transformant tous en oppresseurs. Certes la démocratie est le vent qui souffle sur la civilisation sénégalaise. Mais l’abus de pouvoir et la folie gouvernante la menacent par un régime sûr de son impopularité grandissante et du rejet massif des actes qu’il pose.

Ce Macky que nous aimions n’est plus le même. Son régime est « démackyllé » par d’abjects actes et de viles méthodes politiciennes qui ne répondront jamais à la question de la rupture et d’une émergence qu’il clame sans aucune apparition de bourgeons.

Le Piroguier

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