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Etats-unis/Sénégal Eviter d’être un tremplin

La vague d’indignation suscitée par les propos de Trump contre les pays africains, a été matérialisée à Dakar par la convocation de l’Ambassadeur des Etats-Unis qui, dans un tweet de réaction, a tenu à magnifier les relations bilatérales excellentes avec notre pays.

Bien sûr, l’Afrique répugne mais elle attire aussi. Le Sénégal, en acceptant de signer des accords de défense avec l’Oncle Sam, avait le droit d’espérer plus d’égards de la part de son Président. Il n’en est rien. Trump a démontré à ceux qui en doutaient encore que notre pays, comme les autres de son genre, ne sont qu’un tremplin pour les Etats-Unis.

Déjà le simple fait d’instaurer un Commandement unique militaire pour ce continent, Africom, est une façon d’amorcer un processus historique de recolonisation avec des méthodes plus softs, adaptés au contexte mondial de la démocratie formelle, avec ses institutions le plus souvent sans vraie prise sur les peuples africains.

Ceux qui disent que l’Afrique n’est pas une priorité pour les USA n’ont pas tort. Mais ce pays est conscient des enjeux actuels et futurs au niveau géopolitique et économique et entend conquérir sa place dans le cœur des Africains.

Ainsi, au Sénégal, les investissements américains vont crescendo chaque année. Cela touche tous les domaines de la vie et affecte directement les populations. Ces investissements sont aussi stratégiques et que militaires.

Ainsi, une école de formation est prévue à Thiès, à 70 Km de Dakar, dans le cadre de la coopération entre les deux pays, officiellement, pour que le Sénégal assure mieux sa sécurité et que ses interventions hors de ses frontières, dans le cadre des Nations-Unies, soient plus efficaces.

Mais, à y regarder de près, pourquoi un tel engouement pour un des ‘’pays de merde’’ ?

La réponse est aisée. Le pétrole, le gaz, les autres ressources, la position géographique, avantage du Sénégal, l’intelligence de ses cadres de sécurité et son poids diplomatique surtout en Afrique, incitent ainsi Français, Américains et Chinois à y établir leurs quartiers et à ne pas se faire de cadeaux par une concurrence rude.

Mais le pays qui gagne le plus sur Macky, ce sont les Etats-Unis, même si les Français sont revenus en force.

Alors, que gagnons-nous dans cette concurrence entre pays puissants pour s’établir chez nous ?

Si l’on y regarde de près, le Sénégalais est loin de vivre mieux qu’avant. La dette du pays fait peur, ses enfants partent en masse vers d’autres pays, la pauvreté et même la famine gagnent nos régions et les querelles politiques empoisonnent notre quotidien.

Nous avons ainsi envie de dire à ces puissances que notre pays n’aspire pas à être mis sous tutelle.

Nous avons besoins d’assurer notre sécurité, de bénéficier pleinement de nos ressources énergétiques, de dégager les grandes orientations de notre diplomatie. En somme, d’exister.

Alors, la coopération est certes utile, mais elle ne vient qu’en appoint. Elle ne doit nullement nous dicter la conduite à tenir, encore moins se substituer au génie local.

Nous l’avons assez démontré dans le football où l’entraineur sénégalais à qui nous avons fait confiance, nous a fait nous qualifier au Mondial 2018. Il en est ainsi de tous les autres secteurs. Si nous croyons en nous, nous pouvons réussir. Dans le cas contraire, nous périrons.

Les ‘’sorciers blancs’’, c’est un simple mythe.

Georges Emmanuel Ndiaye

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