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FATOU SOW SARR SUR LE DIALOGUE NATIONAL « Pourquoi dialoguer alors que le Sénégal est loin d’être en crise»

  • Date: 23 mai 2016

 Fatou Sow Sarr, Sociologue et directrice du Laboratoire genre de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) était, samedi dernier, l’invitée de l’émission « Grand Oral » sur la radio Rewmi FM. Elle a saisi l’occasion pour aborder l’appel au dialogue lancé par le Président Macky Sall, la crise sénégalo-gambienne, la léthargie dans le système éducatif, entre autres sujets.  

Dialogue du 28 mai prochain

« Je pense que c’est toujours important de faire le dialogue quelles que soient les circonstances. Il faut qu’on remonte à notre propre histoire et à notre propre culture pour comprendre les enjeux et la nécessité d’un dialogue. Il y a plusieurs types de dialogues mais ici, on l’a qualifié de dialogue national. Aujourd’hui, la question, c’est dialoguer pourquoi ? La société n’est pas en crise. Vous savez qu’en Afrique le dialogue national a une connotation. C’est généralement dans les pays en crise qu’on parle de dialogue national. Le Sénégal est loin de là mais, on a des institutions qui fonctionnent, un gouvernement qui doit gouverner, l’opposition qui doit s’opposer. Maintenant, il faut voir si ce dialogue c’est pour nous construire par rapport à l’avenir, c’est-à-dire aux défis qui nous attendent. C’est peut-être là où se situent, à mon avis, les enjeux qu’on doit définir. Pour le moment, on a un cadre vide. On  nous dit on va dialoguer mais on ne nous a pas dit sur quoi. Peut-être que c’est le moment dans la démarche méthodologique de construction de contenu en laissant les différentes parties prenantes, les différentes composantes de la société, chacun s’exprimer. Il arrivera un moment où le tamisage permettra de faire émerger les questions qui paraissent être les préoccupations essentielles des Sénégalais et le dialogue portera sur cela. En ce moment, chacun est en train de sortir ses préoccupations sur ce qui devrait être ce dialogue-là. Nous avons aussi nos points de vue sur ces questions en tant que sociologue. Je pense que chacun va appréhender ce dialogue à partir de son lieu-dénonciation. C’est-à-dire à partir de ses propres préoccupations. Aujourd’hui, la question de la sécurité nationale face à l’instabilité qui se pose dans la sous-région devient une question où il doit y avoir une attitude commune et un engagement commun. Il y a la question du chômage, la question des religions et des idéologies. Nous sommes dans un pays où la religion a été un facteur d’habilité grâce aux confréries. Cependant, nous sommes envahis de plus en plus par des idéologies nouvelles qui sont sources d’instabilité. Et, si nous ne sommes pas capables d’anticiper et de réfléchir sur toutes ces questions pour savoir ce qu’il faut faire, il se posera alors un véritable problème. Un des autres défis, c’est également la question du pétrole. »

Crise sénégalo-gambienne

«  La Gambie, c’est un voisin que le destin nous a imposé. On a eu des relations heurtées du fait de la susceptibilité d’un voisin qui n’est pas commode, il faut le reconnaître. Mais, je crois que dans cette affaire, il faut saluer l’attitude des autorités politiques sénégalaises. Elles ont toujours fait preuve, à mon avis, de sens de mesure, de sens de responsabilité et de la conscience politique qu’il y a un intérêt des peuples à sauvegarder. Parce que le peuple de la Sénégambie dépasse simplement les accidents de l’histoire qui sont l’avènement des chefs d’État en un moment ou en un autre dans cet espace-là. Je crois que le Sénégal a bien investi en ayant une telle attitude. Cela va contribuer au rapprochement des peuples. Je crois que c’est une belle leçon de notre diplomatie de nos autorités politiques depuis le temps de Léopold Sedar Senghor (…).  Le fait que des accords n’ont pas été trouvés sur tous les points est dû au comportement d’un homme qui ne comprend pas quels sont les enjeux qui dépassent simplement la question d’un État, du pont. Parce que, la construction du pont passe dans la construction de l’Afrique en général. Dans le cadre du Nepad, les infrastructures étaient prises en charge par l’ancien président de la République qui était l’un des membres fondateurs, d’ailleurs. Il y a eu une convergence d’intelligence sociale par rapport à ces questions de gestion de l’Afrique qui ont permis de le faire. Donc, on se retrouve face à quelqu’un qui est un ancien militaire et qui est plus dans un autre type de logique qui peut-être se sent en insécurité par rapport à son pouvoir personnel. Quand on vient au pouvoir pour le peuple et non pas pour soi-même les attitudes diffèrent. Donc, ces gens-là sont d’une grande générosité parce qu’ils croient à l’Afrique. Ils ont donné leur vie pour l’Afrique et je pense au Capitaine Thomas Sankara et autres. Concernant la question de l’extradition, ce sont des accords qui lient les différents pays. On ne peut pas s’assoir sur des traités et des accords qui dépassent nos États parce qu’on appartient à un cadre plus global sous-régional qui nous dicte quand même. On est dans un cas difficile et il ne faudrait pas en rajouter. »

Crise scolaire

« Le fond de cette question-là, c’est la question de ressources. C’est le dérèglement de salaires dans ce pays. On ne pourra pas, de manière indéfinie, différer le moment où il faudra remettre à plat la grille salariale pour amener vers plus d’équité et de justice dans la répartition des ressources. Quand vous touchez un problème, il faut toucher la cause et c’est ça la cause. Les gens ne gagnaient pas beaucoup mais tout le monde savait qu’il y avait un certain équilibre. Ça ne posait pas de problème ; aujourd’hui, c’est le fait de voir des catégories sociales qui engrangent des sommes extraordinaires pendant que d’autres ont de petits salaires. Ce sentiment de frustration je l’impute à l’État du Sénégal. Mais l’État dans la durée parce que les dérèglements ont commencé en 2.000. C’est quand on a commencé à toucher aux règles de la Fonction publique que le problème est venu. C’est donc un problème que nous traînons, depuis 2.000, qui a amené cette déstabilisation. Maintenant, il va falloir que tout le monde s’asseye, qu’on se dise la vérité sur ce que chacun peut avoir. Toutefois, il nous manque un médiateur crédible comme Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. »

Cheikh Moussa SARR

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