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Et si on en parlait… Violeurs de l’Onu : Savoir qui envoyer sur le terrain

En se démettant du  général Gaye, Ban-Ki-Moon n’a fait que différer le problème. La vérifiable équation dans les missions de l’Onu, c’est la qualité des personnels militaires qu’on envoie sur le terrain. Comment savoir s ils ne se comporteront pas comme des voyous, une fois hors de  portée de vue ?

La responsabilité en incombe aux  pays membres des Forces de maintien de la paix des Nations unies afin qu’ils prennent des mesures concrètes. Chercher la tolérance zéro pour des cas de viols  et de meurtres de civils commence d’abord par l’engagement plus ferme, des  pays auxquels appartiennent les auteurs.

Il s’agira donc, comme le suggère le directeur d’Amnesty International France, de  leur demander notamment de s’assurer, en amont, de la sélection de leur personnel et de  certifier qu’ils envoient « du personnel qui n’a pas d’antécédents judiciaires.

Tant que cela ne sera pas  fait, on fera toujours avec l’imprévu ,alors que  pour un simple concours de police ou de gendarmerie, personne ne blague avec le certificat de bonne vie et mœurs.

Par ailleurs, il leur demande de « mettre en place une formation » pour s’assurer que ces troupes comprennent bien dans quel cadre elles vont évoluer.

Depuis la révélation, mardi 11 août, par Amnesty International de nouvelles accusations de viol portées contre les Casques bleus, en Centrafrique, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a multiplié les gestes forts avec, notamment le limogeage sans précédent de Babacar Gaye, une visio-conférence en urgence avec l’ensemble des chefs de mission des Nations unies dans le monde pour les rappeler à l’ordre ainsi qu’une réunion spéciale à huis clos au Conseil de sécurité.

Ban Ki-moon a promis la « tolérance zéro ». Un noble objectif pour Stéphan Oberreit, directeur d’Amnesty International France, mais les pays membres des Forces de maintien de la paix doivent surtout prendre des mesures concrètes.

« Certes, le Secrétaire général demande à des Etats de contribuer mais ce n’est pas lui qui a autorité directe sur ces Casques bleus, in fine », constate Stéphan Oberreit qui demande, par conséquent, aux pays qui contribuent aux Forces de maintien de la paix des Nations unies

« Ne pas laisser ces troupes trop longtemps seules dans des contextes compliqués et donc, permettre des rotations, autant faire se peut. À nouveau, on voit que ça permet certainement d’améliorer les comportements », souligne Stéphan Oberreit avant d’ajouter que si des faits sont avérés, « être extrêmement ferme » vis-à-vis des personnes qui ont commis des délits et des crimes et de s’assurer qu’il n’y a pas, à nouveau, « d’impunité pour des personnels qui auraient commis ces crimes ».

Le Piroguier

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