Hissène Habré, ici en janvier 1987 à Ndjamena, a été à la tête du Tchad de 1982 à 1990.
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Hissène Habré, ici en janvier 1987 à Ndjamena, a été à la tête du Tchad de 1982 à 1990. AFP PHOTO

Fin des débats au procès de Hissène Habré- Les différentes parties en réunion, aujourd’hui, pour déterminer la suite de l’audience

 Le Président des Chambres africaines extraordinaires (Cae) a convoqué, aujourd’hui, toutes les parties à savoir le parquet, les parties civiles et la défense pour déterminer la suite du procès de Hissein Habré. Cette décision a été prise, hier, à la fin de la déposition du dernier témoin.

C’est la fin des débats au Palais de justice de Dakar dans l’affaire Hissein Habré. Les juges des Chambres africaines extraordinaires (Cae) vont tenir une réunion à huis-clos, aujourd’hui, avec les différentes parties pour déterminer la suite de ce procès qui s’est ouvert à Dakar depuis le 20 juillet dernier. Mais auparavant, les juges ont auditionné le seul et dernier témoin cité par la défense de Hissein Habré. Il s’agit de Rhessa Nguéna Kagbe Ngeitbaye, par ailleurs, gendarme à la retraite. Devant le prétoire, le témoin a soutenu que l’ancien homme fort de Ndjamena s’entourait de gens pour savoir tout ce qui se passe. Pis, renseigne-t-il, Habré ne tolère pas que l’on touche à tout ce qui s’approche de son siège, c’est-à-dire le pouvoir. Le témoin a indiqué que c’est avec la commission d’enquête d’Abakar que les Tchadiens ont découvert l’horreur qu’il y avait. « La hiérarchie n’était pas respectée au Tchad. Même les subalternes étaient en contact direct avec Habré. Il y avait plusieurs lignes directes (talkie-walkie) pour joindre directement le président. Habré a reconstruit le Tchad qu’il a lui-même disloqué en tant que ministre de la Défense », soutient le témoin. À l’en croire, Goukouni Oueddé a appelé légalement les Libyens à la rescousse pour bouter Habré dehors. « La plupart des choses qui se sont passées sous Habré sont dues à sa rancune contre ces gens. Tout ce qui se passait quelque part au Tchad, le matin, Habré en était informé avant midi. Habré pensait que la réunification du Tchad ne devait passer que par lui et pas un autre », ajoute le témoin qui sera recadré par le Juge Kam selon qui, les Chambres africaines extraordinaires (Cae) ne sont saisies que par les faits qui se sont déroulés entre 1982 et 1990.

« Monsieur l’avocat, si vous voulez qu’on déballe certaines choses, ce ne sera pas bon pour vous »

Prenant la parole pour poser ses questions au témoin, Me Gningue, un des avocats commis d’office a demandé au témoin de dire s’il a fait une atteinte à la sûreté de l’État ou celle de la défense nationale. « Si vous connaissiez l’histoire du Tchad, vous ne m’auriez pas posé cette question. J’ai été le tout premier attaché de sécurité au ministère de l’Intérieur sous Idriss  Déby », rétorque-t-il. Poursuivant, Me Gningue cite Rolland Dumas qui aurait dit : « À l’époque, Habré  était le défenseur des honnêtes gens ». Et le témoin de lancer : « Monsieur l’avocat, si vous voulez qu’on déballe certaines choses, ce ne sera pas bon pour vous ». Par ailleurs, le témoin a renseigné à l’instruction : « En tuant le lieutenant Galopin, Habré avait signé son arrêt de mort. Quel que soit son lieu de refuge, la France le liquidera ». Ceci aurait fait penser à la défense que la France veut liquider Habré à travers ce procès. Cependant, ce débat sera vite interrompu par les Chambres africaines extraordinaires (Cae). Parlant de la Dds, il dira que cette structure était sous l’ordre direct de Habré. « Les ordres de la Dds ne passaient jamais par le ministère. Même la sécurité présidentielle ne se déplaçait que sur ordre du président de la République. Pour aller enquêter, il fallait l’ordre du président. Même le ministre de l’Intérieur ne pouvait pas en donner », indique le témoin selon qui, Habré a un bon et mauvais côté. « Le mauvais côté, c’est qu’il a disloqué le Tchad. Et jusqu’en 1991, je ne savais pas que la Dds avait autant de pouvoir. Parce que, pour pouvoir être partout et tout savoir, Habré a créé cette structure puis la Bsir. Dès que Habré entend que tu veux son siège, il s’en prend à toi. Même en étant à La Mecque, Habré était informé de tout ce qui se passait au Tchad. Il était au courant de tout ce qui se passait mais il laissait faire si cela lui était favorable », a encore soutenu le dernier témoin.

Cheikh Moussa SARR

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