SPORT

Euro 2016- Angleterre-Russie- chaos sur le Vieux-Port de Marseille

  • Date: 11 juin 2016
Lequipe.fr- la veille du match à haut risque entre l’Angleterre et la Russie, les affrontements entre supporters et les interventions de CRS se sont multipliés vendredi dans le centre-ville de Marseille. L’ambiance de chaos rappelait les violences d’Angleterre-Tunisie 1998.
Des gaz lacrymogènes utilisés à de multiples reprises, des affrontements sporadiques mais souvent violents entre Marseillais et Anglais, des bagarres avec des Russes aussi, des projectiles lancés dans tous les sens, du verre cassé plein le Vieux-Port… Dans la soirée de vendredi à samedi, flottaient dans le centre-ville de Marseille une ambiance de chaos et le sentiment que les émeutes d’Angleterre-Tunisie 98 étaient en train de se reproduire. Le bilan provisoire : huit personnes interpellées, quatre blessées. «C’est encore un peu tôt pour comparer mais cette soirée est, selon moi, au moins aussi violente qu’à l’époque, juge Geoff Pearson, universitaire anglais venu observer la méthode de gestion des foules, déjà présent il y a dix-huit ans. Si on assiste à de nouvelles violences dimanche, le bilan sera même peut-être pire».

 Après de premiers incidents dans la nuit, la journée de vendredi démarrait pourtant dans une ambiance festive, nourrie des chants joyeux et de la présence massive des supporters anglais, répartis devant les pubs du Vieux-Port. C’est peu après 18 heures que la situation s’est mise à dégénérer. D’après des témoins, devant le pub Queen Victoria, plusieurs fans britanniques ont lancé des canettes et des bouteilles de bière en direction de la police qui a répliqué à l’aide de gaz lacrymogènes. Des supporters russes s’en sont ensuite mêlés, entraînant le début d’une soirée de confusion et de tensions.
A plusieurs reprises, les CRS interviendront, les lancers de projectiles et les affrontements se multipliant partout dans le Vieux-Port. Après une brève accalmie, la fin de France-Roumanie sonnait la reprise des hostilités. A 23h10, une petite centaine de jeunes marseillais, souvent habillés aux couleurs de l’OM, remonte la rue Fort Notre-Dame, aperçoit des Anglais au Bar de la grand place, et attaque subitement ce troquet de la place de la Corderie. Des cannettes de bière, des bombes agricoles, une grille de chantier sont balancées sur la porte vitrée et la façade.
«Certains clients étaient terrifiés»
«Avec les autres habitués, on venait de passer deux heures à rigoler avec les Anglais, raconte Thierry, et soudain, on se retrouve attaqués. La patronne nous a fait monter à l’étage, certains clients étaient terrifiés.» Le pilonnage, intense, dure moins d’une minute, le temps que les CRS se déploient. «En fait, ce soir, ce ne sont pas les Anglais qui font chier, mais nos crapauds marseillais», soupire un policier. Mais une violente bagarre a déjà commencé à cent mètres de là, au carrefour des rues Sainte et Fort Notre-Dame… Et ainsi se poursuivait la soirée, aux provocations des uns répondant les coups des autres.

De cette nuit de tumultes, chaque badaud du Vieux-Port aura son anecdote, plus ou moins sordide, à raconter : ce Français resté longtemps au sol après le coup de poing d’un Anglais finalement secouru par des Britanniques ; un autre, large entaille derrière l’oreille, demandant au Samu s’il peut le ramener à son hôtel ; une Anglaise en pleurs, frappant la poitrine de son compagnon et lui hurlant d’arrêter de se battre…

 «On finirait presque par préférer le rugby»
 Comme en 1998, chaque «groupe» se rejette la responsabilité du chaos : les Anglais répètent en boucle que les jeunes Marseillais les ont cherchés – «Depuis le début, ils ont l’air contents que ça se passe mal» (Lawrence, 25 ans) ; les locaux que les Britanniques font n’importe quoi – «L’alcool les fait partir en vrille» (Thibault, 31 ans) ; beaucoup que la police n’a pas su gérer la situation. «Elle alterne entre réaction excessive qui envenime les choses et réaction trop tardive qui crée l’anarchie», juge Geoff Pearson.

«On finirait presque par préférer le rugby, souffle Jean-Paul Debono, un des patrons du pub O’Malleys. Plutôt que mettre leur fan-zone sur le Prado, où il n’y a personne, ils auraient mieux fait de couper la circulation sur le Vieux Port et en faire un espace clos. C’est plus facile à contrôler et puis, laisser les épiceries ouvertes, c’est faire des bouteilles des projectiles potentiels…»

Il y a eu quand même des scènes de joie à Marseille vendredi soir.

«C’est triste parce que l’image de Marseille en prend encore un coup, regrette Tahar, patron du Beau Rivage. Il s’est pourtant passé plein de belles choses ce soir : devant le bar, des Anglais ont entonné la Marseillaise et applaudi des chants de l’OM. C’était une belle communion». La soirée avait en effet quelque chose de surréaliste : au milieu des lacrymo et des gens en fuite, d’autres vivaient des instants de fraternité. Et des jeunes femmes en tenue de soirée passaient au bras de leur compagnon. Comme un vendredi soir normal sur le Vieux Port.

Imanol CORCOSTEGUI (avec Mathieu GREGOIRE), à Marseille
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