Accueil / ACTUALITES / FATOU SOW SARR SUR LES ENSEIGNEMENTS D’AL MAKHTOUM “Être le berger d’un peuple, c’est plus un sacerdoce que de la jouissance”

FATOU SOW SARR SUR LES ENSEIGNEMENTS D’AL MAKHTOUM “Être le berger d’un peuple, c’est plus un sacerdoce que de la jouissance”

Professeur Fatou Sarr Sow a été, ce samedi, l’invitée de l’émission Grand Oral sur la 97.5 Rewmi FM. Face à Fatou Thiam Ngom Kane, La directrice du Laboratoire Genre et Recherche scientifique de l’IFAN est revenue longuement sur le rappel à Dieu de Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum. C’est pour parler des enseignements de ce grand guide religieux dans notre espace social.

Disparition du Khalife général des Tidianes

“ Je voudrais d’abord adresser mes condoléances au Khalife général des Tidianes, Serigne Abdoul Aziz Sy, Al amine, à Serigne Moustapha Sy et à l’humanité toute entière. Car Serigne Cheikh Ahmet Tidiane Sy ne s’adressait pas seulement aux Sénégalais, ne s’adressait pas seulement aux musulmans, mais à l’homme universel. Nous devons aussi présenter nos condoléances à tous les créateurs du seigneur avec qui il était en interaction. Ce que dans notre infinie ignorance nous ne savions pas mais, tout le monde a vu que c’est l’univers tout entier qui s’est joint à nous pour rendre hommage à cet élu de Dieu. Le Sénégal doit se réjouir d’avoir sur sa terre des hommes de cette dimension qui vont continuer à préserver la paix, la stabilité dans ce pays. Nous en avons besoin”.

Le rôle des religieux dans notre espace social

“ Ils ont joué un rôle de protecteur des faibles depuis toujours. Depuis l’époque des “ceddo”, c’est à leurs côtés que les plus opprimés trouvaient refuge. Pendant la période coloniale aussi, ils se sont battus pour le droit des plus pauvres, des plus démunies. Donc, c’est en ce sens qu’ils ont contribué à la stabilité de ce pays. Que ce soit dans l’ombre ou à la lumière, comme nous en avons un cas illustre avec Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh. Donc, les religieux doivent continuer, à mon avis, à jouer ce rôle de médiateur social, de maintien de la stabilité dans notre pays. Pour cela, on leur doit une certaine reconnaissance, quels que soient les espaces dans lesquels on se retrouve”.

Retrouvaille entre l’opposition et le pouvoir à Tivaoune

“ Ça c’est la particularité du Sénégal. Quand nous sommes dans des moments de douleur ou de souffrance, nous oublions nos divergences, nous oublions nos particularités. En réalité, nous sommes un seul peuple pour des questions de momentanéité liées à des intérêts ici-bas sur terre. Les gens sont capables d’aller à déposition extrême, mais c’est important à des moments pareils pour nous rappeler que nous sommes de simples créatures de Dieu, pour nous rappeler aussi que la nation est au-dessus de tous nos intérêts. Espérons que les messages du défunt Khalife (…) seront une matérialisation dans le futur des relations entre les hommes dans ce pays. En tout cas, il sera là pour constituer de rappel à chaque fois que les gens auront envie de déraper. Parce que Serigne Cheikh a enseigné durant toute sa vie jusqu’au dernier souffle et il continuera à nous enseigner. Parce qu’heureusement, les matériaux sont là à notre disposition pour nous aider à nous ressourcer à chaque fois pour que la classe politique puisse s’élever au-dessus des contingences politiques du moment, au-dessus des intérêts privés et particuliers pour apprendre qu’il n’y a qu’une seule chose qui vaille la peine de vivre aujourd’hui. C’est de vivre conformément au message divin, mais aussi c’est de vivre pour l’intérêt de son peuple et de sa nation. Je crois que beaucoup d’entre eux ont accepté de porter le fardeau pour que simplement le Sénégal qu’ils aiment tous, continue à être ce pays exceptionnel que nous connaissons et que tout le monde nous envie”.

Le message de Serigne Cheikh aux hommes politiques

“ C’est en cela qu’on différencie le marabout et le guide religieux. Il était un guide spirituel et en réalité, un guide c’est de renoncer à tout pour ceux-là qui sont avec vous. C’est pourquoi dans l’Islam, le Chef de l’Etat n’est pas différencié du guide religieux parce qu’il n’y a pas la séparation intemporel et le spirituel. On se rappelle du Khalifat de Omar Boun Khatab. Tout le monde savait que quand on rencontrait ce saint homme, on pensait que c’est un citoyen lambda, tellement on ne le voyait pas ni dans son apparence extérieure ni dans son comportement ni dans son habillement. Cette renonciation à la question matérielle, c’est l’enseignement que nous avons reçu du Cheikh. Pour nous dire que la seule chose qui vaille la peine d’être adorée, c’est Dieu et l’existence et uniquement Dieu. C’est ça qui va nous départir des chaînes terrestres que sont le bien matériel, que sont le statut, que sont la recherche de privilège. Tant que nous n’avons pas des hommes politiques capables d’être des guides spirituels (…). Il faut qu’on mette à la tête de ce pays des gens qui ont une certaine spiritualité. Cela ne veut pas dire qu’ils soient des érudits du Coran, des marabouts forcément. Mais cette relation à Dieu, se rendre compte que demain on doit rendre compte, mais en même temps être le guide d’un peuple, être le berger d’un peuple, c’est plus un sacerdoce que de la jouissance.  C’est peut-être là que nous aurons des hommes politiques à la hauteur des aspirations et des ambitions du peuple sénégalais”.

Cheikh Moussa SARR

Share This:

À voir aussi

LIBERTE PROVISOIRE REFUSEE A BAMBA FALL ET CIE Ce que cache l’intransigeance du Parquet général

La Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Dakar a prononcé la liberté provisoire pour …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *