Confidences

Ex-Mbaraaneuses, elles confient leurs expériences et leurs regrets

  • Date : 19 août 2015

Phénomène bien présent dans nos mœurs aujourd’hui, le mbaraane connait encore de beaux jours au Sénégal. Ce mot wolof qui signifie le fait de sortir avec plusieurs personnes à la fois pour des raisons diverses, fait rage dans notre société. De jeunes étudiants interviewés se sont, tour à tour, exprimés sur cette pratique aux causes multiples.

A l’approche des fêtes de Tabaski, Korité ou de fin d’années, beaucoup de filles, pour se faire belles, s’offrir des robes et des fringues, profitent de l’occasion pour plumer quelques-uns de leurs prétendants. Ce que plus d’uns assimilent à du ‘’mbaraane’’. Dans ce lot de victimes (des deux sexes) de cette pratique, l’on peut dire qu’aucune catégorie socioprofessionnelle n’est épargnée. Un micro trottoir fait à ce propos, a permis à certains acteurs de donner leur avis et même de partager leurs expériences.

Au Pavillon A de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) situé à un jet de pierres de la mosquée, au milieu de ce vacarme ambiant, un groupe de jeunes étudiants assis sur un banc, discute. Parmi eux, se trouve Ibrahima. Etudiant en année de Master 1, de teint noir, habillé en tee-shirt rouge et d’un short de couleur marron, il est du nombre de ceux qui dénoncent le mbaraane.

«Je pense que le mbaraane n’est pas quelque chose de bien. Et ça ne devrait pas avoir cette ampleur au Sénégal, car la religion ne nous permet pas de le faire. Ici, à l’université, il y a des filles qui le font. Peut-être que c’est motivé par le manque de moyens. Mais, il faut dire aussi que la responsabilité des parents est engagée.  Ce qui est clair, en définitive, c’est qu’il nous faut revenir à nos valeurs», a confié Ibrahima.

A quelques mètres de là, Ndéye Sokhna Gaye est interpellée, alors qu’elle vaquait tranquillement à ses occupations. Etudiante en licence 3 à la Faculté de droit de l’Ucad, elle a pour sa part avoué avoir été une adepte de ce phénomène. Vêtue d’une tenue traditionnelle, elle se confie : «Moi, j’ai vécue l’expérience. J’avais un copain. On est sortis pendant 5 ans. J’ai voulu tenter le coup en essayant de sortir avec un autre, dans la même période, mais je le regrette aujourd’hui encore. J’ai eu une déception, car j’ai fini par y perdre l’homme de ma vie. Je conseille aux filles de rester fidèles à leurs mecs. La plupart des filles le font pour soutirer de l’argent aux hommes. Ce qui est déplorable. On doit revoir nos comportements et suivre les conseils de nos parents, parce que cette pratique ne nous profite aucunement», indique-t-elle.

«Pour moi, les filles ont perdu leurs valeurs»

 A chaque jeune, son point de vue. Observant leur pause au campus social, Moustapha, Youssoupha et Malick, trois jeunes étudiants discutent et, de temps en temps, rient aux éclats. Ils disent travailler aussi comme agents d’Ecobank à leurs heures perdues. Invités à donner son avis sur le mbaraan, le premier nommé ne s’est pas fait prier. Il avoue qu’il a déjà pratiqué le «Mbarane»: «Moi, personnellement je le fais parce que les filles aiment la facilité et je n’y trouve aucun inconvénient. D’ailleurs, moi j’ai 3 copines et je sais bien comment les gérer. Mais, c’est parce que les filles m’ont beaucoup fait souffrir. Donc, je me venge sur elles. C’est ma manière de leur rendre la monnaie de leur pièce», lâche-t-il.

Son ami Malick, le coupe et enchaîne: «Non, ce n’est pas une raison de le faire. En tout cas, moi je ne le fais pas. J’ai une seule copine. Je l’aime. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui le font et je leur demande d’arrêter». Des mots, qui feront éclater de rire Youssoupha : «Pour moi, les filles n’ont que ce qu’elles méritent. Elles ont perdu leurs valeurs. C’est elles-mêmes qui viennent vers nous. On ne peut donc pas les repousser. Le drame, c’est qu’elles pensent qu’elles peuvent tout le temps nous tromper, mais en voulant jouer le double jeu elles finissent par se perdre».

A Liberté 4, une jeune dame du nom de Sanou Diouf, accrochée, vante les mérites de ce phénomène. Mais, elle appelle ses sœurs qui la pratiquent à la vigilance. «Le mbaraane, c’est bien. Mais, moi je ne le fais pas. Je n’y trouve aucun danger. Il faut juste savoir comment s’y mettre, avoir la technique et être vigilant, car on peut tomber dans un piège. Je ne dis pas cependant aux filles de le faire. Car, moi je ne le faisais pas. Mais les hommes n’ont que ce qu’ils méritent», indique-t-elle.

«C’est parce qu’elles aiment la facilité»

A la Médina, le vieux Matar Sy n’en dira pas moins. Assis sur une chaise, il en a profité pour regretter la qualité des mœurs actuelles comparée à l’époque où il était jeune. «Autrefois, les filles se mariaient très tôt mais maintenant les jeunes ont tendance à rester jusqu à 26 ans sans se marier. C’est parce qu’elles aiment la facilité. Avec leurs copains, elles ont tout et font tout. Mais rien ne les oblige à faire le mbaraane». «‘’Niit day guëm bopaam (une personne se doit de croire en elle). Les filles comme les garçons qui le font, je leur conseille d’arrêter, de suivre le droit chemin et de prendre exemple sur leurs parents. Ce n’est pas parce qu’on est jeune, belle, charmante qu’on peut se permettre de tout faire. Le mbaraane, c’est à bannir dans notre société», conseille le ‘’vieux Makhou’’.

 Aissata Sylla, la quarantaine, venue acheter des chaussures à la Rue 11 trouve que c’est le manque de repères qui est à l’origine de cette tendance déplorable. «Les jeunes ne savent plus où mettre les pieds. Ils n’écoutent pas leurs parents. Ils se créent leurs propres valeurs et ne fréquentent pas de bonnes personnes. C’est pourquoi elles font certaines pratiques qui ne sont pas conformes avec nos cultures. Les parents aussi ont leur part de responsabilité. Car, ils laissent leurs filles sortir avec plusieurs copains à la fois. Ce qui n’est pas normal. Il y a un laisser-aller et un laisser-faire des parents. Un parent doit avoir un certain contrôle sur son enfant. Le mbaraane n’est pas et ne sera jamais quelque chose de bien. Les jeunes doivent revenir à la raison et laisser cette pratique», dénonce-t-elle.

«Une femme doit préserver sa dignité et se faire respecter»

A Sacré-Cœur, de jeunes étudiants en uniforme patientaient à la salle d’attente d’une école de formation de la place, en attendant de rencontrer le secrétaire. Parmi eux, une fille du nom de Yacine. Etudiante en licence 3 en banque, sac à la main, elle raconte : «J’ai une copine qui sortait avec deux hommes. L’un est étudiant. L’autre est un commerçant. Elle aimait l’étudiant qui n’a rien mais dit ne s’être liée au commerçant que pour son argent. A chaque fois, je lui demande de mettre un terme à cette relation basée sur le profit. Mais elle ne m’écoute pas. Elle disait que si elle reste avec le commerçant, c’est uniquement pour son argent. Ce qui me fait le plus de mal, c’est que son copain étudiant était au courant de cette relation. Mais, qu’il était consentant. J’ai tellement honte quand je parle d’elle», affirme-t-elle.

 Dans la même lancée, une de ses camarades d’école, raconte son expérience malheureuse : «Moi, j’ai un copain. Il fait tout pour moi. Mais je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir un autre copain. Un jour de fête, je suis sortie avec un autre et il m’a surpris. J’ai eu la honte de ma vie. Il m’a traité de tous les noms d’oiseau. Depuis, j’ai juré de rester fidèle à mon mec et de ne plus faire le mbaraane», narre Bousso Ndiaye.

Aux yeux de la religion musulmane, le mbaraane est abhorré. Le maître coranique Oustaz Tamsir Sall, de préciser : «D’abord, l’Islam condamne le mbaraane. La femme doit entretenir une relation amoureuse qu’avec un seul homme. Au cas contraire, Dieu est là pour la punir. La femme doit savoir qu’elle à une grande valeur. Elle doit préserver sa dignité et se faire respecter. Mais aussi, si une femme couche par-ci et par-là, elle peut contracter des maladies comme le Sida, les infections sexuellement transmissibles (Ist) et autres. Je conseille aux jeunes de revisiter les paroles de Dieu. Dieu a bien dit dans le Saint Coran qu’une femme ne doit pas entretenir des relations amoureuses avec plusieurs hommes simultanément. Elle doit être fidèle et se doit d’avoir la foi en Dieu», confie l’homme religieux qui appelle au retour à nos valeurs et au respect des recommandations divines.

Seneweb

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