20 août, 2014
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Farba Senghor sévit contre la D.A et la D.A. P. S.

Farba Senghor sévit contre la D.A et la D.A. P. S.

L’indisponibilité des statistiques des productions céréalières de la campagne agricole 2006-2007 au niveau du ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire a mis le ministre Farba Senghor dans tous ses états. Taxant ce manquement d’une entreprise de sabotage, il a demandé et a été certainement suivi en ce sens par le chef de l’Etat qui nomme « à tous les postes civils et militaires », que soient virés les directeurs de l’Agriculture et de la Direction de l’analyse, de la prévision et des statistiques (Daps). Mais, à en croire des sources généralement bien informées, l’absence de statistiques fiables dans ce domaine, a des causes beaucoup plus profondes.
On en sait un peu plus sur les véritables raisons des récents limogeages groupés de Mamadou Aliou Diallo et de Mame Ndioba Diène, respectivement directeur de l’Agriculture et de l’Analyse, de la prévision et des statistiques (Daps) du ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire. L’absence de statistiques agricoles fiables de la campagne agricole, une première dans l’histoire du développement agricole et rural au Sénégal, n’a pas été du goût de Farba Senghor, le ministre de tutelle. Il a donc sévit et a été suivi par le président de la République qui a ainsi avalisé ses propositions si l’on en croit sa dernière sortie.

A ce jour on ignore les prévisions de récoltes voire la production réelle d’arachides et de céréales de la campagne agricole 2006-2007, a-t-il affirmé. Qu’il s’agisse du mil, du sorgho, des cultures de diversifications (manioc, maïs, bissap, tournesol, sésame…) Aucune donnée statistique n’est disponible, a-t-il ajouté. Idem pour les prévisions réelles de collecte des graines d’arachides de la campagne de commercialisation de l’arachide d’huilerie avec les quotas respectifs de 185.000 t, 25000 t et 10.000 t alloués aux huiliers de la place et constitués de Suneor, de la Novasen et du Complexe Agro-Industriel de Touba. A l’exception de la production de 200.000 t de riz blanc selon les statistiques avancées par la Saed. Une projection que relativisent les riziers qui estiment que l’on peut toutefois remettre en cause la projection si l’on tient compte du démarrage tardif des semis de riz dû à l’arrivée tardive des intrants malgré la disponibilité à temps des financements et surtout des dégâts causés par les oiseaux granivores cette année dans la vallée du fleuve Sénégal.

La cession des intrants et du matériel agricole a démarré depuis le mois de février. Celle des semences pour la campagne agricole 2007-2008 le serait incessamment, révèlent les autorités de tutelle. Farba Senghor non content de ses services compétents dont « l’incompétence et le manque d’activités » ont été assimilés par lui comme des actes de sabotage, a sévi. C’est ainsi que Mamadou Aliou Diallo, ex-coordonnateur du Programme maïs avant sa promotion comme directeur de l’Agriculture, est limogé au profit de Samba Kanté, qui était jusqu’à sa nomination Coordonnateur national des pôles du Plan retour vers l’Agriculture (Reva). Quant à Fatou Gaye Sarr, alors directrice des phases 1 et 2 du Projet d’organisation et de gestion villageoise (Pogv), elle se voit confier la Daps en remplacement de Mame Ndioba Diène, qui était aussi administrateur de la Sodefitex.. Si la promotion du CT1 Macoumba Mbodj à la tête de l’Isra s’explique par la vacance du fauteuil occupé par le Dr Pape Abdoulaye Seck qui a migré vers l’Adrao, des sources soutiennent que la liste des limogés est loin d’être exhaustive. Des responsables de directions de sociétés nationales, de projets et de programmes sont en ligne de mire et risquent de faire les frais du courroux du ministre qui nettoie en grand eau.

Le retard apporté à la mise à disposition à temps opportun par le Daps s’expliquerait, selon les mêmes sources, par le retrait par Farba Senghor, dès son arrivée au ministère, de l’organisation par la Daps de la participation du Sénégal au Salon International de Paris. On se rappelle en effet qu’en prenant fonction en tant que ministre de l’Agriculture, Farba avait depuis Paris pris la décision de confier désormais l’organisation du Stand Sénégalais à la Chambre de commerce de Dakar. Ce qui n’avait pas été du goût de la Daps qui voyait à travers ce geste une amputation majeure de ses prérogatives. C’est suite à la demande du gouvernement du Sénégal et grâce aux appuis de la Fao et de la Banque Mondiale que les directions régionales de développement rural et la Daps furent créées dans le cadre de la réorganisation et de la restructuration du ministère de l’Agriculture. Mais l’instabilité semble perdurer avec tous les changements opérés. En atteste : en moins de deux ans, le ministère a changé plusieurs fois d’appellation. De ministère de l’Agriculture et hydraulique, il est devenu ministère de l’Agriculture et Sécurité Alimentaire, en passant cependant auparavant par ministère de l’Agriculture, hydraulique rurale et sécurité Alimentaire) et ministère de l’Agriculture, des biocarburants et de la sécurité Alimentaire. Une instabilité que traduit ce changement presque « rituel » de nom et qui n’est pas sans conséquences sur l’élaboration, la planification et la bonne exécution des activités du département. En plus, le grand ménage de Farba à son arrivée, n’a pas simplifié les choses, soulignent les mêmes sources. En guise d’illustration, elles évoquent le cas patent de tout le pool de conseillers techniques de Habib Sy qui a été relevé et mis à la disposition de la direction de l’Agriculture. Elles s’attardent sur le cas de la conseillère technique n°1, Maymouna Lô Gueye, « une personne ressource et une compétence avérée », qui a fait plus de vingt ans au cabinet et a vu passer bien des ministres dont Robert Sagna, Pape DIouf, Habib Sy. En déplorant ces limogeages tout azimut, les mêmes sources affirment que ce ne sont pas les compétences qui font défaut dans le secteur du développement agricole et rural, « mais plutôt une bonne gestion des ressources humaines et la définition d’une politique cohérente ».