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ÉTUDES A L’ÉTRANGER Attention danger !

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), Mary Teuw Niane, a demandé aux parents désirant envoyer leurs enfants poursuivre des études à l’étranger, de ’’faire très attention’’.

De nos jours, beaucoup de jeunes sont tentés de partir faire des études à l’étranger. Et pourtant, on peut réussir sa vie en faisant des études dans son propre pays. On n’est  plus à même de contribuer au développement de son pays en faisant des études chez-soi. Ça c’est l’avis du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Invité de la rédaction de l’APS, Mary Teuw Niane a profité de l’occasion pour dire aux familles de faire très attention. ‘’J’ai vu passer beaucoup de parents, et souvent avec leurs enfants, qui sont désabusés, déboussolés et qui ont perdu énormément d’investissements, pour avoir parfois vendu des maisons, pour les envoyer à l’étranger’’, a-t-il dit. Mary Teuw Niane a déploré ’’la perte de beaucoup de talents’’ à l’étranger, à cause de mauvais choix de filières d’études ou de la cherté de la formation, entre autres. ’’J’invite les uns et les autres à regarder les enfants des voisins, souvent ceux qui sont restés au Sénégal et qui s’insèrent plus facilement que ceux partis à l’étranger’’, a lancé le ministre. Selon lui, plusieurs étudiants sénégalais vont à l’étranger et reviennent pour ensuite s’inscrire dans les universités sénégalaises. ’’Nous perdons beaucoup de talents (…) Aujourd’hui, nous avons tendance à aller en Amérique du Nord. En Amérique du Nord, le coût des études est très important’’, a-t-il prévenu. ’’Beaucoup de familles envoient leurs enfants à l’étranger. Face à la difficulté de la vie, ils arrêtent les études et travaillent dans des métiers précaires et finissent par ne plus étudier’’, a expliqué l’ancien recteur de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Mary Teuw Niane a assuré que son département ministériel entend promouvoir ’’le label étudier au Sénégal’’, soulignant que deux étudiants sénégalais, un de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et un autre de l’université Assane Seck, ont réussi le concours d’entrée à l’Ecole polytechnique de Paris. ’’Chez nous, la qualité existe. Nous avons de la qualité. Ce qui nous a manqué, c’est la continuité des enseignements parce que nous avons eu des perturbations. Aujourd’hui, nous sommes sur la voie du redressement. Il est mieux d’investir chez nous’’, a-t-il ajouté.  Par ailleurs, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a estimé que le Sénégal n’a pas assez de bacheliers et d’étudiants, contrairement à une opinion couramment répandue. « J’entends dire qu’il y a trop de bacheliers. Ce n’est pas vrai. Nous n’avons pas assez de bacheliers. Nous n’avons pas assez d’étudiants », a-t-il dit.  Mary Teuw Niane a indiqué qu’en 2015, le Sénégal avait 45000 bacheliers, et 54700 cette année, compte non tenu des admis attendus en octobre. « Si nous voulons être émergents, nous sommes sur la voie, il nous faut entre 2022-2025, doubler, voire tripler, le nombre d’étudiants, particulièrement le nombre d’étudiants dans les filières scientifiques, techniques et de métiers », a-t-il fait savoir. Selon lui, « c’est un défi pour le système d’enseignement supérieur et le système éducatif en général ».

55.000 nouveaux bacheliers sont attendus pour l’année  2016-2017

Toutefois, quelque 55.000 nouveaux bacheliers sont attendus pour l’année académique 2016-2017, soit 10.000 de plus qu’en 2015, a annoncé le ministre, soulignant qu’une partie d’entre eux sera orientée dans les universités publiques. M. Niane a ajouté que le reste des nouveaux bacheliers sera ventilé dans les établissements privés d’enseignement supérieur reconnus par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) ou habilités par l’Autorité nationale d’assurance qualité (ANAQ). Le ministre de l’Enseignement supérieur a envisagé d’améliorer la plateforme campus, de concert avec tous les acteurs du secteur, dans la perspective d’orienter tous les nouveaux bacheliers dans un délai très raisonnable pour un démarrage rapide des enseignements. D’après Mary Teuw Niane, ce processus permettra de régler définitivement les retards récurrents constatés depuis quatre à cinq ans dans le démarrage des cours dans les universités sénégalaises. Il a assuré que son ministère ne ménagera aucun effort pour trouver un logement aux étudiants, cela en rapport avec les moyens mis à leur disposition par l’Etat du Sénégal.  « Il ne s’agit pas seulement de loger les étudiants dans les établissements (d’enseignement supérieur), mais aussi (il faut) les mettre dans les filières porteuses en rapport avec les besoins de l’économie », a soutenu le ministre.

Rahmatoulahi Bouchra KEBE avec APS

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