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Finalement, Khalifa Sall se cherche

Il est avec Tanor et est contre lui. On le présente comme le candidat du PS pour la Présidentielle. Ses auxiliaires, Bamba Fall, Barthélémy Diaz, Idrissa Diallo, Mamadou Kany Bèye et Aminata Diallo n’en démordent pas. Mais jamais Khalifa Sall n’a dit Oui, jamais il n’a dit Non. Personne ne sait ce qu’il veut. Le 30 juillet 2016, le Bureau politique du PS est convoqué et au même moment, les pro-Khalifa tiennent leur meeting. Khalifa Sall fut aussi bien à la Maison du Parti tôt le matin, comme il fut aussi au meeting de ses auxiliaires sans dire rien de concret. Le Maire de Dakar avance mais ne sait pas exactement où il va.

Khalifa Sall a des ambitions présidentielles. Ses proches l’attisent. Partout et sous tous les cieux, ils lui tracent la voie. Ils ne haïssent pas Ousmane Tanor Dieng. Mais ils partent d’un postulat unanime : il est incapable, en raison de son manque de combativité et de charisme, d’amplifier le pourcentage électoral du PS et de le porter haut et loin. La seule alternative qui lui reste est de s’ancrer dans le Macky où l’attend le juteux HCCT.
C’est de notoriété publique. Et pour une importante partie du PS l’alternative est donc Khalifa Sall. Mais ce dernier a-t-il le courage et la hardiesse politique pour répondre publiquement et favorablement à cet appel de ses camarades ? La prudence stratégique qu’il manifeste et le jeu de yo-yo dont il fait preuve en ne critiquant jamais publiquement et nommément Ousmane Tanor Dieng fait de lui un homme qui se cherche dans le labyrinthe d’un espace politique où rien n’est un scénario.
Aucun citoyen se sait si Khalifa Sall est candidat à la Présidentielle ou s’il ne l’est pas. Il fuit ce débat et mène un jeu de communication de louvoiement. Les téméraires comme Barthélémy Diaz, Kany Bèye et Idrissa Diallo lui ont déjà fait porter le diadème de candidat. Mais il reste dans le champ politique sans vraiment descendre dans l’arène de l’affrontement pour dire clairement ce qu’il veut et où il va.
Ce louvoiement commence à être un sujet public de controverse articulé essentiellement sur un manque de clarté. « Personne ne sait ce qu’il veut », dit-on presque partout. Son calcul silencieux est d’être candidat de l’appareil PS, une volonté non proclamée mais qui est impossible.
Face à ses militants qui se soumettent à des sacrifices et face aux citoyens très intéressés par le jeu politique, il n’est pas énigmatique. Il est plutôt aérien, aléatoire et incertain. Déjà, il fut à la réunion du Bureau politique du 30 juillet le matin, et au meeting fractionniste de Médina l’après midi où il se refugie vaguement derrière Senghor. C’est certainement parce qu’il se cherche encore.

Pape Ndiaye

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