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EN FACE A FACE AVEC LES JOURNALISTES- Le Procureur « oublie » les violences politiques 

REWMI.COM- Serigne Bassirou Gueye, le Procureur de la République, dans sa conférence de presse d’hier, a abordé deux points importants qui secouent l’actualité, à savoir le drame de Demba Diop et ses 8 morts, ainsi que les fraudes au Bac 2017. Il a notamment mis l’accent sur la diligence avec laquelle ses services sont en train de mener les enquêtes et les résultats subséquents obtenus.

Le maître des poursuites à tenu ainsi à réaffirmer la suprématie de la loi et surtout le fait que personne ne soit au-dessus d’elle.

Il a magnifié les caractères impersonnel et général de la loi.

Une sortie qui était nécessaire, compte tenu du contexte de tension sociale née des violences observées ces derniers jours, même s’il s’est fait l’avocat de la Police. Après le Président de la République, il était impératif que l’autorité en charge des poursuites judiciaires et sous l’autorité de qui travaillent policiers et gendarmes, apaise les esprits surtout de ceux qui ont eu des proches décédés. Il faut en effet tout faire pour éviter que ne s’s’installe un sentiment d’injustice et, partant, d’impunité.

Force doit rester à la loi et personne ne doit être au-dessus d’elle.

Toutefois, sa sortie nous a laissé sur notre faim. Serigne Bassirou Gueye a évité de parler des violences politiques. Une omission manifeste des violences politiques pourtant très courantes durant cette campagne en cours.

En effet, dans un contexte électoral tendu, avec des violences notées à Dakar et ailleurs au Sénégal, une telle conférence de presse ne pouvait pas occulter cela.

Nous attendions à ce propos le Procureur sur deux points au moins.

Le premier est le résultat des investigations, s’il en a, sur les violences déjà observées, notamment à Grand-Yoff où la coalition au pouvoir a essuyé des jets de pierres et autres actes de violence au point de mettre fin à sa caravance.

A la Médina, les mêmes velléités de violence ont été notées sans oublier Sangalkam où il a fallu d’un peu pour que la situation ne dégénère entre les partisans du Ministre Oumar Gueye et ceux du Maire de Bambilor Ndiagne Diop. Une situation qui a d’ailleurs nécessité un important déploiement des forces de l’ordre au même où le drame se passait à Demba Diop. Le garde du corps du Ministre a d’ailleurs reçu un coup de sabre alors que celui du Maire est déjà en prison pour des infractions antérieures.

Et comme il reste encore deux semaines avant que la campagne ne finisse, le Procureur aurait pu nous en faire le point. A moins que son silence sur cette situation ne signifie qu’aucune poursuite n’est engagée à ce propos.

L’autre argument qui aurait dû guider la démarche du maître des poursuites, c’est qu’il était nécessaire de mettre en garde les hommes politiques de tous bords à propos de leur propension à user de la violence morale ou physique pour régler des questions politiques.

Il aurait dû faire preuve de la même fermeté que s’agissant de Demba Diop et du Bac, d’autant plus que le Cnra a décelé une nette tendance à user de l’ethnie, de la religion, de la région et autres, en violation des articles 4 et 5 de la Constitution.

La réalité est que le contexte social et politique a été rendu tendu par les enjeux liés à des élections législatives pas comme les autres.

Ce faisant, la responsabilité des forces de sécurité est importante dans leur double mission de maintien de l’ordre et de recherche des fautifs et des preuves dans le cadre de la répression des infractions notées.

Cette seconde mission étant dévolue au Procureur, il aurait pu aborder cette question. Certes, le domaine politique est très glissant et donne facilement lieu à des procès d’intention, notamment s’agissant du Parquet lié à la Chancellerie par le principe d’hiérarchie, mais la répression des infractions de droit commun dans un contexte qui peut en faire des délits politiques, ne saurait faire reculer le procureur.

A moins d’instruction reçue en haut lieu, ce qui peut s’expliquer aisément, il serait très indiqué de mettre en garde les fauteurs de trouble sur le fait que la loi sera respectée pour tous, au nom de la paix sociale et de la sécurité publique.

Si on laisse faire parce qu’il n’y a pas encore mort d’homme en politique pour ces premiers jours de campagne, cela pourrait encourager les uns et les autres à user de la violence pour arriver à leurs fins.

Il est important alors que les représentants de la loi, au premier rang desquels le Procureur, ne montrent aucun signe de faiblesse dans une guerre politique où nombre de gens sont prêts à tout.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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