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ÉTUDIANTS ET CHERCHEURS SONT DÉSORMAIS LES BIENVENUS DANS L’UE L’Europe ouvre ses frontières pour favoriser la fuite des cerveaux

  • Date: 13 mai 2016

L’Union européenne (UE) vient d’adopter, ce mercredi 11 mai, une nouvelle réglementation qui permettra, désormais, aux étudiants et chercheurs de rester dans leur État membre d’accueil au moins neuf mois après avoir terminé leurs études ou leurs contrats, afin de trouver un travail ou de créer leur propre entreprise.

L’objectif est clairement annoncé, il s’agit de « faire progresser l’Union européenne (UE) dans la course mondiale aux talents et promouvoir l’Europe comme centre mondial d’excellence pour les études et la formation ».

Le site du Monde qui donne l’information précise que depuis 2013, bien avant que la crise migratoire ne vienne ébranler l’Union, la Commission européenne cherchait à réviser sa réglementation afin de rendre  les 28 États membres plus attrayants pour les jeunes « cerveaux » des pays tiers, déçue de les voir  quitter l’Europe une fois leurs études achevées, pour exploiter leurs talents fraîchement acquis sur d’autres marchés, aux États-Unis ou au Canada par exemple.

Selon Cecilia Wikström, rapporteuse du dossier au Parlement, « cela fait trop longtemps que notre continent s’est recroquevillé sur lui-même, s’est imposé des charges bureaucratiques, a miné ainsi la compétitivité et mis des bâtons dans les roues de ceux qui voulaient créer des entreprises ».

Alors, concrètement, qu’est-ce qui va changer dans la réglementation ? Eh bien, il y aura plus de facilités pour les étudiants et les chercheurs à rester sur une période de 6 mois au lieu de trois, actuellement.

Mieux, les chercheurs pourront désormais aller en Europe accompagnés de leurs familles. Les étudiants auront, par ailleurs, la possibilité, pendant leur scolarité, de travailler jusqu’à quinze heures par semaine, contre dix actuellement.

Un statut est enfin donné aux stagiaires (rémunérés ou non), apprentis, volontaires participant au service européen et travailleurs au pair originaires de pays tiers, qui en étaient jusqu’à présent privés. Plusieurs dispositions sont prévues pour harmoniser les règles d’obtention de visas ou de titres de séjour, en établissant notamment des critères précis d’admission.

Il s’agit véritablement d’une politique de charme de l’Union européenne (UE) en faveur des intellectuels de pays tiers notamment ceux de l’Afrique pour lesquels ils ont des liens historiques, culturels, cultuels et même militaires.
Cette politique rappelle celle de Nicolas Sarkozy sur l’immigration choisie. Répondant à une question du quotidien Le Figaro, en février 2006, qui craignait justement cette fuite des cerveaux de la part de pays africains qui en avaient largement besoin, Sarkozy avait donné la réponse suivante : « Dans mon concept d’immigration choisie, je ne vise pas uniquement les cadres des pays en voie de développement. Je n’ai jamais dit qu’il fallait prendre aux autres les bacs + 10 pour leur laisser les bacs -4.

L’immigration choisie ce n’est pas simplement le haut de gamme des élites des pays en voie de développement, ce peut-être aussi des flux migratoires définis en fonction des différentes provenances. Faire venir 10 000 informaticiens de l’Inde qui compte 900 millions d’habitants ne s’apparente en rien à un pillage d’élites, en revanche faire venir 50 étudiants en médecine de la Zambie, là c’est du pillage ». Et le président Sarkozy d’ajouter : « En outre, je propose la création d’une carte spéciale qui sera délivrée aux étudiants les meilleurs en contrepartie de l’obligation de retourner chez eux afin qu’ils rendent à leurs pays une partie du bénéfice de leur formation. Pour éviter, par exemple, que tous les médecins béninois exercent en France et aucun au Bénin. Je ne crois à l’immigration choisie que dans la mesure où elle est concertée entre le pays d’arrivée – la France – et ceux de départ les pays en voie de développement ».

Pourtant, dans la directive revisitée de l’Union européenne (UE), aucune concertation n’est prévue avec les pays d’où ces chercheurs et étudiants proviennent. Il s’agit, ni plus ni moins que de favoriser la fuite des cerveaux qui est un des fléaux auquel l’Afrique se trouve, aujourd’hui, confrontée. En effet, dans la ruée vers l’Europe, non seulement les étudiants font tout pour y aller et y rester, mais des cadres déjà installés dans leurs pays d’origine vont parfois en Europe pour faire le clochard dans les rues avec de petits boulots comme vendeurs à la sauvette. Il nous a été donné de constater, personnellement, l’arrivée même d’un jeune militaire à Florence dans les années 2.000 sans que l’on sache un peu trop comment.
Si, en effet, l’Europe appuie sur l’accélérateur pour faire venir les cerveaux et compétences du Sud, cela favorisera davantage la paupérisation, l’ignorance de nos pays et partant la vulnérabilité face aux terroristes qui exploitent ces conditions de vie difficile.
Il urge alors pour les pays africains, dans le cadre des unions sous-régionales et de l’Union africaine (Ua), de réagir pour inciter et même obliger leurs fils à rentrer au bercail à la fin de leurs études.

Il va de soi que ces cadres ont tellement des difficultés à s’insérer dans le marché professionnel de leurs pays où la compétence n’est pas un critère de sélection et ils y sont tellement sous-employés et sous-payés que le risque est grand qu’il y ait une véritable hémorragie dans les prochaines années hypothéquant tous nos efforts de développement.

Assane Samb

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