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Et si on en parlait…VACANCES CITOYENNES : Et si on présentait un compte-rendu financier

L’idée d’organiser des Vacances citoyennes est une ingénieuse trouvaille. Mobiliser des jeunes dans une dynamique d’utilité publique, est une initiative louable qui encourage à une participation à la vie de la Cité avec une volonté de véhiculer des valeurs républicaines en vue de faire évoluer à la société.

Seulement, quand dans la trajectoire de caravanes incitant à la citoyenneté, la jeunesse chante et danse plus qu’elle engloutit en elle une lecture novatrice de la citoyenneté, le principe de la galvaniser autour de valeurs d’avant-garde devient le synopsis d’une vraie comédie de boulevard.

La controverse, l’indifférence de nombreux jeunes et la polémique sur l’immense fortune mobilisée et dépensée « pour joindre l’utile à l’agréable », a-t-on dit, sont la conséquence logique d’une démarche dispendieuse qui nécessite un compte-rendu financier qui donnerait raison aux organisateurs et tort à ceux qui crient au gaspillage de l’argent du contribuable.

Des centaines de millions de francs CFA ont été décaissées. Plus de 100 millions auraient été mis, parait-il, au bénéfice du bien public par la réfection d’écoles, d’hôpitaux, de centres de santé, d’infrastructures communautaires, une charge pourtant dévolue aux collectivités locales. Est-ce du tape-à-l’œil ? Certains le supposent. Beaucoup d’observateurs et de citoyens s’interrogent sur les effets bénéfiques de ces caravanes festives et récréatives si onéreuses dans le contexte actuel.

La polémique sur le budget, l’absence d’un tableau comptable qui permet une gestion organisée et limpide du financement des activités menées, et les querelles enregistrées ça et là, renseignent bien d’une nébuleuse qui entoure ces Vacances citoyennes à controverse.

Certes, le Ministre qui en a la charge s’est battu à mort contre les tentatives de récupération et d’orientation partisane de ces activités, somme toute divertissantes et distractives, mais les nombreux impairs allant de l’animation des concerts au financement de projets de jeunes à hauteur de 3 milliards, nécessitent un rapport précis et détaillé pour convaincre du sacerdoce qui aurait alimenté l’organisation de cette caravane de danse et de festivité.

Aucune œuvre humaine n’étant parfaite et aucune activité publique financée par l’Etat ne pouvant être dispensée de critiques même contestataires, il faudrait manquer de retenue et de sagesse que de vouloir répliquer avec une arrogance agaçante contre ceux qui formulent des critiques dont l’écoute permet de faire mieux et plus.

Dès lors que le Président de la République miserait sur la jeunesse pour son rôle dans la « préservation de la paix, des équilibres sociaux, du développement et de l’émergence », comme le rappelle si bien le ministre de la Jeunesse, il est normal que cette jeunesse et ceux qui œuvrent dans le sillage de son épanouissement, s’interrogent sur la partialité de certaines activités qui lui sont destinées, sur les connexions politiques astucieuses entre organisateurs et animateurs et sur l’usage des millions déboursés pour le financement d’activités récréatives.
Il ne faut pas s’irriter. Ce n’est ni de la méchanceté, ni de la malveillance que de poser des questions qui font déjà débat de rue. L’impulsion arrogante, l’emportement bouillant et les répliques exubérantes ne doivent point être l’apanage d’une personnalité d’Etat, si fougueuse et si jeune soit-elle.

Pour une appréciation à l’applaudimètre, une cérémonie publique de compte-rendu aurait dû être organisée pour une présentation des résultats, des acquis, des manquements, des financements alloués en présence des bénéficiaires, des erreurs et des failles flagrantes de ces Vacances citoyennes qui, louables en principe, ont trop fait de certains jeunes des cigales qui ont chanté et dansé face à des congénères fourmis qui cherchent à travailler.

Le Piroguier

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